Ultra violente, la boxe birmane fait aussi des adeptes à l'étranger

Deux hommes s'entraînent le 18 décembre 2015 dans un club de Rangoun  [Ye Aung Thu / AFP] Deux hommes s'entraînent le 18 décembre 2015 dans un club de Rangoun [Ye Aung Thu / AFP]

Une clameur assourdissante emplit la salle de Rangoun et accompagne le boxeur au moment où il monte sur le ring. Comme cet Américain dimanche, de plus en plus d'étrangers s'adonnent au lethwei, art martial birman ultra violent.

En Asie du sud-est, chaque pays a son art martial. Le plus connu reste la boxe thaï mais la boxe birmane s'enorgueillit d'être le plus extrême. Tous les coups sont permis, y compris les coups de tête et pour gagner il faut mettre son adversaire KO, seul moyen de gagner avec l'abandon.

Après cinq rounds de trois minutes si aucun combattant n'a flanché, le match est déclaré nul. Et les boxeurs ne portent pas de gants, leurs mains sont simplement bandées.

D'après Zin Lin Htunn, expert de cet art martial, les premiers étrangers à avoir mis les pieds sur un ring birman venaient de la Thaïlande voisine dans les années 90.

Récemment et surtout depuis que l'ex-Etat paria a tourné la page de la junte militaire et s'est ouvert au monde, d'autres boxeurs professionnels ont tenté leur chance: Japonais, Américains, Philippins, Néo-Zélandais, Australiens, Mexicains...

"Comme il s'agit de l'un des arts martiaux les plus durs, une victoire leur permet de souligner leur puissance", explique-t-il.

Un joueur de lethwei se bande les mains lors d'un entraînement dans un club de Rangoun, le 18 décembre 2015 [Ye Aung Thu / AFP]
Un joueur de lethwei se bande les mains lors d'un entraînement dans un club de Rangoun, le 18 décembre 2015

C'est notamment cet engagement extrême qui séduit Cyrus Washington, boxeur professionnel, plutôt spécialiste de boxe thaï, et aussi appelé "Black Dynamite".

"Les coups de tête sont dangereux mais je pense que tous les types de combats sont dangereux", a expliqué à l'AFP le boxeur, peu de temps avant son match contre Tun Tun Min, l'une des stars birmanes de la discipline.

"Coup de boule, coups de pied puissants et d'autres attaques, tout est dangereux sur le ring", ajoute-t-il.

Giclées de sang, sueur, salive

C'est d'ailleurs un crochet du droit et pas un coup de tête qui lui a fait perdre le combat à peine un peu plus d'une minute après le début du combat dimanche.

Le boxeur Tun Tun Min combat contre son adversaire américain Cyrus "Black Dynamite" Washington, le 20 décembre 2015 à Rangoun  [Ye Aung Thu / AFP]
Le boxeur Tun Tun Min combat contre son adversaire américain Cyrus "Black Dynamite" Washington, le 20 décembre 2015 à Rangoun

Pourtant l'Américain n'est pas un novice en terme de lethwei puisqu'il avait déjà rencontré deux fois Tun Tun Min avant ce combat, et décroché une victoire.

D'après Win Zin Oo, ancien vice-président de la fédération nationale de lethwei, des sculptures sur le temple de Bagan dans la plaine centrale birmane suggèrent que ce sport est millénaire.

Dans l'est du pays, temple de cet art martial, des combats sont organisés lors des funérailles de moines ou pour célébrer la nouvelle année. Et les tournois sont de véritables affaires de famille qui font souvent combattre de jeunes garçons.

Tout est mis en scène pour que les spectateurs soient tout proche des boxeurs et puissent entendre les sons des os qui se brisent et recevoir au choix quelques gouttes de sang, de sueur ou de salive.

Loin de la culture régionale, le lethwei évolue comme en témoigne l'année sportive de Tun Tun Min: "Sur mes neuf combats, pas un n'était contre un adversaire birman", raconte-t-il, se félicitant que ce genre de combat permette d'accroitre la visibilité internationale de son sport.

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