Exposition sur le Titanic, obsédante épave

Une coque toujours solide qui repose à près de 4.000 mètres sous des eaux parsemées de bouquets de fleurs et... de canettes de bière, c'est ainsi que se présente aujourd'hui le "Titanic", légendaire paquebot naufragé il y a 100 ans cette année.[AFP/Getty Images]

Une coque toujours solide qui repose à près de 4.000 mètres sous des eaux parsemées de bouquets de fleurs et... de canettes de bière, c'est ainsi que se présente aujourd'hui le "Titanic", légendaire paquebot naufragé il y a 100 ans cette année.

L'exposition "Titanic, une obsession de 100 ans" (du 29 mars au 8 juillet), organisée par le National Geographic à Washington, commémore le naufrage le plus célèbre au monde en mettant en lumière les expéditions menées par Robert Ballard et le réalisateur canadien James Cameron, à la recherche de la célèbre épave.

Un modèle réduit, reproduit scientifiquement, présente l'avant du bateau dans cette exposition qui montre comment le paquebot, le plus grand du monde à l'époque, s'est brisé en deux dans l'océan glacé et cherche à comprendre comment ce naufrage hante encore les esprits.

Le Titanic a coulé lors de son voyage inaugural de Southampton (Grande-Bretagne) à New York, après avoir heurté dans la nuit du 14 au 15 avril 1912 un iceberg et coulé au large de Terre-Neuve, faisant plus de 1.500 morts sur les 2.200 passagers.

"On dit que le bateau est en train de rouiller et n'existera plus dans 20 ou 30 ans", souligne Jamie Shreeve, rédacteur en chef scientifique du magazine de nature et de science National Geographic, "mais les experts à qui j'ai parlé disent que cela ne va pas se faire si vite. C'est quelque chose qui prend du temps", ajoute-t-il.

L'épave, séparée en deux parties à 600 mètres de distance l'une de l'autre, repose à 3.780 mètres sous les eaux de l'océan Atlantique.

"La coque est très solide", assure à l'AFP James Delgado, directeur du patrimoine marin à l'Agence fédérale océanique et atmosphérique (Noaa). "Il y a même encore du bois et du tissu à l'intérieur", dit M. Delgado qui a pu approcher le Titanic à bord d'un sous-marin russe Mir lors d'une expédition en août 2010.

Mais les eaux sont aujourd'hui envahies par les déchets des bateaux qui croisent dans ses parages.

"Des canettes de bière, des verres en plastique, ce genre de choses", dit M. Delgado. "On a même trouvé un bidon de lessive au fond, sur les lieux du naufrage, les saletés vont rester là très longtemps", dit-il.

Les croisières organisées - 45.000 euros par personne - ont aussi laissé leurs traces, les visiteurs tenant à marquer leur passage, dit M. Shreeve.

"Tous ceux qui plongent (en sous-marin) laissent des fleurs en plastique, des plaques, quelque chose. On dirait l'un de ces endroits sur les autoroutes où il y a eu un accident, c'est un site archéologique qui n'est plus intact", regrette-t-il.

Les sous-marins laissent également des lests au fond, dit M. Delgado, qui cherche à créer un groupement sauvegardant le lieu du naufrage, dans les eaux internationales, pour en faire un mémorial maritime.

Cette année, l'Organisation maritime internationale a demandé aux bateaux qui croisent dans ces eaux de ne plus jeter leurs déchets dans un espace de 35 km2 au-dessus de l'épave.

Car pour Robert Ballard, "le Titanic est en danger", dit-il dans un documentaire diffusé à partir du 9 avril par la chaîne de télévision National Geographic.

Parmi les multiples célébrations de l'événement, une vente aux enchères proposera à New York le 11 avril 5.500 objets retrouvés dans l'épave, depuis un morceau de la coque du bateau de 17 tonnes jusqu'à un mégaphone.

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