Rencontrer McBurney et Berger, une évidence pour Juliette Binoche

L'actrice française Juliette Binoche le 25 mai 2012 à Cannes[AFP/Archives]

L'actrice française Juliette Binoche voit comme "une évidence" sa rencontre au Festival d'Avignon avec le metteur en scène britannique, Simon McBurney, et l'écrivain John Berger dont elle lira un texte, "lundi pour une soirée unique dans le cadre du festival de théâtre.

"Parfois on se rend compte qu'il y a des évidences, comme rencontrer Simon et John c'est une évidence, déclare-t-elle à l'AFP. Mais, il fallait qu'il y ait un concours de circonstances".

Le texte de l'écrivain britannique "A to X", qui sera lu par John Berger, Juliette Binoche et Simon McBurney, artiste associé au festival d'Avigon, dans le sud de la France, est constitué de la correspondance à sens unique d'une femme à l'homme qu'elle aime, emprisonné par un régime totalitaire.

Le prisonnier, Xavier, note au dos des lettres d'Aïda ses réflexions sur sa vie, constituant une sorte de journal intime.

"C'est des clins d'oeil du sort, de la vie, des choses qui doivent se faire malgré soi", estime Juliette Binoche. "Aujourd'hui, je me dis que l'écriture de John m'émeut à ce point parce que c'est comme s'il y avait une proximité qui avait déjà été créée d'avance. C'est plus se reconnaître que faire connaissance".

Détendue, Juliette Binoche déclare ne pas avoir le trac "pour le moment". "Mais, à mon avis, avant d'y aller ça risque de bouillonner à l'intérieur", reconnaît-elle. Une seule lecture, c'est quitte ou double", assure l'actrice dont le rire fuse.

Elle admet que la lecture est, pour elle, "une épreuve, mais une épreuve joyeuse". "Pour moi, c'est difficile parce que je n'ai pas su lire en même temps que tout le monde", raconte-t-elle. Enfant, Juliette Binoche a "plus ou moins sauté" la classe où on apprend à lire. "Quand je suis arrivée dans la classe suivante, je ne savais pratiquement pas lire, donc j'étais décalée".

"J'ai essayé de survivre", ajoute-telle. Mais lire des histoires à ses enfants lui a permis de se "raccorder avec la lecture".

Durant le spectacle, "c'est très austère, on lit", tout devant être transmis par la voix, "l'intensité, la retenue, l'étonnement, la découverte". "On lit et on est toujours étonnée de ce que John Berger écrit. Il y a comme une découverte au fur et à mesure, à chaque fois, une sorte d'innocence".

"C'est une écriture de grâce, à la fois extrêmement pointue dans la conscience de ce qui se passe aujourd'hui et de ce qui ne se voit pas, et d'une grande sensibilité." "C'est une écriture amoureuse, sensuelle, qui met toujours le corps dans la vie."

Aïda, le personnage qu'elle incarne, est, selon Juliette Binoche, "une femme pratique, une résistante, engagée politiquement, une philosophe aussi qui essaie de survivre dans cette situation de séparation".

"Elle n'est pas en dehors de moi, c'est LA femme. Elle est millénaire", juge l'actrice. Une femme dotée "au fond d'elle-même d'une rage terrible parce que la vie n'est pas comme elle devrait être".

Invitée à jouer au Festival d'Avignon pour la première fois l'an dernier, Juliette Binoche, qui y venait enfant avec sa soeur, s'enchante d'y être cette année encore. "J'aimerais bien venir tous les ans", confie l'atrice qui restera une semaine dans la Cité des papes pour y voir des spectacles. Sinon, dit-elle,"c'est trop frustrant".

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