Cirque Pinder : l’amour de la piste

[CC/Free Fun Photo]

Entré dans le monde du cirque en 1967, à l’appel de l’acteur Jean Richard, Gilbert Edelstein n’a pas quitté la piste depuis. Du cirque Pinder en ruine qu’il a récupéré en 1983, l’ancien restaurateur en a fait l’une des références en Europe.

 

 

Archives – Article publié le lundi 29 novembre 2010

 

"J’ai créé une nouvelle dynastie ». Assis derrière son bureau au fond de la caravane, Gilbert Edelstein dit les choses clairement : le cirque Pinder, le plus grand de France, c’est sa famille. Si lui-même en est le président, sa femme Andrée a le titre de directrice générale, son fils Frédéric mène le quotidien de la caravane et sa fille, Sophie, chapeaute la partie artistique.

Une véritable histoire de famille d’origine polonaise sous un chapiteau battant pavillon… britannique. Le cirque Pinder doit en effet son nom – et son existence – à William Pinder, un Anglais propriétaire d’un théâtre ambulant, qui le créa en 1854. Après des allées et venues des deux côtés de la Manche, le cirque s’installe définitivement sur le sol français au début du siècle dernier. Arrêté durant la Première Guerre mondiale, il peinera à se relever jusqu’à l’arrivée de Charles Spiessert (issu d’une illustre famille du voyage), qui reprend l’affaire en 1928.

 

Du yé-yé au chapiteau

«Il en a fait au fil des ans un grand cirque, à la mesure de celui d’aujourd’hui », juge Gilbert Edelstein. Le second conflit mondial passe et «Monsieur Charles» continue sur sa lancée, associant le cirque au monde du musichall ou du sport. Son décès, en 1971, provoque l’arrivée l’année suivante de l’acteur Jean Richard, secondé par un certain… Gilbert Edelstein.

«J’ai rencontré Jean Richard quelques années auparavant», se souvient l’actuel président. Je m’occupais à l’époque des concerts de yé-yé, les premiers chanteurs chevelus, et je tenais un restaurant à Lyon», lieu de rencontre des artistes venus en ville. En 1967, Jean Richard cherche pour son cirque un commercial, et Gilbert Edelstein sera son homme. Responsable « de tout le commerce, la publicité, le recrutement», il est ainsi présent, quatre ans plus tard, lors du rachat. Le cirque Pinder-Jean Richard voit le jour en 1972 et part sillonner les routes de France. Mais, dès l’année suivante, Jean Richard, est victime d’un accident de voiture. La situation financière se dégrade et Gilbert Edelstein, en 1975, décide de changer d’air. «La maison était devenue ingouvernable, alors je suis parti chez les Bouglione, en tant que concessionnaire.»

 

 

Les enfants de la balle

Son retour s’effectue huit ans plus tard sous le chapiteau Pinder, en grande difficulté, qu’il rachète en 1983. «Mon père a fait l’effet d’un bâton de dynamite », raconte Frédéric, «le cirque était en ruine à l’époque». Les toiles, les tracteurs, le chapiteau sont remplacés, pour que le spectacle puisse continuer. Mais Gilbert Edelstein, déjà, est bien entouré. «Mon fils et ma fille venaient au cirque dès l’époque Bouglione, ce sont des enfants de la balle.» Nourri au biberon de la piste aux étoiles, le frère aîné, Frédéric, n’a jamais quitté la caravane. «Il a d’abord fait le clown», se rappelle son père, avant de rapidement trouver le chemin de la fauverie. «Je donnais déjà à manger aux bêtes quand j’avais 5 ans, note Frédéric. Un jour, alors que j’étais encore très jeune, j’ai profité de l’absence de mon père pour faire monter la cage et entrer dedans avec les fauves. Les gars ne pouvaient pas dire non au fils du patron !», s’amuse-t-il. Considéré comme le directeur «dès 17 ans», il mène désormais la caravane et est devenu, à 40 ans passés, l’un des tout meilleurs dompteurs de sa génération. Frédéric rêve aujourd’hui d’Amérique et envisage « de partir en tournée avec Barnum, le géant des Etats-Unis, pour ramener un autre savoir-faire.» 

 

 

La fibre artistique n’a pas non plus épargné Sophie, la fille cadette. Membre du jury de l’émission La France a un incroyable talent, sur M6, elle mène de front la direction artistique de Pinder et son spectacle de grandes illusions, après avoir dompté les éléphants durant quinze ans.

 

La piste en chiffres :

• 4,5 kilomètres de convoi

• 33 semi-remorques

• 8 chars de parade

• 5 000 places sous le chapiteau installé à Paris

• 2 500 places sous le chapiteau de la tournée en France

• 120 animaux de ménagerie

• 150 employés

• 10 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel

• 11 mois et demi sur 12 en représentation

• 180 villes visitées

• 2 millions de spectateurs par an

 

Informations : http://cirquepinder.com/

 

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