Daft Punk : un son venu d'ailleurs

Casques et combinaisons futuristes entretiennent le mystère Daft Punk[Capture d'écran Youtube]

C’est la fin du calvaire pour les fans de Daft Punk qui attendaient avec impatience leur retour. Le duo casqué aux combinaisons futuristes livre la bande originale de "Tron : L’héritage", suite du film culte des studios Disney, qui sortira sur grand écran en février 2011.

 

Archives – Article publié le lundi 6 décembre 2010

 

En 1992, Thomas Bangalter et Guy-Manuel de Homem-Christo forment le groupe Darlin’ et sortent un premier EP (ou maxi, en français) sous le label indépendant Duophonic. Le titre passe quasiment inaperçu, avec seulement 1 500 exemplaires écoulés. Outre-Manche, un critique du magazine britannique Melody Maker qualifie les deux musiciens de "Daft Punk" – comprenez "punks timbrés". Cette critique sévère séduit pourtant les Frenchy, qui choisissent Daft Punk comme pseudo. Les deux artistes démocratisent la musique techno, house et électro. Leur premier album, Homework (1997), se vend à plus de deux millions d’exemplaires en moins de deux mois à travers le monde. L’essai est confirmé avec Discovery (2001) et Human After All (2005).

 

 

Daft Punk a le goût du secret. Dissimulés sous des casques, les deux «hommes-robots» entretiennent le mystère qui les entoure. Quand certains utilisent le petit écran comme outil de communication, eux fuient les médias et se réfugient dans leur studio d’enregistrement. Ils ne se produisent jamais sur les plateaux de télévision, limitent leurs interventions publiques et refusent de poser à visage découvert.

Pour la sortie aujourd’hui de la bande-son de Tron : L’héritage, le duo adulé par toute une génération n’a pas dérogé à la règle. Aucune interview n’a été accordée à la presse française. Seul le magazine britannique Dazed and Confused a réussi à les faire sortir de leur silence. Dans un entretien exclusif paru ce mois-ci, Thomas Bangalter et Guy-Manuel de Homem-Christo, membres fondateurs de Daft Punk, reviennent sur leur collaboration avec Walt Disney Pictures : "Ce projet est de loin la chose la plus difficile et la plus complexe dans laquelle nous ayons été impliqués", précisent-ils.

 

 

Voilà cinq ans – depuis Human After All – que le groupe n’avait pas composé un album de titres inédits. Le réalisateur du film, Joseph Kosinski, explique quant à lui à la chaîne musicale MTV que Daft Punk, fan du Tron original en 1982, a travaillé sur les compositions pendant plus d’un an et demi. "De toute évidence, Tron a été une énorme influence pour eux. Je ne connais pas un film où vous travaillez des mois sur la bande originale avant de commencer le tournage. Le niveau d’intégration entre la musique et le film est incroyablement solide".

Toutefois, Tron : L’héritage n’est pas à proprement parler un nouvel album de Daft Punk. S’ils avaient, en 2001, avec Discovery construit un long métrage d’animation – Interstella 5555 – en assemblant tous les clips supervisés par Leiji Matsumoto (Albator, Galaxy Express 555), le duo français signe ici une vraie bande originale de film. De leur propre aveu, deux synthés et une boîte à rythme n’auraient pas suffi ; ils ont donc sorti l’artillerie lourde, avec un orchestre de 85 musiciens. Les fans d’électro risquent d’être surpris dès l’ouverture symphonique, alors que les aficionados de B.O.F. croiront reconnaître Les chariots de feu ou Terminator 2.

 

 

Tout au long des vingt-deux morceaux (plus des inédits pour les éditions iTunes et collector), Daft Punk rend hommage aux années 1980, digère ses influences et propose un mix parfait entre l’électronique et l’orchestral. A l’instar du film, il s’agit d’entrer dans un univers unique et de s’y épanouir au rythme de titres puissants comme The Grid, Rinzler ou Derezzed. Tron : L’héritage fait aussi beaucoup penser à la musique d’Inception composée par Hans Zimmer : elle épouse le même tempo, provoque la même fascination et influencera peut-être autant les B.O. de demain.

 

 

Signer la bande originale du film événement des studios Disney ne leur suffisait pas. Les deux Parisiens se sont offert le luxe d’apparaître quelques minutes dans ce long métrage très attendu. Installés derrière les platines, ils jouent le rôle des DJ (surprenant !) du club End of the Line, situé au dernier étage d’une des tours de cet univers numérique…

 

Vidéo : Apparition des Daft Punk dans Tron : l’Héritage : 

 

 

Rois de l’innovation

Associer Daft Punk à un tel projet cinématographique s’imposait comme une évidence. L’univers graphique et high-tech du film de science-fiction se rapproche en effet de l’esthétique des clips des stars de l’électro. Le duo, encensé par la critique depuis la publication de son premier single en 1994, est en effet autant acclamé pour sa musique que pour ses mises en scène, articulées autour de deux personnages androïdes, semblant venir tout droit d’une galaxie inspirée des mangas japonais.

Innovant, révolutionnaire, spectaculaire… Les adjectifs pleuvent pour décrire les créations de Daft Punk. Des éloges mérités, puisqu’à chaque nouvelle réalisation, le groupe multiplie les innovations techniques les plus audacieuses. Lors du Festival de Cannes 2006, Thomas Bangalter et Guy- Manuel de Homem-Christo avaient créé la surprise en présentant leur premier film, Daft Punk’s Electroma, «une odyssée visuelle et musicale qui suit l’histoire de deux robots dans leur quête pour devenir humains». Les convergences avec l’univers de Tron étaient déjà manifestes.

 

Vidéo : Découvrez Daft Punk’s Electroma :

 

 

Avec cette identité et ce style musical uniques, «les Daft» ne s’annoncent-ils pas comme les vrais héros de ce second volet de Tron ?

 

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