"A touch of sin", fresque épique et sombre sur la Chine d'aujourd'hui

Le réalisateur chinois Zia Zhang-Ke, le 17 mai 2008 au Festival de Cannes pour la présentation du film "24 City" [Anne-Christine Poujoulat / AFP/Archives] Le réalisateur chinois Zia Zhang-Ke, le 17 mai 2008 au Festival de Cannes pour la présentation du film "24 City" [Anne-Christine Poujoulat / AFP/Archives]

Un mineur, une masseuse, un travailleur migrant, un assassin itinérant: les quatre personnages de "A touch of sin" du Chinois Zia Zhang-Ke composent une fresque épique sur une Chine en plein boom économique, minée par la corruption, la pauvreté et la violence.

En compétition officielle à Cannes, "A touch of sin" (un soupçon de péché) se décline dans quatre provinces différentes de Chine, entre campagnes tristes et villes-champignons.

Dahai, un mineur du Shanxi, poursuit une vendetta meurtrière contre les dirigeants corrompus de son village. San'er aime jouer de la gâchette pour rompre son ennui, délaissant sa famille qui vit à Chongqing, dans le sud-ouest du pays.

La troisième histoire, dans le Hubei, en Chine centrale, raconte la vie de Xiao Yu, hôtesse d'accueil dans un sauna/maison close, poussée au pire par le harcèlement d'un riche client.

Enfin la dernière a pour décor Dongguan sur la côte sud-est. Le jeune Xiao Xui passe d'un travail à l'autre, sans espoir de vie meilleure.

Les actrices Joan Chen (g) et Zhao Tao accompagnent le réalisateur Zia Zhang-Ke, le 17 mai 2008 au Festival de Cannes [Anne-Christine Poujoulat / AFP/Archives]
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Les actrices Joan Chen (g) et Zhao Tao accompagnent le réalisateur Zia Zhang-Ke, le 17 mai 2008 au Festival de Cannes

Dans un entretien à l'AFP, Jia Zhang-Ke explique avoir construit son scenario sur des histoires qui "ont réellement eu lieu".

"Avant dans mes films, je m'attachais plus à relater le quotidien. Dans celui-ci, j'avais envie d'aller plus dans l'extrême. Avec le développement fulgurant de la société chinoise, il y a beaucoup d'exemples de choses qui deviennent extrêmes et qui dit extrême dit violence", souligne le cinéaste.

Non censuré en Chine

Quand la bande-annonce du film est apparue il y a quelques jours sur Youku -le Youtube chinois-, des internautes ont immédiatement craint la censure en Chine.

"Je ne sais pas si ce sera montré en Chine...", écrivait l'un d'entre eux sous le pseudo anqionganchouannongcun.

"Ca peut être montré à Cannes, mais certainement pas dans les cinémas chinois", renchérissait un autre sur le Twitter chinois, Sina Weibo.

Jia Zhang-Ke assure le contraire. "A touch of sin" pourra aussi être vu dans son pays. "J'ai eu l'autorisation avant de venir à Cannes. C'est une bonne nouvelle", a confié le cinéaste dont le film, dit-il, sera présenté non censuré, "dans la même version que celle vue sur la Croisette".

"On entre maintenant dans une ère en Chine où on est soi-même son propre média. Il y a beaucoup de discussions sur ce qui se passe dans le pays par le biais du twitter chinois", affirme le réalisateur dont le film a été soutenu financièrement en partie par des capitaux chinois.

Le réalisateur de 43 ans, qui avait raflé la récompense suprême au festival de Venise en 2006 pour "Still life", mais déjà revenu trois fois bredouille de Cannes, ne pense pas encore à la Palme d'or.

"Ce qui m'importe, c'est que ce film soit vu par le maximum de gens dans le monde, faire en sorte qu'il fasse naître des discussions, suscite des réactions. Ce serait le plus grand des bonheurs", a-t-il dit.

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