Cannes: à mi-parcours, le festival a déjà des envies de Palme

L'équipe du film des frères Coen "Inside Llewyn Davis" sur les marches du palais des festivals, à Cannes, le 19 mai 2013 [Anne-Christine Poujoulat / AFP] L'équipe du film des frères Coen "Inside Llewyn Davis" sur les marches du palais des festivals, à Cannes, le 19 mai 2013 [Anne-Christine Poujoulat / AFP]

A mi-parcours, une comédie des frères Coen, un pamphlet chinois contre la corruption et un drame familial étouffant étaient en tête des pronostics pour la Palme d'or du 66e festival de Cannes qui sera remise dimanche.

Mardi matin, après dix films présentés en compétition sur vingt, le film des frères Coen "Inside Llewyn Davis", sur les tribulations d'un chanteur de folk dans le Greenwich village d'avant Bob Dylan, était en tête des oeuvres les plus appréciées par les critiques internationaux interrogés par le magazine professionnel Screen.

Le New York Times et la bible de l'industrie du cinéma Variety soulignaient "l'originalité" ou "la forte émotion" dégagée par ce film réalisé par Joel et Ethan Coen, Palme d'or à Cannes en 1991 pour "Barton Fink".

Le passé plébiscité par les Français

 
 

Les critiques français réunis par Le Film Français préféraient "Le passé" de l'Iranien Asghar Farhadi, oscarisé pour "Une séparation" et qui a cette fois tourné en France un drame familial entre divorce et familles recomposées.

Le Chinois Zia Zhangke se plaçait dans les deux cas en embuscade avec l'impressionnant "A touch of sin", fresque épique et sombre sur une Chine en plein développement économique, mais à quel prix pour les sans grade, humiliés par des fonctionnaires corrompus.

Le quotidien britannique The Guardian a comparé le cinéaste aux maîtres de la violence au cinéma comme l'Américain Quentin Tarantino et l'Italien Sergio Leone, assurant que le spectateur se prenait "une claque sidérante de la part d'un cinéaste précédemment très lisse".

Venaient ensuite dans un mouchoir de poche le Japonais "Tel père, tel fils" de Hirokazu Kore-Eda, "Jeune et jolie" du Français François Ozon ou "Borgman" du Néerlandais Alex Van Warmerdam.

Pour Stuart Kemp, du magazine spécialisé Hollywood reporter, "aucun des films présentés n'était de mauvaise qualité mais aucun non plus n'était particulièrement remarquable".

"Bon niveau"

L'affiche du festival de Cannes apparaît dans les creux d'une palme, le 14 mai 2013 [Loic Venance / AFP/Archives]
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L'affiche du festival de Cannes apparaît dans les creux d'une palme, le 14 mai 2013
 

Bruno Cras, critique de cinéma sur Europe 1, parle d'un "bon niveau" pour la compétition 2013. "A la moitié du festival, il y a déjà quatre ou cinq films dignes d'être au palmarès à un titre ou un autre, ce n'est déjà pas si mal", a-t-il confié à l'AFP.

Quant au critique et historien du cinéma français Jean-Michel Frodon, il estime que le niveau est "incontestablement bon avec une plus grande diversité de styles de films que d'origines de films", allusion à la domination américaine et française dans les productions.

Comme Bruno Cras, Jean-Michel Frodon place en tête "Jimmy P" d'Arnaud Desplechin qu'il qualifie d'"oeuvre majeure" alors que l'accueil chaleureux réservé au film "Le Passé" relève selon lui de "l'hallucination collective".

"Qu'une sélection très attendue comme celle-là ne déçoive pas est déjà une très belle nouvelle", juge à mi-parcours le délégué général du festival Thierry Frémaux, interrogé par l'AFP.

"L'impatience était importante et les notes sont plus élevées qu'à l'accoutumée", relève-t-il.

Soderbergh et Winding Refn attendus

Matt Damon (g) et Michael Douglas posent à Cannes pour la présentation du film "Behind the Candelabra", le 21 mai 2013 [Valery Hache / AFP]
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Matt Damon (g) et Michael Douglas posent à Cannes pour la présentation du film "Behind the Candelabra", le 21 mai 2013
 

Cannes attendait avec impatience les dix derniers films en lice à commencer par le dernier Steven Soderbergh, présenté ce mardi. Oscar du meilleur réalisateur en 2001 pour "Traffic" et Palme d'Or en 1989 avec son premier film "Sexe, mensonges et vidéo", il présente "Behind the candelabra" avec Michael Douglas et Matt Damon, métamorphosés dans un biopic sur la vie du chanteur Liberace et de son jeune amant.

Le nouveau Nicolas Winding Refn ("Only God forgives" avec Ryan Gosling") est également très attendu tout comme "The immigrant" de James Gray ou "Only lovers left alive" de Jim Jarmusch. La France sera encore représentée par "Michael Kohlhass" d'Arnaud des Pallières ou "La vie d'Adèle" d'Abdellatif Kechiche. Roman Polanski, Palme d'or en 2002 pour "Le pianiste" revient avec "La vénus à la fourrure".

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