Le retable d'Issenheim scruté à la loupe

Un groupe de restaurateurs inspecte le Retable d'Issenheim, le 22 mai 2013 au musée Unterlinden de Colmar [Patrick Hertzog / AFP] Un groupe de restaurateurs inspecte le Retable d'Issenheim, le 22 mai 2013 au musée Unterlinden de Colmar [Patrick Hertzog / AFP]

Un groupe de restaurateurs a entamé mercredi à Colmar une phase d'étude des panneaux et des sculptures du Retable d'Issenheim, visant à établir une cartographie des altérations de ce chef-d'oeuvre du gothique finissant pour mieux le restaurer.

Lampes à la main et loupes posées sur le nez, quatre experts juchés sur un échauffaudage scrutaient minutieusement les panneaux du retable d'Issenheim, mercredi, dans les murs du couvent médiéval du XIIIe siècle qui abrite le musée Unterlinden de Colmar.

"Nous identifions un certain nombre d'altérations ou incidents disséminés sur la couche picturale, les lacunes, griffures, craquelures, ...", a expliqué Anthony Pontabry, directeur de l'équipe d'experts. Pour lui, l'oeuvre qui a fêté ses 500 ans en 2012 est "en très bon état compte tenu de son histoire et de ses déplacements".

Des restaurateurs et chercheurs du Centre de recherche et de restauration des musées de France (CRRMF) feront trois séjours au musée : du 22 au 28 mai, du 3 au 5 juin puis du 18 au 21 juin. L'oeuvre restera visible par le public pendant les séances de travail.

Les résultats de l'étude devraient être connus en novembre et présenteront "différentes options pour procéder à la restauration" de l'oeuvre, a dit Pantxika De Paepe, conservatrice en chef du musée.

Cette étude fait suite à un constat d'état établi en 2003, et à la restauration du panneau "L'agression de Saint-Antoine" en 2011. Cette première phase avait suscité une polémique, certains acteurs du monde de l'art la jugeant "imprudente".

Une convention de financement de la restauration du retable avait été signée en 2011. Le coût, estimé à 341.000 euros, est partagé entre l'Etat et la région, la Société Schongauer, la Fondation du patrimoine et des mécènes.

Mondialement connu, le retable (3,30 m sur 5,90 m) représente sur ses onze panneaux de tilleul la vie du Christ et celle de saint Antoine l'Ermite, guérisseur du "mal des ardents", un champignon parasite de l'ergot de seigle.

Ce chef-d'oeuvre du gothique finissant a été réalisé de 1512 à 1516 par le sculpteur Nicolas de Haguenau et le peintre allemand Matthias Grünewald.

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