Léa Seydoux : "Kechiche est un cinéaste unique"

Léa Seydoux, le 23 mai 2013. [LOIC VENANCE / AFP]

Pour la première fois en compétition officielle à Cannes, le réalisateur franco-tunisien, Abdellatif Kechiche (L’Esquive, La Graine et le mulet) signe La vie d’Adèle, librement adaptée de la bande-dessinée Le bleu est une couleur chaude de Julie Maroh. Un amour entre deux femmes porté par une Léa Seydoux, très convaincante. Un rôle à contre-emploi pour lequel l’actrice, à l’affiche également de Grand Central (Un certain regard), s’est totalement investie.

Comment qualifieriez-vous le travail d’Abdellatif Kechiche ?

Abdel est un cinéaste unique, qui filme très bien la jeunesse. Il est aussi exigeant. Par exemple, la scène au début du film où je traverse la rue, a nécessité 10h de tournage et plus de 90 prises. J’ai parfois voulu abandonner. En France, il y a peu de réalisateurs qui vous demandent une telle implication. 

Au point de se métamorphoser ? 

Cet engagement passait par une transformation physique. Pour jouer Emma, j’ai coupé mes cheveux et les ai teins en bleu. Je n’arrivais pas à me regarder dans le miroir puis je me suis habituée. Je ne suis pas obsédée par mon apparence.

Avant le tournage, aviez-vous lu la bande-dessinée Le bleu est une couleur chaude dont s’est inspiré Abdellatif Kechiche pour conter cette histoire ?

Non, pas du tout. Mais je l’ai bien entendu lu avant de tourner. En la lisant, j’ai tout de suite qu’Abdel pourrait en tirer un film magnifique. Les dessins pourraient ses plans.

Appréhendiez-vous les nombreuses scènes de sexe ? 

Je suis pudique dans la vie, mais j’arrive à me libérer sur un plateau. Adèle Exarchopoulos, très fraîche, m’a aussi aidée. Plus qu’une relation lesbienne, c’est avant tout une histoire d’amour et un rapport à la sexualité qui témoignent de notre temps. 

Parlez-nous justement de votre partenaire à l’écran, Adèle Exarchopoulos, qui est l’une des révélations de ce festival ?

Elle est très fraîche et joyeuse. Âgée de seulement dix-huit ans, elle m’a beaucoup impressionnée. Elle a cette faculté à se livrer corps et âme dans tout ce qu’elle entreprend. J’étais même intimidée à l’idée de tourner avec elle. Je suis plus introvertie. Mais nous sommes à la fois complémentaires et différentes. 

Vous êtes également à l’affiche de Grand Central, en compétition cette année à Cannes dans la section « Un certain regard ».

Je suis ravie de défendre deux films sur la Croisette. C’est toujours un honneur d’être présente. Dans Grand Central, je donne la réplique à Tahar Rahim. C’est un immense acteur et un homme exceptionnel. Entre Abdel et Tahar, j’ai connu de très belles rencontres.

La vie d’Adèle, chapitre 1 et 2, d’Abdellatif Kechiche. En salles le 9 octobre. 

 

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