Vampires sophistiqués à Cannes avec "Only lovers left alive"

Jim Jarmusch (g) et l'actrice Tilda Swinton, le 25 mai 2013 à Cannes pour la présentation de "Only lovers left alive" [Loic Venance / AFP] Jim Jarmusch (g) et l'actrice Tilda Swinton, le 25 mai 2013 à Cannes pour la présentation de "Only lovers left alive" [Loic Venance / AFP]

Dans "Only lovers left alive", le cinéaste américain indépendant Jim Jarmusch raconte une histoire d'amour entre Adam et Eve version vampires sophistiqués, observateurs désabusés d'une humanité irresponsable, dans un film à l'esthétique soignée et la bande-son léchée.

Comme souvent dans son oeuvre, Jarmusch détourne les codes: ceux du western, dans "Dead man", puis des samouraïs dans "Ghost dog", aujourd'hui le film de vampires.

Ces créatures légendaires sont décidément en vogue, entre "Twilight" au cinéma ou "True Blood" à la télévision. "J'ai entendu qu'on gagnait beaucoup d'argent avec ce genre de film", a plaisanté devant les journalistes le réalisateur américain.

Adam (Tom Hiddleston, impeccable), musicien underground déprimé et Eve (Tilda Swinton, lumineuse) vampire érudit et ultra stylé, vivent depuis plusieurs siècles une véritable histoire d'amour mais leur idylle est bientôt perturbée par l'arrivée de la petite soeur d'Eve, Ava, extravagante et écervelée.

Compliqué d'être vampire au XXIème siècle: on ne peut plus planter ses crocs dans le cou des humains car leur sang peut être contaminé. Pour survivre, ils doivent s'arranger pour "s'abreuver à la source", comme le dit Adam, un hôpital par exemple.

Le cinéaste promène ses héros entre Tanger et Detroit, deux villes "qui m'attirent personnellement sur le plan émotionnel", a dit le réalisateur qui a grandi près de Cleveland, non loin de Detroit.

C'était à l'époque une "ville mystérieusement magique, une sorte de Paris du Midwest", a-t-il ajouté.

L'Américain Jim Jarmusch pose le 25 mai 2013 au Festival de Cannes pour la présentation de "Only lovers left alive" [Anne-Christine Poujoulat / AFP]
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L'Américain Jim Jarmusch pose le 25 mai 2013 au Festival de Cannes pour la présentation de "Only lovers left alive"
 

Pourquoi cette fascination des humains pour les vampires? Selon Tilda Swinton, c'est "peut-être parce qu'ils ont des vies très longues tandis que nous sommes terrorisés par notre propre mortalité. Nous préférons penser à l'immortalité".

Parabole drôle et désabusée sur le monde actuel qui massacre la planète, le film tente de comprendre aussi comment ce couple en marge a pu rester amoureux depuis quatre ou cinq siècles.

Le public dans la salle rit beaucoup face aux multiples citations d'auteurs comme Shakespeare, Byron, Mary Wollstonecraft ou Einstein.

Plus terre à terre, Jarmusch a expliqué que ce projet avait mis sept ans à se réaliser car "personne ne voulait nous donner de l'argent".

"Cela devient de toute façon de plus en plus difficile aujourd'hui de faire des films que je qualifierais d'inhabituels ou imprévisibles", juge-t-il.

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