Les mots de la Grande Guerre dans le Petit Larousse

Une femme consulte le Petit Larousse illustré 2013, le 10 avril 2013 à Paris [Miguel Medina / AFP/Archives] Une femme consulte le Petit Larousse illustré 2013, le 10 avril 2013 à Paris [Miguel Medina / AFP/Archives]

De "bidasse" à "limoger", en passant par "café liégeois", la langue s'est enrichie lors de la Première Guerre mondiale d'expressions liées au conflit, réunies dans le Petit Larousse 2014 à l'occasion du centenaire de la Grande Guerre l'an prochain.

Issus de l'argot des tranchées, du comique troupier ou du vocabulaire militaire, ces mots se retrouvent dans une des planches consacrées à cette guerre aux plus de 8 millions de morts:

- "Ypérite" ou "gaz moutarde": arme chimique utilisée comme gaz asphyxiant pour la première fois par les Allemands à Ypres en Belgique en 1917.

- "Obusite": nom donné aux traumatismes psychiques et physiques fréquents chez les soldats des tranchées et consécutifs à l'onde de choc des explosions ("shell-shock" en anglais).

- "Gueules cassées": expression forgée par le général Picot, lui-même grièvement blessé au visage en 1917.

- "Marmite": obus de gros calibre.

- "Grosse Bertha": pièces d'artillerie lourde employées par les Allemands en Belgique dès 1914. Surnom également donné aux canons lourds qui, à plus de 100 km, tirèrent sur Paris en 1918.

- Limoger: ce verbe synonyme de "renvoyer" est apparu quand le général Joffre releva en 1914 une centaine de généraux de leur commandement et les affecta à Limoges.

- "Singe": argot des combattants pour désigner la viande en conserve, critiquée pour sa mauvaise qualité.

- "Café liégeois": le café viennois, évoquant l'ennemi, fut rebaptisé "liégeois" en hommage à la résistance de la ceinture des forts de Liège qui ralentit l'avancée des troupes allemandes.

- "Bidasse": soldat en argot, tiré d'une chanson de Charles-Joseph Pasquier, archétype du comique troupier alors à son apogée ("Avec l'ami Bidasse/On n'se quitte jamais/Attendu qu'on est/Tous deux natifs d'Arras/chef-lieu du Pas-d'Calais...").

- "Poilu": avant de désigner les combattants de 14-18, ce terme signifiait familièrement homme vigoureux. Il était déjà appliqué à un soldat particulièrement brave lors des guerres napoléoniennes.

- "Fleur au fusil": expression désignant l'enthousiasme avec lequel les hommes en âge de se battre accueillirent la Grande Guerre.

- "La ligne bleue des Vosges": expression associée à la reconquête de l'Alsace-Lorraine, empruntée au testament de Jules Ferry, demandant à être enterré à Saint-Dié, sa ville natale, "en face de cette ligne bleue des Vosges".

- "La der des der": expression née dans l'après-guerre pour désigner la guerre de 14-18 dont on espérait qu'elle serait la dernière...

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