Barilla, les rois des pâtes italiennes

Les produits Barilla permettent de manger selon les règles de la «diète méditerranéenne» [Capture d'écran Youtube]

De toutes les couleurs, de toutes les formes et de toutes les tailles, les pâtes sont «le» plat des Italiens. Depuis plus de 130 ans, Barilla perpétue la tradition.

 

Archives – Article publié le mercredi 17 septembre 2008

 

C’est en 1877 dans la ville de Parme en Emilie-Romagne, haut lieu de la gastronomie italienne que commence l’aventure Barilla, digne représentant aujourd’hui des pâtes italiennes. Fils d’agriculteurs, Pietro Barilla, 32 ans, ouvre une petite boulangerie dans laquelle il produit du pain et des pâtes. Grâce à une presse en bois, le jeune entrepreneur fabrique près de cinquante kilos de pâtes fraîches par jour. Avec une carriole à cheval, il distribue également ses produits dans les communes voisines. La société enregistre rapidement des résultats positifs.

Les deux fils de Pietro, Riccardo et Gualtiero, alors adolescents, intègrent l’entreprise. La production augmentant, la famille construit de nouveaux établissements. La première usine est inaugurée en 1910 et quelque 80 employés y travaillent avec ardeur. L’ère de l’artisanat est définitivement achevée, Barilla se tourne à présent vers l’industrialisation pour répondre à une demande de plus en plus forte. Pendant la Première Guerre mondiale, les ventes de pâtes explosent.

 

Vidéo : Publicité Barilla réalisé par Ridley Scott, avec Gérard Depardieu

 

 

Les rois des pâtes en Europe

Après la Seconde Guerre mondiale, l’entreprise Barilla produit plus de cent tonnes de pâtes chaque jour. Le fils de Riccardo, Pietro, qui a repris les rênes de la société, s’inspire des dernières nouveautés américaines pour développer le packaging de ses produits. En 1955, Barilla part à la conquête de nouveaux marchés. Pour ce faire, l’enseigne italienne distribue ses pâtes dans des boîtes en carton d’un bleu nuit facilement reconnaissable. Cette innovation marque un tournant dans le développement de l’entreprise.

A partir de 1969, les pâtes italiennes débarquent dans les rayons des échoppes françaises. Plus habitués aux pâtes au beurre, les Français découvrent une multitude de produits à agrémenter au gré de leur humeur et de leur envie : spaghettis, tagliatelles, lasagnes, farfalle (en forme de papillon) ou penne (en forme de crayon) viennent compléter la gamme proposée. Mais face à l’inflation et au blocage du prix des pâtes en Italie, Pietro Barilla doit vendre la société à une multinationale américaine. Un intermède de courte durée, puisqu’à la fin des années 1970, la famille Barilla rachète les parts de l’entreprise.

Cette troisième génération souhaite valoriser l’image conviviale de l’Italie dans ses publicités. Au début des années 1990, la «reine des pâtes» fait notamment appel à Gérard Depardieu qui devient, le temps de quelques spots publicitaires, le représentant de Barilla. A l’image du curé Don Patillo pour les pâtes Panzani, l’interprète de Cyrano de Bergerac incarne à l’écran les valeurs gastronomiques italiennes. Mis en scène par de grands réalisateurs comme Ridley Scott ou David Lynch, Gérard Depardieu prépare, dès 1992, de succulents plats de pâtes à l’italienne. Auparavant en Italie, les collaborations avec – entre autres –         l’acteur américain Paul Newman en Père Noël (1991) et la réalisation d’un spot par Federico Fellini (1985) contribuent à l’essor de la marque dans son propre pays.

 

Vidéo : Publicité Barilla avec Paul Newman

 

 

Guido Barilla, digne héritier

A la disparition de Pietro Barilla en 1993, son fils Guido devient président du groupe épaulé de ses frères et sœurs, Paolo, Luca et Emanuela. Consommés par des millions de personnes, les produits estampillés du logo rouge et blanc sont distribués dans plus d’une centaine de pays. Les Barilla étant soucieux de la qualité et du goût inimitable de leurs spécialités, des tests sont effectués sur les matières premières toutes les 30 secondes. Depuis 1988, Roberto Bassi dirige la «Chef Unit» du groupe Barilla. Cinq chefs travaillent à Parme sur les nouveaux produits et les nouvelles recettes à développer. Plus grosse consommatrice de blé dur pour la production de pâtes, l’entreprise compte neuf moulins et vingt-sept sites de fabrication à travers le monde.

Gardienne de la tradition italienne, la petite entreprise familiale devenue un des leaders sur le marché de l’alimentation offre de nouvelles saveurs à ses consommateurs. Chaque année, Barilla consacre 30 millions d’euros à la recherche et au développement de ses gammes, soit près de 1 % du chiffre d’affaires du groupe. Ce dernier ne se limite pas à la simple production de pâtes ou de sauces. Il distribue aussi d’autres marques, comme les biscuits secs Mulino Bianco ou les pains croustillants Wasa.

 

Vidéo : Publicité Barilla réalisé par Federico Fellini

 

 

Barilla possède son académie

En 1969, la famille Barilla implante la plus grande usine mondiale de pâtes alimentaires dans la vallée de Parme. En 2004, dans cette même ville, elle inaugure l’Academia Barilla. La création de ce centre international a pour vocation de transmettre les traditions gastronomiques italiennes. Des cours culinaires sont proposés aux professionnels et gastronomes. Les chefs de renom révèlent aux participants les trucs et astuces pour réaliser un bon plat, de l’entrée au dessert.

Autre point fort de l’Academia Barilla : la richesse de sa bibliothèque. Elle compte plus de 8000 livres dont 1500 restent des pièces uniques. Le plus ancien ouvrage, De partibus Aedium, date de 1516. Environ trois millions de recettes sont répertoriées. En 2005, plus de 5000 personnes ont suivi les cours et les divers événements organisés pendant l’année. Parmi les personnalités invitées figurent les chefs Annie Féolde, Giada de Laurentiis, Nadia Santini ou Heinz Beck.

 

Informations : www.academiabarilla.com

 

Une souris morte dans des pâtes, un bouquet de fleurs comme dédommagement

Pour gagner l’Euro, les Bleus doivent bien manger !

 

À suivre aussi

Jack Ma, cofondateur du géant chinois Alibaba, va prendre sa retraite
portrait La folle ascension du fondateur d’Alibaba, de professeur d’anglais à homme le plus riche de Chine
Interview Enjoy Phoenix : "Une belle revanche sur la vie"
Success story Bébé Cadum, tout en douceur

Ailleurs sur le web

Derniers articles