Pierre Bellemare : "Je ne suis pas un acharné du crime"

Pierre Bellemare[Stephane de Bourgies / Flammarion]

Après soixante ans de bons et loyaux services dans les médias, Pierre Bellemare, 83 ans, sort un livre adapté de ses Enquêtes impossibles sur NT1. Le dernier chapitre en date d’une longue carrière de conteur sans équivalent dans le paysage médiatique hexagonal.

   

Comment tout a commencé ?

J’ai commencé mes premières histoires sur Radio Luxembourg, en 1952. Avec le producteur Jacques Antoine, nous bénéficiions du meilleur créneau, le dimanche soir.

La télévision n’existait pas à cette époque. Nous faisions office de prime time pour les auditeurs. Avec mon collègue, nous avons décidé de ne laisser parler que les voix et le silence.   

 

Pourquoi avoir choisi les domaines insolites et criminels ?   

Nous cherchions des histoires originales à raconter. Personne n’avait encore conté des faits divers à la radio. Je ne cherchais pas le glauque et la brutalité.

Pour preuve, j’ai réalisé de nombreuses émissions à propos d’escroqueries inventives. Le polar était à son apogée. Les années 1950 furent l’âge d’or du film noir et Gallimard lançait la collection Série Noire.

 

Comment avez-vous vu évoluer les affaires criminelles ?

J’ai pu observer des progrès hallucinants. C’est surtout l’évolution des pratiques scientifiques qui m’impressionne. Le rapport aux médias et surtout le rapport à la télévision m’ont beaucoup marqué.

Je repense à l’affaire Flactif. Avant d’être démasqué, le coupable n’arrêtait pas de donner son avis aux caméras. 

 

Quels sont les faits les plus marquants auxquels vous avez été confronté ?

Il ne s’agit pas forcément d’enquête policière. Je ne suis pas un acharné du crime. Une belle histoire m’avait profondément ému. Une jeune fille belge avait été blessée pendant l’exode lors de la seconde guerre mondiale.

Un officier allemand l’avait secouru et transféré dans un hôpital, avec son père et sa mère. Une cinquantaine d’année plus tard, le père s’est installé dans un appartement sur la côté d’Azur avec sa fille, rendue aveugle par l’accident.

L’homme entend parler de la mort d’un Allemand dans un quotidien niçois. Il reconnaît le nom du jeune officier et part rencontrer la mère du défunt.

Elle lui explique que son fils était tombé fou amoureux d'une jeune fille blessée pendant la guerre, il l’aura cherché en vain pendant l’occupation.

Comble de l’histoire, avant de décéder, l’allemand vivait dans la même résidence et observait souvent le père raconter des histoires à sa fille aveugle sur sa terrasse.

 

Vous aimez surtout l’insolite...

Exactement, j'ai récemment conté une histoire vraie et complètement loufoque sur Europe 1. Un russe promène son chien et rencontre un policier.

Le gardien de l’ordre explique qu’il lui est interdit de promener son chien dans la rue. Le ton monte et le passant, ancien militaire, finit par sortir une grenade, la dégoupille et la lance sur le policier.

Problème, le chien bien dressé cours après la « baballe » et la ramène à son maître qui explose. (rires).

 

Vous êtes toujours incontournable dans le PAF. Quelle est votre recette ?

Je suis le même qu’avant. Je m’amuse, je rigole. Je suis resté jeune dans ma tête. Ca me permet de poursuivre les enquêtes de l’impossible sur NT1. Je participe également aux émissions d’Hanouna sur Europe 1.

 

Les enquêtes impossibles : 25 crimes presque parfaits - Flammarion

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