La semaine de Philippe Labro : Le pari réussi des Bleus, le challenge de Valls

Philippe Labro, écrivain, cinéaste et journaliste. [THOMAS VOLAIRE]

Philippe Labro est écrivain, cinéaste et journaliste. Chaque vendredi, pour DirectMatin, il commente ce qu'il a vu, vécu et observé pendant la semaine. Un bloc-notes subjectif et libre.

 

WEEK-END DU 4, 5 et 6 AVRIL

Quart de finale de la Coupe Davis à Nancy. A la poursuite de ce «Saladier d’argent» auquel rêvent tous les tennismen français, plus que beaucoup d’autres pays, pour cause d’héritage sportif.

Il y eut les légendaires «Mousquetaires», et puis, plus récemment, les exploits de l’équipe de Noah (Leconte, Forget). Cela a fabriqué une curiosité particulière autour de cette compétition. La France partait favorite devant une équipe d’Allemagne, dont les joueurs étaient moins bien classés dans la hiérarchie du tennis mondial.

On pronostiquait des victoires faciles de Tsonga et Benneteau dès le premier jour. Et voilà que les Français sont menés 2 à 0. On frôle la catastrophe au point que, un peu las et désappointé, je décide de ne plus suivre les matchs du lendemain et vaque à d’autres affaires. Il fait beau à la campagne, on est en famille, au diable la Davis Cup !

 Le lendemain, samedi 5, puis le dimanche 6, le double Llodra-Benneteau, puis les deux simples joués par Tsonga et Monfils vont renverser la table et l’équipe de France, tout ébaubie d’avoir échappé au fiasco, l’emporte par trois victoires à deux. Joie. Sarabandes. Marseillaise.

Prochains adversaires : les Tchèques. Que conclure, sinon quelques notions qu’on pourra, plus tard, le mardi 8, appliquer à la rencontre de football Chelsea-PSG en Ligue des champions ?

1. En sport, comme en toutes choses, rien n’est jamais acquis ;

2. Même si ça va mal, il faut rester devant la télé !

3. Les Français, d’une manière générale, ne sont jamais aussi mauvais que lorsqu’ils sont favoris, ni aussi bons que lorsqu’ils sont donnés battus ou perdants ;

4. Seul l’esprit d’équipe, le «team spirit», peut faire basculer une situation désespérée. Cela signifie solidarité, sacrifice, humilité et orgueil, un peu de chance et de folie, beaucoup de pugnacité, ne jamais «rien lâcher» (expression favorite de Didier Deschamps, lorsque, capitaine des Bleus en finale de la Coupe du monde en 1998, il répétait ces mots à la mi-temps, au Stade de France) et y croire. C’est sans doute tout ce qui a manqué au PSG, mardi soir, à Stanford Bridge.

 

MARDI 8 AVRIL

Ce match de foot n’était pas l’événement le plus important du jour. On attendait Valls à l’Assemblée nationale pour son discours de politique générale. Les éditorialistes ont assez commenté ces 47 minutes et vont continuer de le faire pour que je ne joue pas ici à l’analyste.

J’ai noté, néanmoins, quelques petites choses : un hommage à Borloo – une habile invitation à l’opposition pour une rencontre (aura-t-elle lieu ?) – un sens de la formule («l’inventivité fiscale») – un goût de l’anaphore (ce mot devenu familier depuis le débat Hollande-Sarkozy en 2012, qui consiste en une volontaire répétition des mêmes accroches de phrases pendant un temps long) – une tonalité de voix volontaire, accompagnée du geste fréquent de l’index tendu en l’air – du sang-froid face à des interruptions systématiques des bancs de l’opposition – un refus de vocabulaire technocrate – un agenda qui semble inclure qu’il y aurait un deuxième quinquennat socialiste (il parle de 2020 à plusieurs reprises) – une émotion courte mais non feinte sur ses origines, son parcours, («le cœur battant») – un démarrage traqué, à voix blanche, et une conclusion, en revanche, martiale, à la voix de stentor.

Voilà pour la forme. Pour le fond, seuls les jours, semaines et mois qui viennent permettront de juger. Comme en sport, tout pronostic est aléatoire. Mais contrairement au sport, on ignore quand finira la partie.

 

MERCREDI 9 AVRIL

Bon anniversaire à mon copain, Jean-Paul Belmondo. 81 ans. Un gamin

 

 

Retrouvez tous les éditos de Philippe Labro

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