Oscars 2019 : ce que l'on peut retenir de la cérémonie

Le réalisateur Peter Farrelly repart notamment avec l'oscar du meilleur film pour «Green book». Le réalisateur Peter Farrelly repart notamment avec l'oscar du meilleur film pour «Green book». [© Frazer Harrison / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP]

Les Oscars ont dévoilé, dimanche soir, le nom des lauréats, mettant un terme à la saison des prix aux Etats-Unis. Une cérémonie, sans présentateur, mais avec son lot de surprises.

Si elle a joué la carte de la diversité, cette édition n'a pas manqué de faire une place également à la musique, oscillant entre Queen et la reine Lady Gaga.

Retrouvez les temps forts de cette grand-messe du cinéma américain, qui s'est déroulée au Dolby Theatre, à Los Angeles.

Queen invité d’honneur pour ouvrir le bal

Sans présentateur pour la première fois depuis trente ans, cette 91e cérémonie s’est ouverte en fanfare avec le groupe Queen. En lieu et place du traditionnel monologue d'introduction, l'Académie des arts et sciences du cinéma avait, en effet, choisi de laisser parler la guitare de Brian May. A 71 ans, l'un des membres fondateurs a enchaîné son fameux solo sur «We Will Rock You» avec force et énergie.

En l'absence du leader Freddie Mercury, disparu en 1991, le chant était assuré par l'Américain Adam Lambert. Queen a conclu sa prestation avec son hymne «We Are the Champions», repris en chœur par la salle, avant d’applaudir le succès du biopic «Bohemian Rhapsody» de Bryan Singer et ses 758 millions d’euros de recettes.

«Green book», symbole du triomphe de la diversité

Le long-métrage de Peter Farrelly qui raconte l’histoire vraie du musicien Don Shirley et des relations nouées avec le gros bras italo-américain qui lui servait de chauffeur (Viggo Mortensen) a remporté l’Oscar du meilleur film, ainsi que celui du meilleur scénario original. Mahershala Ali a également été honoré pour son rôle de Don Shirley, en recevant l’Oscar du meilleur second rôle masculin, deux ans après «Moonlight».

Plus que jamais, la diversité était au cœur de cette 91e édition. Pour preuve, la comédienne noire américaine Regina King a été sacrée meilleure actrice dans un second rôle («Si Beale Street pouvait parler» de Barry Jenkins). Le film d'animation, «Spider-Man : new generation», et le blockbuster de super-héros, «Black Panther», ont également été récompensés.

Olivia Colman couronnée pour «La Favorite»

Exubérante et démonstrative, cette Anglaise de 45 ans qui a déjà interprétée deux reines sur les écrans, dont la souveraine britannique Elizabeth II, coiffe au poteau les Américaines Lady Gaga et Glenn Close. Olivia Colman s'adjuge la statuette de la meilleure actrice pour son rôle dans le film de Yorgos Lanthimos, où elle campe une reine Anne d'Angleterre à la santé fragile et au caractère instable, donnant la réplique à Rachel Weisz et Emma Stone. «C'est honnêtement assez stressant. C'est drôle. J'ai un Oscar», a-t-elle lancé.

La britannique a par ailleurs profité de son discours de remerciement pour rendre hommage à Glenn Close («The Wife»), l’une de ses concurrentes et grande favorite de cette soirée. «Tu as été mon idole pendant si longtemps. Je ne voulais pas que ça se passe ainsi», a-t-elle expliqué à la comédienne de 71 ans, repartie bredouille, pour la septième fois, de la cérémonie des Oscars.

Un triplé pour Alfonso Cuaron, l’avènement de Netflix

Cinq ans après «Gravity» et ses sept Oscars, Alfonso Cuaron a été auréolé de l'Oscar du meilleur film en langue étrangère pour « Roma», ode au Mexico des années 1970, ainsi que du prix du meilleur réalisateur et de la photographie.

Lauréat de nombreux prix, du Lion d'Or de Venise aux Bafta britanniques en passant par les Golden Globes, ce portrait en noir et blanc est aussi une victoire pour Netflix, première plate-forme de vidéo à la demande à voir un de ses films sacré dans la catégorie de meilleur cinéaste.

Lady Gaga pas tout à fait perdante

La diva de la pop, applaudie pour son premier rôle au cinéma dans «A Star Is Born», a été auréolée de l'Oscar de «meilleure chanson originale» pour la ballade «Shallow». Un titre qu’elle a également chanté en duo sur scène avec Bradley Cooper, acteur et réalisateur du film.

«Il n'y a pas une seule personne sur la planète, hormis toi, qui aurait pu chanter cette chanson avec moi. Merci d'avoir cru en nous», lui a-t-elle lancé, visiblement très émue.

Nommée aussi dans la catégorie «meilleure actrice», Lady Gaga est cette fois-ci repartie bredouille, Olivia Colman ayant remporté la précieuse statuette.

Spike Lee enfin sacré aux Oscars

Malgré plusieurs films salués par la critique, Spike Lee avait jusqu'ici dû se contenter d'un Oscar d'honneur. Le réalisateur américain Spike Lee, qui portait un costume pourpre en hommage à Prince, a reçu, dimanche, son premier Oscar en compétition, dans la catégorie de la meilleure adaptation. Une belle revanche pour cet artiste engagé qui avait été jusqu'ici largement ignoré par Hollywood.

Adapté du roman «Black Klansman» de Ron Stallworth, son long-métrage avec Adam Driver raconte comment un policier noir a infiltré une cellule du Ku Klux Klan à la fin des années 70.

«BlacKkKlansman» avait déjà été récompensé du Grand Prix lors du festival de Cannes en mai 2018.

Fou de joie à l'annonce de son prix, Spike Lee a sauté dans les bras de l'acteur Samuel L. Jackson, qui remettait la récompense et a joué dans plusieurs de ses films.

Rami Malek règne sur cette édition

Moustache, dentition, démarche, accent : Rami Malek a tout changé pour entrer dans la peau de Freddie Mercury, emblématique chanteur du groupe Queen qu'il incarne dans le film «Bohemian Rhapsody» de Bryan Singer, une performance qui l'a propulsé dans la cour des grands d'Hollywood.

A 37 ans seulement, Rami Malek a collectionné les grands prix cinématographiques de la saison : Golden Globe, prix du syndicat américain des acteurs (SAG Awards), Bafta et désormais Oscar du «meilleur acteur», soufflé sous le nez de Christian Bale, qui s'était lui aussi fait méconnaissable pour jouer Dick Cheney dans «Vice» d’Adam McKay.

«Merci à vous, Queen. Merci de m'avoir autorisé à jouer un tout petit rôle dans votre héritage extraordinaire. Je vous en suis redevable pour toujours», a-t-il encore dit, après avoir écrasé ses concurrents : Bradley Cooper («A Star Is Born»), Viggo Mortensen («Green Book») et Willem Dafoe («At Eternity's Gate»).

À suivre aussi

Ailleurs sur le web

Derniers articles