Festival de Cannes : que vaut le documentaire «Diego Maradona» d'Asif Kapadia ?

Aux dires du cinéaste, l'ex-footballeur n'aurait toujours pas vu le film. [© Mars Films]

Sans sa star qui a déclarée forfait, Asif Kapadia a présenté le documentaire hors compétition «Diego Maradona» sur la Croisette. Le portrait passionnant d’un dieu du ballon rond qui s’est brûlé les ailes.

Après s’être intéressé au pilote brésilien de Formule 1 Ayrton Senna dans «Senna» (2011) et à la chanteuse britannique Amy Winehouse dans «Amy» (2015), Asif Kapadia s’est penché sur le cas Diego Maradona et a souhaité cerner cet homme aux deux visages.

Pour ce faire, le cinéaste s’est concentré sur une période précise de la vie de l'ex-footballeur : ses années napolitaines, de 1984 à 1991. Cette époque, il lui donne vie grâce à quelque 500 heures d'images inédites extraites des archives de l'Argentin. Celles qui ont été sélectionnées sont commentées par l'intéressé lui-même, ainsi que par ses proches comme son ancien coach ou sa femme qui aura tout enduré.

Pour s'octroyer les services de Diego Maradona, qui a pourtant connu deux saisons catastrophiques à Barcelone, le SSC Napoli s'endette. Mais ce pari s'avère payant. Accueilli comme un héros à chacun de ses matchs au stade San Paolo, «El Pibe de Oro», qui a grandi dans les bidonvilles de Buenos Aires, change sa technique de jeu et permet à son équipe de remporter de nombreuses Coupes, dont celle de l'UEFA. Un beau pied-de-nez à tous les puissants clubs du Nord, à commencer par la Juventus.

Mais celui qui déclare «tout oublier sur le terrain, jusqu'à sa vie» peine à gérer la célébrité. Son statut de dieu vivant lui pèse. Sa photo fait régulièrement la une des journaux. On lui érige des statues. Les tifosis napolitains ne connaissent que son nom. Diego Maradona flirte avec la Camorra et sombre à peu à peu dans la cocaïne. Sa descente aux enfers s'amorce.

Le coup de grâce intervient lors de la Coupe du monde en 1990. Incroyable mais vrai, la demi-finale qui oppose l'Argentine de Diego Maradona à l'Italie est organisée au sein même du stade San Paolo. Après une séance de tirs au but, c'est la victoire pour la nation sud-américaine. Furieux, son pays d'adoption lui tourne définitivement le dos. Sa descente aux enfers s'amorce...

Outre le fait d'évoquer un homme à la réputation sulfureuse - sans jamais prendre parti -, ce documentaire témoigne surtout d’une époque révolue, où les réseaux sociaux et les opérations marketing ne régissaient pas encore la vie des joueurs. Une ère où les jeunes stars du ballon rond qui avaient certes du talent, n'étaient pas forcément entourés pour affronter le monde. Diego Maradona en est le parfait exemple, comme le souligne Pelé au début du film.

Loin d'être une succession d'analyses footballistiques, ce documentaire séduira aussi bien les spécialistes que les néophytes. Il sortira en salles le 31 juillet.

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