Japan expo fête ses 20 ans : «on fait le plus beau métier du monde»

[© B.GUAY / AFP]

Voilà 20 ans que Japan Expo accueille chaque année des centaines de milliers de fans de la culture japonaise. Avant de souffler ses bougies de 4 au 7 juillet prochains, nous avons rencontré Thomas Sirdey, l'un des cofondateurs du salon, devenu le 3e en France en terme de fréquentation.

Quel sont les plus beaux souvenirs qui ont ponctué vos deux dernières décennies à Japan Expo ?

Thomas Sirdey : Ce sont sans doute toutes les interactions que nous avons eues avec des invités. Lorsque nous avons fait des réunions, un peu magiques, où nous nous retrouvions avec des gens qu’on admire.

Comme le créateur de Mario, Shigeru Miyamoto, qui nous a demandé de monter sur scène avant d'annoncer son arrivée. Quand Naoki Urasawa, auteur de Monster et 20th Century Boys, qui nous dit : « je suis mangaka, mais j’aime bien faire de la musique et je veux bien faire un petit concert ». Ou encore quand certaines grandes stars de la musique japonaise, comme Yoshiki Hayashi, leader du groupe de metal X Japan, sont devenues de vrais amis.

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© n.cailleaud/CNEWS

Quand nous avons démarré Japan Expo, notamment avec Jean-François Dufour [à droite sur la photo ci-dessus au côté de Thomas Sirdey], nous étions animés par la passion et c’est encore le cas aujourd’hui, 20 ans après. On fait le meilleur boulot du monde !

La première édition a-t-elle été compliquée à mettre en place ?

C’était très différent à l’époque et l’événement était beaucoup plus petit. Nous avons commis plein de bêtises et d’erreurs. Pour certaines éditions aussi, comme l’année où nous n’avions pas fait les bonnes démarches administratives.

Est-ce plus facile aujourd'hui de convaincre les stars japonaises de venir ?

Aujourd’hui, nous sommes reconnus au Japon. On passe dans les journaux et à la télévision dans ce pays. Mais même si nous sommes bien installés, nous restons deux pays très différents et nous sommes encore obligés d’expliquer ce que nous faisons, pourquoi et comment on le fait.

Notre réputation nous permet d’accéder plus facilement à ce que l’on veut ou qui l’on souhaite rencontrer. Après, c’est encore à nous de convaincre. Nous sommes aujourd’hui le 3e salon français en termes de fréquentation quotidienne. C’est assez hallucinant, car en face de nous, nous avons des industries [ndr : le Salon de l’Agriculture est n°1 et le Mondial de l’Auto n°2]. Tout ça a un impact positif.

Nous avons été la première génération exposée, de manière instantanée, à une culture très différente de la nôtre.Thomas Sirdey

Comment expliquez-vous ce rapport passionnel des Français avec le Japon ?

Le rapport d’amour culturel entre les Français et le Japon existe depuis longtemps. La puissance médiatique est surtout à prendre en compte. De la fin des années 1970 et tout au long des années 1980, nous avons été la première génération à être exposée, de manière instantanée, à une culture très différente de la nôtre.

Les dessins animés y ont largement contribué. On se souvient de l’époque où Goldorak faisait presque 100 % d’audience à la télé en 1978, les circonstances étaient différentes, mais quand même. D’un coup, toute une génération d’enfant s’est retrouvée à aimer la même chose. Tout ça a permis de créer un vrai marché.

C’est aussi une preuve que l’industrie culturelle, en tant que telle, est puissante. Nous n’en sommes qu’un petit rouage.

Japan Expo montre tous les pans de la culture japonaise, mais finalement y a-t-il une chose que vous n’avez encore jamais réussie à «importer» ?

Plein ! Dans nos grands combats, nous avons encore certains artistes qui sont encore intouchables, comme Akira Toriyama, le papa de Dragon Ball.

Il y a également la discipline du Sumo. Faire venir de vrais sumotoris, qui sont au sommet de leur carrière, est aujourd’hui très compliqué.

Envisagez-vous de développer des événements hors les murs, comme d'autres festivals ?

Nous développons davantage les événements complémentaires, notamment autour de concerts de musiques de dessins animées. Nous nous servons des infrastructures présentes sur l’événement afin de produire des contenus pour les soirées spéciales. Mais nous sommes tout à fait prêts à proposer des événements en complément de l’activité journalière du festival.

Qu’ambitionnez-vous d’offrir aux festivaliers pour la prochaine décennie ?

Continuer à avoir un festival qui intéresse les gens et surtout rester passionné. Cela permettra toujours d’offrir une fête à la fois étonnante et «Ovni» (comme on nous le rappelle parfois), mais où on se retrouve dans la communauté.

Sur nos 900 exposants, nous en comptons 500 qui sont des amateurs. Ils ont ici cette opportunité de créer pendant un an et de tout présenter sur place. J’espère sincèrement que Japan Expo continuera encore durant 20 ans et bien plus.

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