Décès de Jean-Pierre Mocky : ses 5 films cultes

Le réalisateur Jean-Pierre Mocky était connu et salué pour son irrévérence. [JOEL SAGET / AFP]

Jean-Pierre Mocky a constitué, tout au long de ses plus de soixante ans de carrière, une imposante filmographie, disparate, mais toujours en phase avec son époque.

Ayant plus ou moins dû composer avec des moyens limités, il s'était fait une spécialité des films tournés et montés en un temps record, sans jamais perdre son regard pointu, voir désenchanté au fil des ans, sur sa profession comme sur notre société. Il avait su par son travail séduire de grands noms du cinéma, acceptant de jouer pour lui pour des cachets souvent dérisoires, comme Bourvil, Catherine Deneuve, Michel Blanc, Jean Poiret, Kristin Scott Thomas ou encore Michel Simon. Comédies, films noirs, satires, il avait écrit et réalisé dans tous les genres. Quelques-uns de ses longs-métrages resteront dans l'histoire du cinéma français.

Un drôle de paroissien (1963)

Le très croyant Georges Lachaunaye est membre d'une grande famille d'aristocrates désormais sans le sou, mais pour laquelle exercer un travail est inimaginable. Ne sachant comment subvenir aux besoins de sa famille, il croit avoir un jour une révélation dans une église. Il doit piller les troncs d'église pour nourrir les siens. Pour l'anecdote, Bourvil, qui joue le rôle principal, accepta d'être payé uniquement au pourcentage sur la recette pour tourner avec Mocky, ravi de pouvoir enfin sortir de ses rôles comiques de grand benêt. Bien lui en fut, puisqu'au lieu des 60000 francs fixes, il en obtint 600000 grâce au succès du film.

l'albatros (1971)

Après avoir tué accidentellement un policier lors d'un rassemblement politique, Stef Tassel s'évade de prison. Il est traqué par toutes les forces de police, et prend en otage Paula, la fille du Président, en campagne pour sa réelection, alors qu'il tient un meeting dans la ville. Il s'échappe avec elle. S'ensuit des manigances entre le père de Paula et son adversaire pour la campagne. Sur fond de corruption et de tractations peu reluisantes, Paula-syndrôme de Stockholm oblige- s'attache à son ravisseur. Lorsqu'elle a vent des manipulations en cours, elle décide de tout faire pour protéger Stef, qui l'aime en retour. Jean-Pierre Mocky réussi à traiter de la politique et de la violences des campagnes électorales au travers d'un film romantique. A noter que la musique du film fut composée par Leo Ferré.

la grande lessive (1968)

Armand Saint-Just, professeur de lettres, est attéré par la bêtise de ses élèves, qu'il met sur le compte de leur consommation servile de la télévision. Il décide alors d'attaquer le problème directement à la source, en neutralisant les ondes, qui sont encore, à cette époque, sous contrôle de l'Etat, sur les toits de Paris. Avec ce film, Jean-Pierre Mocky, qui retrouve Bourvil, poursuit dans la veine du pourfendeur de l'abrutissement des masses. Cette farce qui mise avec brio sur le duo Bourvil-Francis Blanche, va connaitre un grand succès public en France.

a mort l'arbitre ! (1984)

Lors d'un match de football, un arbitre siffle un pénalty qui entraine la défaite de l'équipe local. Les supporters des deux camps s'entredéchirent alors. De chantage en menaces, la course-poursuite est lancée dans la ville. L'arbitre et sa femme tentent d'échapper à la vindicte, tandis qu'un inspecteur, présent lors du match pour contrôler la situation, tente d'éviter le lynchage. Adaptation du roman éponyme de l'écrivain britannique Alfred Draper, le film est porté par Michel Serrault en chef de meute et Eddy Mitchell dans le rôle de l'arbitre. Dénonciation toujours d'actualité du fanatisme des supporters, le film trouvera un dramatique écho un an après, avec le drame du Heysel, ou les affrontements entre fans anglais et italiens causèrent la mort de 39 personnes.

les saisons du plaisir (1988)

Charles et Emmanuelle Van Bert, qui vont célébrer leur 100 ans, vulent enfin profiter de la vie mais doivent trouver un successeur à leur parfumerie. Entourés de leur majordome et leurs petit-enfants, ils profitent de leur séminaire annuel pour le désigner, profitant de la présence de tous les cadres du groupe. Les rivalités et les coups bas vont bon train, et la quête de plaisir semble être partagée par tous. Thème de prédilection du réalisateur, la sexualité est ici omniprésente, traitée avec un humour vache. Chaussé de ses gros sabots, Jean-Pierre Mocky se moquent à travers le sexe de tout et de tout le monde dans cette comédie grivoise. Son casting poids lourd s'en donne à coeur joie : Stéphane Audran, Jean-Pierre Bacri, Richard Bohringer, Judith Godrèche , Jean Poiret, Jacqueline Maillan, Bernadette Lafont, Charles Vanel...

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