Alice Belaïdi : «Je suis une grande fan de «Dirty Dancing» et des films de Spielberg»

A 32 ans, la comédienne enchaîne les projets à la télévision et au cinéma. [© LOIC VENANCE / AFP]

La pétillante Alice Belaïdi fait partie du jury de la révélation du 45e Festival du cinéma américain de Deauville. Et c'est avec un plaisir non dissimulé que l'actrice endosse ce nouveau rôle.

Sous la présidence de l'actrice Anna Mouglalis, et entourée de la productrice Marie-Louise Khondji, ainsi que des comédiens Damien Bonnard et Roman Kolinka, Alice Belaïdi a la lourde tâche d'élire le meilleur film d'auteur.

Jurée, c’est une première pour vous. Est-ce difficile de critiquer un film ?

En réalité, c’est un exercice assez facile. Le film vous touche ou ne vous plaît pas, et les raisons sont souvent assez évidentes. Débattre et attendre l’avis des autres jurés reste la partie que je préfère.

Les prix sont-ils un accélérateur de carrière ?

J’ai reçu le Molière de la révélation théâtrale féminine pour «Confidences à Allah» en 2010. Ce prix a changé ma vie et m’a apportée une crédibilité auprès de la profession. J’ai eu un agent, j’ai passé des castings. Ce prix a été un formidable coup de projecteur. Néanmoins, je ne cours pas après les récompenses. Ce n’est pas l’acteur qui décide.

Quel rapport entretenez-vous avec le cinéma américain ?

Je suis une grande fan, comme tout le monde. Cela évoque mes premiers émois devant «Dirty Dancing» et mes premières larmes devant «E.T.» par le grand Spielberg. Avec mes cousines, à l’adolescence, on se passait en boucle les cassettes VHS. «Il était une fois en Amérique» de Sergio Leone m’a bouleversée, tout comme les films de Martin Scorsese.

Avez-vous un modèle en tant qu'actrice ?

Emma Stone me fascine. Elle sait tout jouer, et peut être belle, très moche, faire rire ou tomber dans l’émotion en seulement deux phrases. Son grand regard m’hypnotise.

De «WorkinGirls» à la récente comédie de Pierre Jolivet, «Victor et Célia», en passant par la série médicale «Hippocrate» dans laquelle vous incarnez une jeune interne, vous n'hésitez pas à changer de registre. Actrice «caméléon», ce terme vous convient-il ?

Je suis d’origine maghrébine et j’ai fait attention à ne pas être cataloguée. En tant qu’actrice, on se doit d’être caméléon, même si je ne pourrai jamais jouer une grande blonde viking, je vous l’accorde. Mais les rôles sont tous à notre portée, que l’on soit arabe, noir, blanc, gros ou maigre. J’ai aussi pu compter sur l’intelligence des réalisateurs avec qui j’ai travaillé et qui se moquaient que j’ai ou non des racines algériennes.

D'origine maghrébine, je ne voulais pas être cataloguée.

Pour cette 45e édition du Festival de Deauville, deux femmes président les jurys (Catherine Deneuve et Anna Mouglalis, ndlr) et les réalisatrices sont nombreuses…

Je trouve cela génial. Un jour, quand nous aurons gagné, on ne parlera plus de ces quotas. On trouvera cela normal qu’il y ait autant de femmes que d’hommes. On ne dit jamais : «Vous vous rendez compte, il y a six réalisateurs en compétition». Malgré le combat de nos mères, nous sommes encore les cobayes d’une cause. Je crois à fond en la jeunesse. La nouvelle génération ne se posera pas ce genre de questions. Chacun aura sa place. C’est peut-être utopique, mais c’est grâce à nos rêves que nous arrivons à bouger les choses. 

Quels sont vos projets à la télévision ou au cinéma ?

Je reprends mon rôle d’Alyson dans la série «Hippocrate» de Thomas Lilti, diffusée sur Canal+. Le tournage débutera en janvier 2020. Nous l’avons retardé d’un mois et demi... mais pour une bonne raison ! Un bébé arrive dans l’équipe et nous voulions que tout le monde soit disponible. Je suis très heureuse de retrouver l’équipe, et les auteurs bossent comme des dingues pour écrire une deuxième saison qui sera aussi réussie que la première. Au cinéma, on me retrouvera prochainement dans le film «Terrible jungle» d'Hugo Benamozig et David Caviglioli, avec Catherine Deneuve.

 
 
 
 

 
 
 
 
 
 
 
 
 

C . EST . QUAND . MÊME . FOU .

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Vous n’aviez pas des envies de réalisation ?

Je planche depuis longtemps sur l’écriture d’un premier film avec ma coscénariste Nadia Lakhdar, et dans lequel je donnerai la réplique à Pio Marmaï. On peine à trouver des financements. Il faudrait peut-être que nous écrivions une comédie plus policée, mais je n’ai pas envie de faire un film pour faire un film. Je veux écrire un long-métrage qui me ressemble. Alors, je préfère attendre. Je suis quelqu’un de tenace.

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