Les pièces qui vont faire parler d'elles à la rentrée 2019

Le théâtre du Châtelet rouvrira ses portes dès septembre, après plus de deux ans de travaux. Il programmera notamment une adaptation des «Justes» de Camus revisité par Abd Al Malik. [LOIC VENANCE / AFP]

Comme tous les ans, la rentrée théâtrale réservera dès septembre son lot de spectacles attendus. De grands classiques en textes contemporains campés par des têtes d’affiche, d’adaptations surprenantes en pièces cultes, panorama des rendez-vous qui vont faire parler d'eux.

A commencer par JoeyStarr qui ne devrait pas manquer de faire sensation en octobre dans la peau d'Elephant man. Plusieurs thrillers feront, eux aussi, les belles heures des scènes parisiennes. De leurs côtés, Niels Arestrup et Philippe Torreton camperont des personnages historiques, du peintre Mark Rothko à Galilée. Sans oublier les classiques à l'instar de Marivaux et Feydeau, respectivement montés par Ladislas Chollat et Zabou Breitman. 

La pièce policière culte d’Agatha Christie «la souricière»

Un Cluedo sur scène. Touche à tout, s’attaquant aussi bien au théâtre ( «Le père», «Les cartes du pouvoir»…) qu’à la comédie musicale («Oliver Twist», «Résiste»...) le metteur en scène Ladislas Chollat s’empare à la rentrée du plus grand succès de la reine du crime : « La Souricière ». Dans cette pièce à l’affiche du West end londonien depuis 67 ans, ce sans interruption et totalisant plus de 27 000 représentations, il tirera les ficelles de cette enquête policière, comme savait si bien les imaginer Agatha Christie. Les ingrédients : un meurtre, une tempête de neige, sept personnages immobilisés dans une pension de famille et un inspecteur, le méticuleux Trotter, venu leur annoncer que le meurtrier est parmi eux. L’affaire ne fait que commencer. Doutes, interrogatoires et coups de théâtre ponctueront, évidemment, cette pièce qui ne manquera pas d'attiser la curiosité.   

A partir du 10 septembre, «La souricière», La pépinière, Paris.  

Zabou Breitman retrouve le maître du vaudeville avec «la dame de chez maxim»

Alors que son film d’animation « Les hirondelles de Kaboul », co-réalisé avec Eléa Gobbe Mevellec et sélectionné à Cannes dans la section « Un certain regard », sortira le 4 septembre prochain, Zabou Breitman retrouve Feydeau au théâtre. Cinq ans après avoir monté «Le système Ribadier» à la Comédie Française, la comédienne mettra cette fois en scène «La dame de chez Maxim». Un vaudeville truculent aux personnages savoureux, campé par Léa Drucker et Micha Lescot.  

A partir du 10 septembre, «La dame de chez Maxim», Théâtre de la Porte Saint-Martin, Paris. 

Philippe Torreton campe «la vie de Galilée»

Après Cyrano, Philippe Torreton se glisse dans la peau de Galileo Galilei. Alors que la Comédie Française donne jusqu’au 21 juillet sa version de « La vie de Galilée », un texte captivant sur l’opposition de la science et du religieux, monté dans un élégant décor mais manquant de passion, Philippe Torreton, ex-pensionnaire de la Maison de Molière, s’attaque lui aussi à cette pièce de Bertolt Brecht à la rentrée. Auréolé du Molière du comédien en 2014 pour «Cyrano de Bergerac», il campera dans cette pièce de troupe, dirigée par Claudia Stavisky, le rôle du célèbre scientifique dont les travaux contredisent l’ordre établi, provoquant une levée de boucliers des autorités religieuses. Un débat passionnant qui oppose la raison à la croyance. 

Du 10 septembre au 9 octobre, « La vie de Galilée », La Scala Paris, Paris. 

Niels Arestrup pour l’amour de l’art avec «rouge»

Niels Arestrup aime le théâtre et les personnages historiques. Après avoir interprété, la saison dernière, Churchill dans «Skorpios au loin», mais aussi l’homme d’état Talleyrand dans «Le souper» en 2015, l’acteur aux trois César («De battre mon cœur s’est arrêté», «Un prophète»,  «Quai d’Orsay») fera sa rentrée dans la peau du célèbre peintre américain Mark Rothko (1903 - 1970) dans « Rouge ». Jouée pour la première fois en France, cette pièce aux 6 Tony awards, traduite en français par Jean-Marie Besset, met en scène le peintre Rothko dans le New York des années 1950, alors que ce grand maître de l’expressionisme abstrait reçoit son nouvel assistant. Une peinture murale lui a été commandée par le célèbre restaurant Four Seasons. En plein préparatifs, le jeune assistant jusqu’au-boutiste, campé par Alexis Moncorgé, remet alors en question l’intégrité artistique de Rothko.

L’occasion pour les deux hommes de se lancer dans un vif débat sur la création et l’art. Celui qui pensait donner une leçon à son jeune assistant pourrait bien aussi être étonné. Pour mémoire, en 2012, l'une des toiles de Mark Rothko - «Orange, Red, Yellow» -  s'était vendue aux enchères 86,88 millions de dollars, pulvérisant à l'époque le record de vente pour un artiste d'art contemporain.   

A partir du 12 septembre, «Rouge», Théâtre Montparnasse, Paris.  

«n'écoutez pas mesdames», Une septième pièce pour Michel Sardou 

Michel Sardou ne sera pas resté longtemps loin de la scène. S’il a fait ses adieux à la chanson en avril dernier, c’est dans la peau du comédien qu’il revient à la rentrée.  Dès septembre, il sera à l’affiche d’une pièce de Sacha Guitry sur la complexité du sentiment amoureux, « N’écoutez pas mesdames ». Un texte qu’il souhaitait jouer depuis longtemps, mis en scène par Nicolas Briançon, qu’il jouera entre autres avec l’excellente Nicole Croisille. 

A partir du 12 septembre, «N’écoutez pas mesdames», Théâtre de la Michodière, Paris.  

Laurent Ruquier toujours au rendez-vous avec «le plus beau dans tout ça»

Tel un métronome, Laurent Ruquier signe en cette rentrée sa treizième pièce. Dans « Le plus beau dans tout ça », cette figure incontournable du PAF met en compétition deux hommes convoitant la même femme. L’un est drôle, attachant et cultivé. L’autre est beau, plein d’assurance et charmeur. Une question reste cependant en suspens : qui est le plus beau dans tout ca ? Une comédie qui réunit un duo inattendu : Régis Laspalès et Pauline Lefèvre, sur une mise en scène de Steve Suissa.

A partir du 13 septembre, «Le plus beau dans tout ça», Théâtre des Variétés, Paris.  

«en garde à vue», Un thriller haletant sur fond de peine de mort

C’est une pièce dans la lignée de l’excellent « Douze hommes en colère » que programme le théâtre Hébertot pour la rentrée avec « Garde à vue ». Après «Misery» de Stephen King la saison dernière, Francis Lombrail adapte cette fois pour la scène le roman de John Wainwright « Brain Wash », porté sur grand écran par Claude Miller sous le titre « Garde à vue », en 1981, avec Lino Ventura, Michel Serrault et Romy Schneider. Dans ce thriller théâtral, le maire d’une petite ville se retrouve pris dans un engrenage infernal et encourt la peine de mort, à la suite d’une affaire de viol et de meurtre. D’abord entendu comme témoin, il est rapidement considéré par la police comme le suspect numéro 1. Suspense et tension seront au rendez-vous de cette pièce interprétée par un casting de choix : Wladimir Yordanoff, Molière du meilleur acteur en 2016 (Qui a peur de Virinia Wolf), l’excellente Marianne Basler et Thibault de Montalembert (Dix pour cent).    

À partir du 17 septembre, « En garde à vue » Théâtre Hébertot, Paris. 

Myriam Boyer se lance en politique dans «Louise au parapluie»

Après avoir interprété avec succès, la saison dernière, le rôle d’Annie - lectrice psychopathe dans l’adaptation scénique du célèbre roman de Stephan King « Misery » - l’excellente Myriam Boyer retrouve les planches en septembre. Avec « Louise au parapluie », comédie qui dépeint la société moderne avec humour, la comédienne change de registre et se lance en politique. La mère de Clovis Cornillac y campera, avec toute la justesse qu’on lui connaît, une femme, qui après avoir travaillé toute sa vie à l’usine, décide de se présenter aux élections municipales. L'objectif : prouver à son fils youtubeur qu’elle aussi a un avis sur la société. Une pièce que la comédienne, lauréate de deux Molières, a présenté cet été à Avignon.

A partir du 10 septembre, « Louise au parapluie », théâtre du Gymnase, Paris.  

 

Guillaume de Tonquédec dans la version scénique d’un classique du cinéma : «7 ans de réflexion»

Après le succès de « La garçonnière », porté à l’écran en 1960 par Billy Wilder, l’irrésistible Guillaume de Tonquedec ne quitte plus l’Amérique des années 1960. Il sera cette saison à l’affiche de « 7 ans de réflexion », pièce de George Axelrod, elle aussi adaptée sur grand écran par Billy Wilder en 1956, avec Marilyn Monroe. Une comédie pleine de drôlerie sur l’adultère et la tentation, qui a donné lieu à l’une des scènes les plus cultes du cinéma Hollywoodien, mettant en scène Marilyn dans sa robe blanche s’envolant au-dessus d’une bouche de métro. Alice Dufour reprendra sur scène le rôle tenu par Norma Jeane Mortenson, et sera la cause de tous les tourments de Guillaume de Tonquedec. 

A partir du 17 septembre, «Sept ans de réflexion», théâtre des Bouffes Parisiens, Paris. 

Didier Bourdon et Audrey Fleurot en couple dans l'adaptation de «Jo» 

La saison dernière, Didier Bourdon opérait son retour sur scène, après neuf d’absence, avec « Les Inséparables », en compagnie de Valérie Karsenti. Le comédien n’aura pas attendu, cette fois-ci, bien longtemps pour réitérer l’expérience. A la rentrée, l’ex-Inconnu partagera l’affiche avec Audrey Fleurot et Dominique Pinon dans l’adaptation de « Jo », pièce de l’australien Alec Coppel, portée sur grand écran, en 1971, avec Louis de Funès, Claude Gensac, Michel Galabru et Bernard Blier dans les rôles-titres. Didier Bourdon y campera l’auteur comique à succès Antoine Brisebard. Pour protéger le passé de sa femme (Audrey Fleurot), qu’un maître chanteur, Jo, menace de dévoiler, il décide de l’éliminer et de cacher son corps dans son jardin. Une entreprise qui va s’avérer bien compliquée et prend une tournure, encore plus rocambolesque, quand l’inspecteur Ducros (Dominique Pinon) vient annoncer que le corps, d’un certain Jo, a été retrouvé loin du domicile du couple. 

Du 19 septembre au 9 novembre, «Jo», théâtre du Gymnase, Paris. 

La série culte «Palace» sur les planches 

Ce sera une première. L’auteur, metteur en scène et directeur du Théâtre du Rond-Point, Jean-Michel Ribes, adaptera, pour la première fois sur les planches, sa série culte «Palace», diffusée pour la première fois en 1988 sur Canal +. Ces saynètes humoristiques délirantes campées à l’époque par la crème des artistes, de Jean Carmet à  Jacqueline Maillan en passant par Darry Cowl, François Rollin, François Morel, Valérie Lemercier qui y a fait ses débuts, mais aussi des invités de marque, à l’instar de Pierre Arditi, Michel Blanc, Bruno Carette, Alain Chabat, Chantal Lauby, André Dussolier, Roger Hanin, Tonie Marshall…  seront interprétées par de nouveaux comédiens, mais dans le même esprit festif et délirant.  

A partir du 18 septembre, « Palace », Théâtre de Paris, Paris.  

JoeyStarr dans la peau d’«Elephant man»

Ce sera assurément l’une des pièces les plus marquantes de la rentrée. Après le succès d’«Eloquence à l’assemblée», le chanteur d’NTM JoeyStarr poursuit son aventure théâtrale dans «Elephant Man». Alors que la pièce culte de Bernard Pomerance, inspirée d’une histoire vraie, sera montée pour la première fois à Paris, JoeyStarr incarnera donc le rôle mythique, de Joseph Merrick, alias Elephant man, au côté de son ex-compagne Béatrice Dalle. Il succède à un autre chanteur dans ce rôle-titre, puisqu’en 1980 David Bowie s’était déjà glissé dans la peau de ce personnage. David Bobée mettra en scène ce texte poignant sur la tolérance, les préjugés et la différence, popularisé au cinéma par David Lynch en 1980.

Du 3 au 20 octobre, «Elephant Man», Folies Bergère, Paris. 

« Les Justes » de Camus selon Abd Al Malik 

Figure engagée, l’auteur, rappeur et poète Abd Al Malik mettra quant à lui en scène, du 5 au 19 octobre, une adaptation musicale des « Justes» d’Albert Camus. Un spectacle créé pour la réouverture du théâtre du Châtelet avec notamment des jeunes de Seine-Saint-Denis. L'artiste qui se passionne pour l'œuvre d'Albert Camus  depuis son adolescence, livrera une adaptation musicale, composée par la chanteuse Wallen et le rappeur Bilal, de cette pièce culte inspirée d’un fait réel : l’attentat perpétré par un groupuscule de terroristes révolutionnaires à l’encontre du Grand-duc Serge en 1905, à Moscou. Un rendez-vous attendu qui oppose avec force discours idéologique et valeurs humanistes.

Du 5 au 17 octobre, «Les justes», Théâtre du Châtelet, Paris. 

«LA FAMILLE ORTIZ», La nouvelle comédie de Jean-Philippe Daguerre 

Après l’immense succès d’«Adieu Monsieur Haffmann», récit poignant qui a décroché quatre Molières en 2018, son auteur Jean-Philippe Daguerre présente sa nouvelle. Avec «La famille Ortiz»,  créée cet été au festival Off d'Avignon, il sonde les secrets de la famille, qui sous sa plume prend la forme d’une tribu extraordinaire, emmenée par un père insubmersible et une mère protectrice. Autour d’eux s’épanouissent leurs trois fils, jusqu’au grain de sable dans l’engrenage. Quel est donc cet événement qui a poussé l’un d’entre eux, à fuir sa famille pour s’exiler au bout du monde et s’inventer une vie ? La femme de cet expatrié familial mène l’enquête. L’occasion pour Jean-Philippe Daguerre de jouer avec l’espace-temps, et d’embarquer son public dans un univers qu’il a voulu mélancolique et loufoque. Une pièce qui a séduit Eric-Emmanuel Schmitt, puisqu'il la programme au Théâtre Rive Gauche en cette rentrée.

LA FAMILLE ORTIZ - Bande Annonce from Captavideo on Vimeo.

A partir du 9 octobre, « La famille Ortiz », Théâtre Rive Gauche, Paris. 

Clémentine Célarié dans un classique de la littérature : « Une vie »

Après « Darius » en 2017, qui lui a valu une nomination aux Molières pour son rôle de mère courageuse et touchante, Clémentine Célarié revient à la rentrée avec un classique de la littérature française : « Une vie », premier roman de Guy de Maupassant. Au théâtre des Mathurins, la comédienne passionnée fait sienne les émotions et la vie de Jeanne, faite de frémissements, de joies mais aussi de désillusions. Un texte qu’elle a elle-même adapté et présenté cet été au festival Off d’Avignon. 

A partir du 4 octobre, «Une vie», Théâtre des Mathurins, Paris. 

Bob Wilson revisite «Le livre de la jungle»

Spectacle inaugural des Nuits de Fourvière, l’adaptation fantaisiste et musicale du «Livre de la jungle» de Rudyard Kipling, par le metteur en scène Bob Wilson et les sœurs CocoRosie, insufflera à cette rentrée une bonne dose de légèreté. Un spectacle sur la tolérance à partager en famille. 

Du 6 octobre au 8 novembre, Jungle Book, Le 13eart, Paris.

Stéphane Bern seul en scène avec «vous n'aurez pas le dernier mot»

Le spécialiste des têtes couronnées montera sur les planches du théâtre Montparnasse, en solo, à la rentrée. Dans « Vous n’aurez pas le dernier mot », il dévoile les dessous de l’Histoire à travers les derniers mots de personnages illustres, de Marie-Antoinette à Kennedy. Dans ce seul en scène historique et décalé signé Diane Ducret, il met en lumière des pans méconnus de leur vie en révélant leurs dernières paroles, quand sonne l’heure de tirer sa révérence. L’occasion d’en apprendre un peu plus, avec humour et esprit, sur Marie-Antoinette, Mata Hari, Kennedy ou encore Flaubert, au regard de ces répliques annoncées comme « grandioses parfois, ridicules souvent ». 

A partir du 14 octobre, « Vous n’aurez pas le dernier mot », Théâtre Montparnasse, Paris.  

Sylvie Testut et Eric Elmosnino dans l’univers de Marivaux avec «l'heureux stratagème»

Huit ans après « L’amour, la mort, les fringues », lectures mises en scène par Danielle Thompson, Sylvie Testut renoue avec les planches dans une comédie de Marivaux, « L’heureux stratagème ». Une comédie sur fond de coup de foudre, reconquête, tromperie, mensonge dans laquelle elle donnera notamment la réplique à Eric Elmosnino, sur une mise en scène de l’inventif Ladislas Chollat.   

A partir du 19 septembre « L’heureux stratagème », Théâtre Edouard VII, Paris. 

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