Nicolas Bedos séduit avec sa «Belle époque» caustique et touchante

Le réalisateur Nicolas Bedos signe un scénario original et surprenant sur le temps qui passe. Le réalisateur Nicolas Bedos signe un scénario original et surprenant sur le temps qui passe. [© VALERY HACHE / AFP]

Avec son deuxième film «La Belle époque», au cinéma ce mercredi 6 novembre, Nicolas Bedos propose un voyage dans le temps réussi. Une comédie romantique qui alterne nostalgie, humour et cynisme.

Victor (Daniel Auteuil), la soixantaine, ne se reconnaît plus dans cette société moderne où l’on préfère passer sa soirée en tête-à-tête avec son téléphone portable plutôt que de discuter, et où les dessinateurs, comme lui, sont virés des journaux qui privilégient les nouvelles technologies au papier.

Cet époux devenu dépressif et râleur, Marianne (Fanny Ardant), psychanalyste pétillante et pleine de vie, ne le supporte plus. A tel point qu’elle entame une liaison avec l'un de ses amis (Denis Podalydès) et, accessoirement, l’un de ses patients au cabinet.

Face à cette crise parentale, leur fils tente de trouver un stratagème pour redonner un peu de piquant à leur vie de couple. Il demande à son pote Antoine (Guillaume Canet) de lui venir en aide. Cet entrepreneur brillant propose par le biais de sa société, de se replonger à l’époque de son choix. Grâce à des acteurs  - plus ou moins performants -, une mise en scène millimétrée et des décors en carton-pâte, il tente de reconstituer à la perfection la période rêvée du client... Une offre qu'il soumet à Victor.

Alors que la plupart des «invités» choisissent la vie de château à Versailles avec Marie-Antoinette ou une soirée arrosée avec Ernest Hemingway, Victor, lui, demande de revivre le 16 mai 1974, date à laquelle il a rencontré sa femme quand on fumait encore dans les bistrots et que les pantalons pattes d’eph faisaient fureur. Pour jouer le rôle de Marianne, Antoine convainc son ex (Doria Tillier), une comédienne avec qui il entretient une relation «compliquée».

Après «Monsieur et Madame Adelman» (2017), Nicolas Bedos s’interroge de nouveau sur le temps qui passe et la lassitude de l’être cher. Une comédie caustique et drôle, empreinte de nostalgie, qui offre à Fanny Ardant et Daniel Auteuil l’un de leurs plus beaux rôles. Les récits s’entremêlent dans une mécanique parfaitement maîtrisée, et les répliques percutantes suscitent parfois l’hilarité. Nicolas Bedos va même jusqu’à s’auto-parodier quand, dans cette scène où un collègue d’Antoine demande s’il se prend pour Dieu, celui-ci – double du réalisateur – répond : «Non, je suis le scénariste». Un clin d’œil à son attitude jugée par certains provocatrice et prétentieuse quand il officiait sur les plateaux de télé en tant que chroniqueur.

Très bien accueilli lors de sa présentation hors compétition sur la Croisette en mai, pour laquelle de nombreux amis du fils de Guy (Marion Cotillard, Jean Dujardin, Gilles Lellouche…) avaient fait le déplacement, ce long-métrage pourrait connaître un succès populaire comparable à celui du «Grand Bain».

À suivre aussi

Mieux vaut éviter de regarder les films dans l'ordre de leur sortie en salle.
Cinéma Marvel : dans quel ordre chronologique faut-il regarder tous les films ?
Cinéma Les 5 choses à savoir sur la Reine des Neiges 2
Cinéma On a vu «La Reine des Neiges 2»... et cela ne nous a pas laissés de glace

Ailleurs sur le web

Derniers articles