Kad Merad, acteur du film «Une belle équipe» : «On m'appelle le "Footix"»

Dès l'âge de 3 ans, le comédien, aussi fan de rugby, se rendait au stade avec son père.[© Anne-Christine POUJOULAT / AFP]

A l'affiche de la comédie «Une belle équipe» de Mohamed Hamidi, au cinéma ce mercredi, Kad Merad incarne un entraîneur de foot qui dirige une équipe de filles. CNEWS a rencontré l'acteur pour parler avec lui du tournage, de sa passion pour le ballon rond, et de son prochain projet au théâtre.

A la suite d'une bagarre, l'équipe de foot masculine de la petite commune de Clourrières est mise à pied. Pour rester dans la course, le coach Marco (Kad Merad) n'a pas d'autre choix que de faire appel à des femmes pour poursuivre le championnat et ainsi terminer la saison.

A la surprise générale, les candidates, jouées notamment par Céline Sallette, Laure Calamy et Sabrina Ouazani, sont nombreuses. Et toutes délaissent avec joie leurs maris pour chausser les crampons et affronter des hommes. Et cela malgré les railleries des uns et des autres. Plus que de sport, il est question de féminisme dans ce nouveau film de Mohamed Hamidi («La vache», «Jusqu'ici tout va bien»).

Comment pourriez-vous présenter Marco, votre personnage ?

C’est un bonhomme qui, comme plein de gens en France, donne de son temps à un petit club de province, et passe ses week-ends à aider des gamins, à leur apporter des ballons et des maillots, et à les supporter. Marco est proche de son environnement. Il a une passion pour le foot, sport qu’il a lui-même pratiqué par le passé, mais qu’il a dû oublier à cause d’un accident. Il aurait pu faire une carrière professionnelle. Le sort en a décidé autrement. Il a donc reporté sa passion sur les autres. C’est un type assez ouvert pour accepter que les femmes se mettent à jouer au foot alors que le milieu reste macho. «Une belle équipe» est aussi un film sur la place de la femme dans la société et dans le couple. Quand l’épouse part s’entraîner le soir, le mari doit s’occuper des enfants et des tâches ménagères. La charge mentale passe d’un camp à un autre.

Comment s’est déroulé le tournage ?

Cela s’est très bien passé. Nous étions en communion. Les filles étaient toutes très motivées. A l’exception de Sabrina Ouazani, elles n’y connaissaient rien en matière de ballon rond avant le tournage, et ont appris à jouer tout en s’amusant. A tel point que quand il fallait qu’elles jouent la défaite, elles ne voulaient pas plier. C’est devenu une vraie équipe.

1611786.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx_5e18e77ca39ef.jpg© Gaumont Distribution

A quand remonte votre passion pour le ballon rond ?

Mon père était joueur de foot dans un petit club. Il m’a emmené sur les terrains dès l’âge de 3 ou 4 ans. A l’époque, on vivait du côté de Saint-Etienne. Il y avait une grande ferveur pour les Verts. C’était énorme. Cela marque les esprits. Ensuite, j’ai joué au rugby.

Pourquoi le rugby plutôt que le football?

J’adore l’ambiance, c’est une autre forme de solidarité. Ce sont des valeurs différentes avec davantage de fair-play. Dans le football, je n’aime pas les réactions extrêmes de certains supporters, le chauvinisme absolu. Je suis pour le «beau sport». Quand je vois les antagonistes qui existent entre les clubs de certaines villes et qui peuvent mener jusqu’à de la violence, cela me gêne. Dans certains pays, on peut aller jusqu’à tuer un arbitre parce qu’il a pris une mauvaise décision. Ce n’est pas le cas en France, heureusement.

Quel est votre club de cœur ?

Je ne peux pas répondre… J’ai grandi à Saint-Etienne, mon père a le cœur «Vert», donc par filiation, je reste un Stéphanois. J’ai habité à Marseille, donc je soutiens l’OM. Et je tourne beaucoup dans le Nord, donc j’adore le LOSC. On m’appelle le «Footix».

Comme Marco, seriez-vous pour des matchs mixtes au football ?

Ce serait une très belle idée. Ce n’est pas encore possible aujourd'hui car les fédérations sont figées. Il faudrait créer des tournois. S’il y a bien un sport qui peut être pratiqué aussi bien par des hommes que par des femmes, c’est bien le foot. On l’a vu dernièrement avec la Coupe du monde féminine de football. Quand je les vois sur le terrain, j’ai l’impression que ce sont les garçons mais sans le cinéma.

000_n6790_5e18ea2863056.jpgL'acteur en 2017 au stade Vélodrome, à Marseille. [© BORIS HORVAT / AFP]

Où étiez-vous pour la victoire de l’équipe de France en 1998 ?

J’ai eu la chance d’être au Stade de France et d’assister à la victoire des Bleus depuis les tribunes. J’avais acheté mes places avant le début de la compétition. France-Brésil, c’est pas mal ! J’ai pu voir le sacre de Zizou. Un grand moment.

Et en 2018, pour la deuxième étoile ?

J’étais chez moi, à Paris, devant ma télé. Comme des millions de Français, j’étais évidemment très content. Cette génération de joueurs, notamment Kylian Mbappé, mérite ce titre de champion du monde. Il aura quand même fallu attendre vingt ans.

Vous jouez encore au foot ?

Plus maintenant. Mes genoux sont trop fatigués. Je fais un peu de vélo et de natation. Je peux taper dans le ballon avec des copains, mais je ne peux plus assurer un match. C’est violent le foot, vous savez !

Quels sont vos projets ?

Je commence dans quelques jours la mise en scène de la pièce «Amis» d’Amanda Sthers et de David Foenkinos, qui se jouera au théâtre de la Michodière, à Paris. Avec Claudia Tagbo, Lionel Abelanski et moi-même, nous serons sur scène du 3 mars au 3 mai. Je me lance donc dans un nouveau défi. S’emparer d’un texte et le faire vivre, c’est intéressant. Je participe aussi aux concerts des «Restos du Cœur» à l’AccorHotels Arena à partir du 15 janvier, et j’ai d’autres projets au cinéma…

Hyperactif, non ?

Je me repose au boulot. Mon métier me passionne. Je ne peux pas me plaindre.

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