Après son documentaire «John Lennon - The Last Interview» présenté au 79e Festival de Cannes, Steven Soderbergh revient en salles ce mercredi avec «The Christophers». Un huis clos qui séduit.
Entre deux départs à la retraite annoncés, Steven Soderbergh reprend la caméra. Pour signer un thriller d’espionnage, «The Insider», en 2025, avec Cate Blanchett et Michael Fassbender ; pour tourner le documentaire «John Lennon – The Last Interview» présenté en séance spéciale lors du 79e Festival de Cannes ; ou pour signer «The Christophers», qui sort au cinéma ce mercredi 10 juin.
Le lauréat de la Palme d’or en 1989 pour «Sexe, mensonges et vidéo», qui a par la suite navigué entre différents genres, entre blockbusters hollywoodiens comme «Ocean’s Eleven» ou «Erin Brockovich, seule contre tous» et thrillers horrifiques tels que «Presence», s’intéresse là à Julian Sklar, une ancienne figure du pop art londonien qui, à plus de 80 ans, vit reclus au milieu de ses œuvres. Lori Butler, une artiste trentenaire et restauratrice de tableaux, se présente chez lui pour devenir son assistante. En réalité, elle est envoyée par les enfants de Julian, Sally et Barnaby, afin d'achever dans le plus grand secret huit toiles que leur paternel n’a jamais souhaité terminer. Les héritiers voient là le moyen de remporter le jackpot au décès du peintre.
Mais que cache cette série de peintures baptisée «The Christophers» ? Et que renferme cette maison, personnage à part entière du film, où le misanthrope en fin de vie réside ? Entre la faussaire et l’homme acariâtre qui qualifie sa fille de «hyène» et son fils de «charognard», commencent alors de longs échanges sur la définition de l’art, la place du créateur, la contrefaçon et cette capacité à reprendre les pinceaux après s’en être éloigné... plus ou moins volontairement.
Un face-à-face passionnant entre deux êtres que tout oppose tant par l’âge que par les origines, rythmé par des réflexions acerbes, parfois drôles, et magistralement interprété par l’acteur britannique de 87 ans, Ian McKellen, éternel Gandalf dans la saga «Le seigneur des anneaux», et Michaela Coel, actrice et réalisatrice à l’origine de la série «I may destroy you».