Ralph Lauren lâche les rênes de son empire de la mode

Ralph Laurent salue le public à la fin d'un défilé à New York le 8 février 2008 [NICHOLAS ROBERTS / AFP/Archives] Ralph Laurent salue le public à la fin d'un défilé à New York le 8 février 2008 [NICHOLAS ROBERTS / AFP/Archives]

Le créateur Ralph Lauren, l'un des grands noms de la mode américaine, va quitter la direction générale du groupe qui porte son nom après presqu'un demi-siècle à la barre, la fin d'une époque même s'il va conserver des fonctions.

Il sera remplacé, en novembre, par Stefan Larsson, un Suédois âgé de 41 ans qui était jusqu'ici président de la chaîne d'habillement Old Navy, filiale du groupe Gap sur le segment des prix bas, a indiqué mardi la société dans un communiqué.

Agé de 75 ans, Ralph Lauren ne va pas quitter pour autant sa société: il va demeurer président exécutif et responsable de la création.

"Mon rôle est de penser en permanence à l'avenir de cette société et à la manière de la faire avancer", a expliqué le natif de New York, cité dans le communiqué.

Il a loué les qualités de Stefan Larsson, sa "sensibilité", son "honnêteté" et son "authenticité", le présentant comme quelqu'un d'"exceptionnellement talentueux".

M. Larsson a dynamisé les ventes d'Old Navy, dont le chiffre d'affaires a crû sans discontinuer depuis son arrivée, il y a trois ans. Avant cela, il avait passé 15 ans au sein du groupe suédois de prêt-à-porter H&M.

Son départ est un coup dur pour le groupe Gap, dont la marque éponyme et l'enseigne Banana Republic sont à la peine, contrairement à Old Navy.

"Aujourd'hui, tous les éléments sont en place pour permettre à notre activité de connaître une croissance pérenne", a ajouté Ralph Lauren.

Le créateur aux cheveux poivre et sel et à l'allure décontractée laisse à Stefan Larsson les clefs d'une maison qu'il a construit de toutes pièces.

En 2014, Ralph Lauren a réalisé un chiffre d'affaires de 7,6 milliards de dollars, et un bénéfice net de 702 millions de dollars.

En cinq ans, les ventes du groupe ont augmenté de moitié (+53%), tout comme le bénéfice net (+46%).

- Plus de dix marques -

La société se décline désormais sous plus de dix marques différentes et affichait, fin 2014, plus de mille points de vente dans le monde, dont 466 magasins détenus en propre.

Mais les derniers résultats financiers ont déçu et l'action a perdu 43% de sa valeur durant les douze derniers mois.

La dernière collection présentée par Ralph Lauren à New York le 17 septembre 2015 [Trevor Collens / AFP/Archives]
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La dernière collection présentée par Ralph Lauren à New York le 17 septembre 2015

Ralph Lauren gagnait 3,99% à 108,04 dollars vers 00H00 GMT dans les échanges électroniques d'après-clôture à Wall Street tandis que Gap chutait de 3,04% à 29,30 dollars.

Elevé dans une famille juive orthodoxe du quartier new-yorkais du Bronx, Ralph Lifshitz, de son vrai nom, est un autodidacte de la mode, qui n'a jamais fréquenté d'école de design et tout appris sur le terrain.

En 1967, commercial pour un fabricant de cravates, il se lance seul et crée sa propre ligne sous la marque Polo. Il rompt avec la sobriété de l'époque et invente des cravates larges, avec des motifs imprimés, souvent des joueurs de polo.

Il séduit plusieurs grands magasins new-yorkais et finit par ouvrir ses propres boutiques.

Son aspiration, c'est d'abord celle d'être lui-même élégant, après avoir passé son enfance à rêver de vêtements qu'il ne pouvait s'offrir.

Au fil des années, il contribue à créer le style américain, mélange d'élégance et de décontraction. Il invente une imagerie, celle de jeunes gens d'une aristocratie fantasmée, adeptes de la vie au grand air, dont le style classique est teinté de fantaisie et de couleur.

Il donne ses lettres de noblesse au style "preppy", directement dérivé du néo-classissisme des étudiants des plus prestigieuses universités américaines.

La collection printemps 2016 de Ralph Laurent présentée à New York le 17 septembre 2015 [Jp Yim / GETTY IMAGES NORTH AMERICA/AFP/Archives]
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La collection printemps 2016 de Ralph Laurent présentée à New York le 17 septembre 2015

"Je n'avais pas de vision dans le sens: c'est là que je veux aller. La vision que j'avais, c'était de savoir ce que j'aimais faire", confiait-il dans un entretien à la célèbre présentatrice Oprah Winfrey.

"Je ne me suis jamais dit: je vais être le plus grand. Je voulais simplement faire mon truc", a-t-il poursuivi.

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