Burkina: le chef des putschistes et un ancien ministre de Compraoré inculpés "d'attentat à la sûreté de l'Etat"

Le général Gilbert Diendéré, le 17 septembre 2015 au palais présidentiel à Ouagadougou [AHMED OUOBA / AFP/Archives] Le général Gilbert Diendéré, le 17 septembre 2015 au palais présidentiel à Ouagadougou [AHMED OUOBA / AFP/Archives]

Le général Gilbert Diendéré, leader du putsch avorté du 17 septembre au Burkina Faso, et l'ancien ministre des Affaires étrangères Djibrill Bassolé ont été inculpés mardi "d'attentat à la sûreté de l'Etat", a appris l'AFP de sources judiciaires concordantes.

Onze chefs d'inculpation dont "attentat à la sûreté de l'Etat", "collusion avec des forces étrangères pour déstabiliser la sécurité intérieure", "meurtre", "coups et blessures volontaires", "destruction volontaire de biens" ont été retenus contre les deux hommes, de sources proches des dossiers.

Tous deux ont été placés sous mandat de dépôt, selon ces sources qui ont souhaité conserver l'anonymat.

Le général Diendéré, ancien droit de l'ex-président Blaise Compaoré, s'était rendu de lui-même à la justice le 1er octobre, après s'être réfugié pendant deux jours chez le Nonce apostolique à Ouagadougou. Chef des putschistes, il avait à plusieurs reprises promis de se mettre à la disposition de la justice.

M. Bassolé, figure du régime Compaoré dont il a dirigé la diplomatie, qui a été arrêté le 29 septembre, nie en revanche toute implication dans le putsch, comme l'avait signalé mercredi denier son avocat parisien Me Alexandre Varaut.

Le Conseil constitutionnel avait rejeté début septembre la candidature de M. Bassolé à la présidentielle prévue le 11 octobre, en application d'une loi électorale très controversée, votée en avril, rendant "inéligibles" tous ceux qui ont soutenu un "changement inconstitutionnel" (référence au projet de loi de révision de la Constitution qui devait permettre à Compaoré de se maintenir au pouvoir, projet qui avait finalement été fatal au régime).

Une des principales revendications des putschistes portait sur des élections "inclusives", c'est-à-dire qui autorisent les candidatures d'anciennes personnalités du régime Compaoré.

L'ancien ministre et le général Diendéré font partie des 14 personnes dont les avoirs ont été gelés par la justice, qui a aussi bloqué ceux de quatre partis, dont le Congrès pour la Démocratie et le Progrès (CDP), le parti de Compaoré.

Le général Diendéré avait pris les rênes du pouvoir le 17 septembre, au lendemain de la prise d'otage du président et de ministres de transition par le régiment de sécurité présidentielle, unité d'élite de l'armée et ancienne garde prétorienne de Compaoré. Il a rendu le pouvoir au président de transition Michel Kafando le 23 septembre, après le constat d'échec du putsch face à une forte mobilisation populaire.

Dix personnes ont été tuées lors du coup d'Etat, selon le bilan officiel donné par le gouvernement.

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