Pologne : les conservateurs catholiques favoris des législatives

Jaroslaw Kaczynski à la tête du parti conservateur Droit et Justice, le 22 octobre 2015 à Varsovie [JANEK SKARZYNSKI / AFP/Archives] Jaroslaw Kaczynski à la tête du parti conservateur Droit et Justice, le 22 octobre 2015 à Varsovie [JANEK SKARZYNSKI / AFP/Archives]

Les Polonais votent dimanche pour renouveler leur Parlement, dans un scrutin qui devrait marquer l'arrivée au pouvoir des conservateurs catholiques et populistes de Jaroslaw Kaczynski, après huit ans de gouvernements libéraux de centre-droit.

La question majeure de ces élections en Pologne, poids lourd économique d'Europe centrale, est de savoir si la formation traditionaliste et eurosceptique Droit et Justice (PiS) de M. Kaczynski recevra un soutien suffisant pour gouverner seule, et quels seront les autres partis représentés dans le futur parlement: ils peuvent être entre deux et sept, selon les sondages.

Surfant sur une vague de promesses populistes et la peur des migrants, le PiS est crédité d'une avance d'au moins dix points sur les libéraux centristes de la Plateforme civique (PO), usés par le pouvoir et "abandonnés" il y a un an par leur leader charismatique Donald Tusk, aujourd'hui président du Conseil européen.

Une campagne dynamique, quoiqu'ayant aussi recours à des arguments xénophobes, et de nombreuses promesses aussi alléchantes que peu réalistes - baisse des impôts et de l'âge de la retraite, augmentation des allocations familiales - expliquent cette avance.

"La PO a fait suffisamment de mal", déclare à l'AFP Teresa, une retraitée du centre de Varsovie, faisant référence à l'augmentation de l'âge de la retraite votée par les libéraux. Et "le PiS promet des taxes sur les supermarchés à capitaux étrangers et sur les banques", se réjouit-elle.

Jaroslaw Kaczynski, le frère jumeau du président Lech Kaczynski, tué en 2010 dans un accident d'avion à Smolensk (Russie), a déjà l'avantage d'avoir à la tête de l'Etat son homme, Andrzej Duda, élu en mai.

Acclamés par leurs partisans au cri "Damy rade!" ("Ca ira!"), Jaroslaw Kaczynski et sa candidate au poste de Premier ministre Beata Szydlo n'ont pas cessé d'expliquer aux électeurs qu'ils avaient à choisir entre "le bon changement" incarné par le PiS et le "chaos" qu'entraînerait inévitablement un gouvernement de coalition de leurs adversaires, dès le départ en conflit avec la présidence.

La présence dans la course de plusieurs petits partis, dont des nouveaux venus sur l'échiquier politique, risque d'empêcher le PiS d'atteindre son objectif de plus de 230 sièges à la Diète qui en compte 460, et de plus de la moitié des 100 sénateurs qui seront aussi élus dimanche.

Ces petites formations - la coalition de la Gauche unifiée, le parti anti-système du rockeur Pawel Kukiz, surgi de nulle part lors de l'élection présidentielle de mai dernier, le parti néolibéral Nowoczesna (Moderne), celui de l'eurodéputé ultralibéral Janusz Korwin-Mikke et le parti paysan PSL, allié actuel des libéraux - évoluent tous dans la zone dangereuse autour du seuil d'éligibilité, 8% pour les coalitions et 5% pour les partis.

République confessionnelle ?

Aussi les hypothèses des politologues vont-elles d'un gouvernement majoritaire ou minoritaire monocolore du PiS à une coalition de ce dernier avec un partenaire non identifié (le mouvement Kukiz'15 ou le parti paysan PSL sont le plus souvent mentionnés au conditionnel) et jusqu'à une coalition hétéroclite de la PO avec des partenaires de droite et de gauche, unis par le seul désir d'empêcher le retour de M. Kaczynski au pouvoir.

Les adversaires de M. Kaczynski évoquent le souvenir de la période 2005-2007 où il était au pouvoir, marquée par des rapports difficiles avec Bruxelles, Berlin et Moscou, au nom de la défense des intérêts nationaux, ainsi que par des tensions sociales et une "décommunisation" controversée, souvent jugée désastreuse, de l'appareil de l'Etat, notamment des services spéciaux et des médias publics.

D'autres craignent que, proche sur bien des questions de société de l'Eglise catholique, le PiS ne durcisse encore la sévère limitation de l'avortement en vigueur, rende plus difficile la fécondation in vitro et renforce la place du catéchisme dans l'éducation.

La Première ministre sortante Ewa Kopacz est allée jusqu'à mettre en garde les Polonais contre l'avènement d'une "république confessionnelle".

Les bureaux de vote ouvrent à 07h00 (0600 GMT) et fermeront à 21h00 (20h00 GMT). Les premiers résultats des sondages effectués à la sortie des bureaux suivront rapidement. Les résultats officiels donnant les pourcentages obtenus par les différentes listes ne viendront que lundi, et le nombre de leurs mandats mardi, selon la commission électorale.

 

Vous aimerez aussi

Euro dames de hand: cap sur Paris et les Pays-Bas pour les Bleues
Attaque Fusillade à Strasbourg : la sécurité des marchés de Noël renforcée
Terrorisme Fusillade à Strasbourg, en direct : au moins deux morts, la police lance un appel à témoins pour retrouver le suspect

Ailleurs sur le web

Derniers articles