Sarkozy repart en campagne en s'efforçant de prendre de la hauteur

Nicolas Sarkozy à Schiltigheim, le 25 novembre 2015 [PATRICK HERTZOG / AFP] Nicolas Sarkozy à Schiltigheim, le 25 novembre 2015 [PATRICK HERTZOG / AFP]

Nicolas Sarkozy est reparti en campagne pour les régionales mercredi soir en Alsace, où il s'est efforcé de prendre de la hauteur, affirmant qu'après les attentats du 13 novembre, le temps n'était "pas aux arrière-pensées et aux manœuvres" politiciennes.

Le président des Républicains, qui avait très vivement critiqué l'exécutif juste après les attentats, animait son premier meeting depuis les sanglants événements, à Schiltigheim (Bas-Rhin), en soutien à Philippe Richert, actuel président d'Alsace, la seule région dirigée par la droite, et candidat à la présidence du Grand-Est (Alsace-Lorraine-Champagne-Ardenne).

Au début de son discours, où l'on reconnaissait la patte d'Henri Guaino, son ancien "conseiller spécial" à l'Elysée, présent, l'ex-chef de l'Etat a fait respecter par les quelque 2.000 personnes présentes, selon les organisateurs, une minute de silence pour les victimes des attentats de Paris et du Stade de France (130 morts, plus de 350 blessés).

"Nous ne servirons pas la France en mettant la démocratie entre parenthèses, chacun doit s'imposer un effort, sur lui -même", a affirmé M. Sarkozy. "Le temps n’est pas aux arrière-pensées, aux calculs, aux manoeuvres. Il y a trop de douleurs pour penser aux manoeuvres. Restons au-dessus".

Partisan de la "solidarité" avec le gouvernement après les attentats - terme qu'il préfère à "l'unité nationale" prônée par Alain Juppé, son concurrent à la primaire pour 2017 - M. Sarkozy a rappelé qu'il approuvait l'état d'urgence décrétée par le président François Hollande. "J’approuve la déchéance de nationalité pour les binationaux (...) j’approuve les pouvoirs exceptionnels (...) pour débusquer les assassins, ceux qui les manipulent, ceux qui les arment", a-t-il lancé.

Mais la "solidarité" n'implique pas à ses yeux d'abandonner son rôle d'"opposant", alors même que les attentats pourraient modifier la donne pour les régionales.

Nicolas Sarkozy (g) et Philippe Richert le 25 novembre 2015 à Schiltigheim [PATRICK HERTZOG / AFP]
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Nicolas Sarkozy (g) et Philippe Richert le 25 novembre 2015 à Schiltigheim

Créditée par les sondages, avant les attentats, d'une victoire en décembre, la droite se voit concurrencée par le Front national, surtout dans les deux régions du Nord et du Sud-est ou Marine Le Pen et Marion Maréchal-Le-Pen sont candidates. De leur côté, les socialistes entendent profiter de la forte hausse de popularité de M. Hollande depuis le 13 novembre (de 7 à 17 point selon les enquêtes).

- "Examen de conscience" -

"Je veux dire avec gravité que nous avons déjà trop attendu pour mettre en place l’état d’urgence, trop attendu pour donner à la police et à la gendarmerie les moyens de démanteler les trafics d’armes de guerre, pour entraver la libre-circulation des terroristes (...) Trop attendu pour tirer dans tant de domaines les leçons des attentats du mois de janvier", a affirmé M. Sarkozy. "Ces attentats auraient dû nous conduire à agir plus tôt", a-t-il martelé.

Cependant, si "la réponse au terrorisme est d’abord sécuritaire - et le gouvernement de ce point de vue s’est engagé dans la bonne direction - s’en contenter serait une grave erreur car dans ce combat nos faiblesses ne sont pas que sécuritaires. Il y a tant de domaines où la République a trop reculé", a-t-il regretté.

"Elle ne peut plus à l’avenir se le permettre. Ceux qui nous frappent, savent que nous sommes vulnérables. Ils savent que la société française, que les sociétés européennes, occidentales sont fragiles parce qu’un profond malaise les étreint", a-t-il également mis en garde.

Selon M. Sarkozy, "ce malaise est dans l’école, dans la culture, dans la justice, dans l’économie, dans la politique…".

"La politique de la table rase a fini par mettre en danger la démocratie elle-même et par détruire chaque jour un peu plus notre modèle républicain", a-t-il souligné, mettant notamment en cause "le communautarisme".

"La tragédie nous oblige collectivement à un effort de lucidité et à un véritable examen de conscience à propos de l’affaiblissement de la République. Nous avons une opportunité historique de reconstruire une Nation fraternelle (...) Ce rendez-vous, nous n’avons pas le droit de le manquer", a-t-il conclu.

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