Venezuela : l'opposition devra batailler pour être un contre-pouvoir face au chavisme

Jesus "Chuo" Torrealba, porte-parole de la coalition de la Table de l'unité démocratique lors d'une conférence de presse à Caracas le 7 décembre 2015 [JUAN BARRETO / AFP] Jesus "Chuo" Torrealba, porte-parole de la coalition de la Table de l'unité démocratique lors d'une conférence de presse à Caracas le 7 décembre 2015 [JUAN BARRETO / AFP]

L'opposition a promis lundi d'affronter la crise économique frappant le Venezuela, au lendemain de sa victoire historique aux législatives, mais si le président Nicolas Maduro semble reconnaître sa défaite, elle devra batailler pour s'affirmer en tant que contre-pouvoir face au chavisme.

Après avoir remporté la majorité absolue au parlement, pour la première fois en 16 ans, la coalition de la Table de l'unité démocratique (MUD) "doit se réinventer" pour "faire face à la crise", a reconnu son porte-parole, Jesus Torrealba."Nous avons une immense responsabilité", a-t-il ajouté, saluant le "tsunami électoral" de dimanche. Pays dont les réserves pétrolières sont les plus grandes du monde, le Venezuela a vu son économie s'effondrer ces derniers mois au même rythme que les cours du brut. Pénuries au quotidien et inflation galopante (200% selon les experts) suscitent un mécontentement populaire qui a profité à l'opposition.

Dimanche, au terme d'une journée électorale calme malgré les craintes de violences, la MUD a obtenu 99 des 167 sièges du Parlement monocaméral, contre 46 pour le Parti socialiste unifié du Venezuela (PSUV), qui en détenait 100 jusqu'alors. L'attribution de 22 sièges restait incertaine.Dans l'attente des résultats complets, l'opposition assurait lundi compter 112 députés dans la nouvelle Assemblée qui sera installée le 5 janvier, soit la majorité des deux tiers avec à la clé d'importantes prérogatives, notamment celle de mettre en place une Assemblée constituante et celle de destituer les magistrats du Tribunal suprême de justice.

Cette victoire inédite a été saluée au plan international, le chef de la diplomatie européenne Federica Mogherini la qualifiant de "vote pour le changement" et le secrétaire d'Etat américain John Kerry soulignant "l'irrésistible désir de changement exprimé par l'électorat vénézuélien".Satisfait, le président-élu argentin Mauricio Macri (libéral) est revenu sur sa décision de demander l'exclusion provisoire du Venezuela du Mercosur, le marché commun sud-américain.

Outre l'absence de violences, l'autre surprise de la soirée électorale a été l'apparente docilité du président Nicolas Maduro (élu en 2013 après la mort de son prédécesseur Hugo Chavez), qui quelques jours plus tôt promettait pourtant qu'il "n'abandonner(ait) jamais la révolution" socialiste bolivarienne.

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