Réunions de crise pour la coalition de Merkel après un nouveau coup dur

La chancelière allemande Angela Merkel, après une déclaration sur la crise au sein de sa coalition, le 2 juin 2019 à Berlin  [Tobias SCHWARZ / AFP] La chancelière allemande Angela Merkel, après une déclaration sur la crise au sein de sa coalition, le 2 juin 2019 à Berlin [Tobias SCHWARZ / AFP]

Les partis de la coalition de la chancelière allemande ont prévu des réunions de crise lundi, le gouvernement se trouvant en péril après de mauvais résultats aux Européennes et la démission de la cheffe des sociaux-démocrates.

Les rencontres séparées des chrétiens-démocrates d'Angela Merkel (CDU) et du SPD doivent s'achever dans l'après-midi. Elles étaient annoncées depuis la semaine dernière pour faire un bilan du scrutin européen du 26 mai qui a vu les deux partis plonger à des plus bas historiques.

Ces conclaves ont pris de l'importance avec le départ inattendu dimanche d'Andrea Nahles de la tête d'un parti social-démocrate déboussolé.

La chancelière a promis dimanche la stabilité de la coalition, assurant que son gouvernement allait "continuer (le) travail avec tout notre sérieux et surtout notre sens des responsabilités".

Battu sèchement aux législatives de 2017 et humilié aux Européennes, le SPD, relégué à 15% derrière les Verts, est cependant en pleine crise existentielle. Certains réclament depuis des mois une cure de jouvence dans l'opposition et un virage à gauche quitte à faire tomber Mme Merkel avant la fin de la législature en 2021.

- Crise extrêmement sérieuse -

Mais la décision est compliquée par les absences de programme et de figure incontestée pour prendre la tête du parti, ainsi que la crainte d'un résultat catastrophique en cas de législatives anticipées.

Andrea Nahles, le 21 janvier 2018 à Bonn [SASCHA SCHUERMANN / AFP/Archives]
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Andrea Nahles, le 21 janvier 2018 à Bonn

"Ce parti vit une crise extrêmement sérieuse", a reconnu Malu Dreyer, une vice-présidente de la formation.

Jusqu'ici, le plus vieux parti d'Allemagne avait prévu de trancher la question du maintien au gouvernement en septembre, à mi-mandat et autour de scrutins régionaux qui s'annoncent difficiles dans trois régions de l'ex-Allemagne de l'Est.

Dans ces Länder, l'Alternative pour l'Allemagne (AfD, extrême droite) espère dépasser la CDU de Merkel, et réduire les sociaux-démocrates à la portion congrue.

Les chrétiens-démocrates sont eux aussi mal en point. La dauphine présumée de la chancelière, Annegret Kramp-Karrenbauer est ouvertement critiquée depuis les Européennes, d'autant qu'elle a multiplié les faux pas, s'aliénant notamment d'influents YouTubeurs juste avant ce scrutin.

Si, comme Mme Merkel, elle a déclaré sa fidélité à la GroKo - la coalition au pouvoir - d'autres sont moins affirmatifs.

"Si on n'avance pas avec le SPD, alors on devrait en tirer des conclusions et se demander si ça a encore du sens de poursuivre avec la grande coalition", a jugé Carsten Linnemann, chef-adjoint des députés du centre droit (CDU-CSU), dans un entretien au groupe de presse régional RND.

- Ascension des Verts -

Car sur les questions sociales --retraites, indemnisation chômage--, CDU et SPD accentuent leurs différences depuis des mois. S'y ajoute la lutte contre le changement climatique, un domaine où l'Allemagne est à la traîne mais qui est devenu cher aux électeurs, comme l'illustre le succès des Verts aux Européennes.

Le Parlement allemand [ / AFP]
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Le Parlement allemand

Des législatives anticipées dans de telles conditions seraient une première en Allemagne et à haut risque pour les deux partis qui ont dirigé ensemble ou à tour de rôle le pays depuis 1949.

A l'inverse, après leur score record aux Européennes, les Verts poursuivent leur ascension.

Dans un sondage RTL publié samedi, ils devancent pour la première fois, avec 27% des intentions de vote, la CDU (26%). Le SPD (12%) est lui au coude-à-coude avec l'extrême droite.

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