Cannes 2017 : Les plus grands scandales du Festival de Cannes

Le réalisateur Lars Von Trier n'a cessé de provoquer les festivaliers lors de ses différentes venues sur la Croisette. [(C) ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP]

Depuis sa création en 1946, le Festival de Cannes apporte chaque année son lot de surprises et de polémiques. Retour sur quelques clashs inoubliables.

1968 : Le Festival écourté pour la première fois

Le septième art, loin des préoccupations du monde ? En soutien aux événements de Mai-68 qui touchent Paris, les réalisateurs François Truffaut, Claude Berri ou encore Jean-Luc Godard et plusieurs membres de jury, dont l’Italienne Monica Vitti, demandent l’arrêt du Festival de Cannes. Leur appel sera finalement entendu. L’événement cinématographique se clôture sans remise de prix le 19 mai, au lieu du 24 mai.

1979 : Françoise Sagan crie au complot

L’auteur de « Bonjour tristesse » n’a pas sa langue dans sa poche. Et elle le prouve quelques mois après avoir été présidente du jury de la 32e édition du Festival. Françoise Sagan explique que les jurés auraient subi une forte pression de la part de la direction du Festival pour voter pour « Apocalypse Now ». Le film de Francis Ford Coppola décroche en effet la Palme d’or, ex-aequo avec « Le Tambour » de Volker Schlöndorff. Cette insinuation ou révélation (?) aura des conséquentes pour Françoise Sagan. Le Festival ne rembourse pas à la dramaturge ses notes de frais d’environ 1 500 euros.

1983 : Isabelle Adjani boycottée par les photographes

Alors qu’elle est sur la Croisette pour présenter le film de Jean Becker, « L’été meurtrier », en compétition, Isabelle Adjani refuse de se prêter au jeu du photo-call. La sentence ne se fait pas attendre : les photographes posent leurs appareils photo lors de sa montée des marches et tournent le dos à celle qu’ils considèrent comme une diva insupportable.

1987 : Maurice Pialat sifflé pour sa Palme d’or

Son sacre pour « Sous le soleil de Satan » ne plaît pas à tout le monde. A l’annonce du résultat, de nombreuses personnes présentes dans le palais du Festival se mettent à siffler et à huer le réalisateur. Fidèle à sa réputation, Maurice Pialat monte sur scène pour recevoir son prix comme si de rien n'était puis répond avec calme à ses détracteurs. « Si vous ne m’aimez pas, je peux vous dire que je ne vous aime pas non plus », lance-t-il, avant de lever le poing et de rejoindre les coulisses. Une phrase qui restera dans les annales.

Le doigt d'honneur de Quentin Tarantino

Quentin, il ne faut pas le chercher ! Alors qu’il reçoit sa Palme d’or pour «Pulp Fiction», le cinéaste entend dans la salle une jeune femme se plaindre du verdict. Au lieu de prendre le micro, Quentin Tarantino lui répond en lui faisant un joli doigt d’honneur.

1995 : Mathieu Kassovitz s’attire les foudres de la police

Mathieu Kassovitz frappe fort avec son film «La Haine» qu’il vient défendre à Cannes. L’œuvre étant jugée trop «anti-flics» par les policiers du service d’ordre du Festival, ces derniers tournent le dos au réalisateur et à son équipe lors du traditionnel tapis rouge. Malgré la polémique, «La Haine» repart avec le prix de la mise en scène.

1999 : Sophie Marceau huée par l’assemblée

Alors qu’elle avait passé la journée avec des enfants handicapés, Sophie Marceau doit monter sur scène pour remettre la Palme d’or aux frères Dardenne (« Rosetta »). Mais l’actrice de « La Boum » apparaît confuse et ailleurs. Elle livre un discours décousu où elle critique le cinéma de ne pas être en phase avec le monde qui l'entoure. Alors maîtresse de cérémonie, Kristin Scott Thomas vient à son secours. En 2005, Sophie Marceau se fera encore remarquer en dévoilant un sein sur le tapis rouge.

2002 : Gaspar Noé crée le malaise

Il y a des films qui dérangent et dont on ne peut oublier certains passages. A l’instar du film «Irréversible» de Gaspar Noé, avec Monica Bellucci et Vincent Cassel. Projeté sur la Croisette, le long métrage offre des scènes d’une rare violence et d’un profond réalisme. Des dizaines de personnes ne peuvent supporter la scène de viol d’une dizaine de minutes et préfèrent sortir de la salle. D’autres s’évanouissent.

2011 : Lars Von  Trier « comprend Hitler »

Alors qu’il avait déjà suscité la polémique deux ans auparavant avec son long métrage «Antichrist» qui comportait des «scènes de sexe non simulées», Lars Von Trier devient persona non grata après ses propos lors de la conférence de presse du film «Melancholia». Devant une foule de journalistes, le réalisateur déclare : «Je suis avec les juifs bien sûr, mais pas trop, parce qu'Israël fait vraiment chier», ajoutant «Ok, je suis un nazi». La salle est choquée.

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