Cannes 2017 : la projection d'un film de Netflix interrompue

Malgré la polémique, le réalisateur Bong Joon-ho espère décrocher la Palme d'or avec «Okja». [© ED JONES / AFP]

Premier long métrage Netflix en compétition officielle, «Okja» de Bong Joon-ho a connu, vendredi matin, un incident qui serait dû à un problème technique.

Au Grand Théâtre Lumière à Cannes, les sifflets se sont fait entendre peu après 8h30. Pour cette première projection, le rideau ne s'est pas complètement levé et cachait les 3/5e de l'écran, notamment les visages des personnages. Les huées et les applaudissements ont retenti pour alerter les techniciens de ce problème. Au final, le film a dû être interrompu pendant sept à huit minutes. L'information a vite été relayée sur les réseaux sociaux par de nombreux professionnels du cinéma et autres invités.

Selon les organisateurs, qui ont tenu, via un communiqué, à présenter leurs excuses au réalisateur, équipes, producteurs et spectateurs présents dans la salle, cet incident serait «uniquement dû aux services du festival».

Ce film du Sud-Coréen Bong Joon-ho et l'autre long métrage distribué par Netflix, «The Meyerowitz Stories» de Noah Baumbach, tous deux en lice pour la Palme d'or, ont suscité la polémique, le géant du streaming aux 100 millions d'abonnés n'ayant pas prévu de sortie dans les salles françaises.

Une décision qui a même déclenché l'ire du président du jury, le cinéaste Pedro Almodovar. «Ce serait un énorme paradoxe que la Palme d'or ou un autre prix décerné à un film ne puisse pas être vu en salles», a-t-il déclaré.

Face à une telle pression, les organisateurs du festival ont modifié leur règlement. Ils exigent, à partir de 2018, que tout film en compétition s'engage à sortir dans les salles obscures.

Film fantastique qui sera diffusé le 28 juin sur Netflix, «Okja» relate l'amitié entre une fillette et un animal imposant génétiquement modifié. Celui-ci est traqué par une multinationale. Au casting, on retrouve la Britannique Tilda Swinton et l'Américain Jake Gyllenhaal.

Le délégué général du festival, Thierry Frémaux, a précisé qu'il s'agissait d'un film «très politique sous ses aspects de comédie, qui revisite la manière dont on exploite les animaux».

 

 

 

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