Les créateurs de «Game of Thrones» défendent leur projet de série controversé

David Benioff et D. B. Weiss sont accusés de promouvoir «un fantasme de suprémacistes blancs» [Alberto E. Rodriguez / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP]

Les showrunners David Benioff et D. B. Weiss ont décidé de répondre à la vive polémique que suscite leur nouvelle série, «Confederate».

Sur Twitter, de nombreux internautes ont crié au scandale, n’appréciant pas le sujet : une uchronie qui imagine que la guerre de Sécession a finalement été gagnée par les Sudistes. Dans cette histoire alternative, l'esclavage serait toujours légal et aurait évolué en une institution moderne.

«Même si Confederate est une critique du racisme de nos jours, avons-nous vraiment besoin d'une nouvelle série sur la souffrance des personnes de couleur, écrites par des hommes blancs ?» interroge notamment un internaute.

Pour répondre à la vague de protestations, David Benioff et D. B. Weiss, ainsi que les deux autres scénaristes et producteurs exécutifs annoncés par HBO - les époux Nichelle Tramble Spellman (The Good Wife) et Malcolm Spellman (Empire) crédités aussi en tant que scénaristes et producteurs exécutifs - ont donc accordé une interview à Vulture pour expliquer leur démarche. 

«On s'attendait à certaines critiques. On sait que c'est un sujet sensible. Mais c'est encore tout neuf et rien, absolument rien, n'a encore été écrit. Alors une telle indignation, on trouve ça assez surprenant... C'est un peu prématuré. C'est vrai qu'on pourrait se planter avec cette histoire. Mais on ne l'a même pas encore commencée !» tempère DB Weiss. C’est leur attrait pour l’Histoire qui les aurait décidés à se lancer sur ce sujet. «Un jour, j'ai lu un livre sur la guerre civile, qui expliquait que le General sudiste, Robert Lee, était tout près d'envahir le Nord. Mais ses ordres ont été perdus et trouvés par un soldat du Nord. Et ça a fini par ruiner son plan. Beaucoup de gens pensent que si les ordres n'avaient pas été perdus, les choses auraient pu être différentes... Donc, on a aimé cette idée : explorer ce qu'aurait été le monde, si le Sud avait gagné. Cela m'a toujours fasciné.»

Une série de science-fiction et une responsabilité

«Nous savons que les éléments en jeu dans une série comme 'Confederate' sont beaucoup plus sensibles, beaucoup plus réels et que les gens qui s’y plongent sont beaucoup plus investis qu’avec une histoire qui se passe dans un endroit appelé Westeros». 

Les quatre créateurs expliquent qu'il ne s'agirait pas de montrer des noirs se faisant fouetter dans des plantations. «Ce n'est pas l'idée (...) C'est un show de science-fiction (...) Bien sûr, c'est effrayant pour nous de faire ça. C'est effrayant pour différentes raisons. Nous savions que ça allait être compliqué à faire. Et c'est déjà le cas».

«Cela va sans dire que l’esclavage est la pire chose qui ne soit jamais arrivée en Amérique. C’est notre péché originel en tant que nation. Et l’histoire ne disparaît pas...» explique Weiss. «'Confederate' sera selon notre conception à nous tous un show sur une histoire alternative... Une des forces de la science-fiction est qu’elle peut nous montrer combien l’histoire est toujours avec nous et ce d'une manière qu'un drame réaliste ne pourrait le faire, qu’il s’agisse d’un drame historique ou contemporain. C’est une histoire horrible et douloureuse mais nous pensons tous que c’est justement pour cela qu’il faut en parler, qu’il ne faut pas se dérober». Et Malcom Spellman d’ajouter que le sujet est même plus que jamais d'actualité: «avec Trump au pouvoir, un paquet de merde qui a en fait toujours été là est remonté à la surface».

Les quatre scénaristes parviendront-il à créer une série qui fera l'unanimité ? La réponse attendra la diffusion et elle n'arrivera sûrement pas avant 2019. Patience donc.

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