Tout savoir sur Denis Villeneuve, le réalisateur de «Blade Runner 2049»

«Blade Runner 2049» est le neuvième long métrage de fiction de Denis Villeneuve. «Blade Runner 2049» est le neuvième long métrage de fiction de Denis Villeneuve. [Capture écran ]

Le 4 octobre, Denis Villeneuve livrera sur les écrans la suite tant attendue de «Blade Runner» de Ridley Scott. Ce brillant réalisateur canadien a gagné ses galons au cour des années jusqu'à séduire Hollywood et toute la planète cinéma. 

Alors que les premiers tweets des journalistes qui ont pu voir «Blade Runner 2049» font état d'un chef-d'oeuvre, d'autres s'accordent à dire que Denis Villeneuve a relevé le pari haut la main de réussir la suite du film de Ridley Scott, classique du cinéma de science-fiction. Mais qui est donc ce réalisateur dont Hollywood s'est entiché? Et surtout quelles sont ses oeuvres antérieures?

Villeneuve est un réalisateur et un scénariste canadien. Avant de mettre en scène «Blade Runner 2049» pour Sony, il a réalisé huit longs métrages de fiction en vingt ans. Tous ou presque se sont distingués dans de prestigieux festivals (Sundance, Toronto, Un Certain Regard) et ont reçu un accueil favorable de la part de la critique. Les débuts de Villeneuve sont marqués par la réalisation de plusieurs drames. Depuis quelques années, il a volontiers opéré un virage vers le thriller avant de se lancer dans la science-fiction, genre qu'il a avoué affectionner depuis l'enfance. 

«Un 32 août sur Terre»

Denis Villeneuve tourne en 1997 son premier long métrage. «Un 32 août sur Terre» est présenté en mai 1998 à Cannes dans la section Un Certain Regard ainsi que dans de nombreux autres festivals de renom. Ce film sort en France en 2000 et raconte le voyage initiatiqe dans le désert de Salt Lake City d'une femme qui remet sa vie en question après un accident de voiture. 

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© Copyright Epicentre Films

Maëlstrom

En 2000, il met en scène un deuxième drame. «Maëlstrom» suit une jeune femme brillante qui prend la fuite après avoir provoqué un accident qui coûtera la vie de la victime. Torturée par son geste, elle essaie d'en apprendre plus sur la vie de l'homme qu'elle a tué et va faire la connaissance de son fils dont elle va tomber amoureuse. Le film, sui révèle le talent de Marie-José Croze, remporte le prix Génie du meilleur film (les Oscars canadiens) et est présenté notamment à Sundance, à Toronto et à Berlin où il est récompensé du prix Fipresci (Prix de la Critique Internationale).

«Incendies»

Après «Polytechnique», film dans la lignée d'«Elephant» de Gus Van Sant sur la tuerie de l'école scientifique de Montréal et sélectionné à la Quinzaine des Réalisateurs, il porte à l'écran la pièce de théâtre du dramaturge Wajdi Mouawad, «Incendies». Ce drame relate les recherches d'un frère et d'une soeur menées au Liban sur le passé de leur mère à la mort de celle-ci. Film puissant qui examine notamment la place de la femme au Moyen-Orient, «Incendies» récolte également une pluie de récompenses dont huit Génie et est nommé à l'Oscar 2011 et au César 2012 du meilleur film étranger.

«Enemy»

Avec son arrivée à Hollywood en 2013, le réalisateur quitte le genre du drame pour se tourner vers le thriller. Avec «Enemy», il tourne avec Jake Gyllenhaal l'histoire d'un homme qui découvre un jour qu'il a un sosie. Ce professeur qui mène une vie tranquille décide d'en savoir plus sur cet acteur sur le point de devenir père. De plus en plus obnubilé par ce «double», il tombe peu à peu dans une espèce de psychose. Dans ce thriller psychologique d'où émane une atmosphère réellement inquiétante et qui n'est pas sans faire penser au roman «Le Double» de Dostoïevski, Villeneuve tend aussi avec brio vers le genre du fantastique. 

«Prisoners»

Tourné après «Enemy», mais sorti en France près d'un an avant, «Prisoners» joue dans la cour des thrillers made in Hollywood avec un casting rutilant composé de Maria Bello, Paul Dano, Hugh Jackman et une fois de plus Jake Gyllenhaal. Ce thriller raconte l'enquête d'un officier de police après l'enlèvement de deux petites filles et la soif de vengeance d'un des pères. Tous deux projetés au Festival de Toronto en 2013, «Prisoners» et «Enemy» reçoivent un accueil plus que chaleureux. Il faut surtout relever à propos de ce film qu'il marque la première collaboration du cinéaste avec l'immense directeur de la photographie britannique Rogers Deakins, connu notamment du grand public pour être un des chefs opérateurs de prédilection des frères Coen. 

«Sicario»

En 2015, il retrouve Rogers Deakins pour «Sicario». Ce thriller écrit par le scénariste Taylor Sheridan («Wind River») est sélectionné en compétition au Festival de Cannes. Le film ne remporte aucun prix mais est salué par des critiques louangeuses. Emily Blunt, Josh Brolin et Benicio Del Toro apportent une vraie puissance de jeu dans ce thriller sous haute tension qui suit une opération illégale menée conjointement à la frontière américano-mexicaine par le FBI et la CIA avec l'aide d'un étrange consultant. Villeneuve signe une nouvelle fois une mise en scène solide, efficace dont la tension se ressent pour le spectateur comme une eau en ébullition maintenue sous cloche. Le film offre d'ailleurs plusieurs morceaux de bravoure d'une vive intensité.

«Premier Contact»

Presque dans la foulée du succès critique de «Sicario», le réalisateur fait une première incursion plus que remarquée dans la science-fiction. Avec «Premier Contact», il revisite le genre rendu célèbre par «Rencontre du 3è type» en racontant l'arrivée sur Terre d'extra-terrestres mystérieux et pacifistes. Et bien qu'en leur rendant hommage, Villeneuve parvient à s'affranchir totalement des classiques du genre en signant un long métrage intimiste et philosophique. Le succès de ce film a dû rassurer Alcon Entertainment qui l'avait choisi en février 2015 pour devenir le réalisateur de la suite de «Blade Runner». 

«Blade Runner 2049»

Trente-cinq ans après la sortie du film culte de Ridley Scott, Villeneuve va livrer sur les écrans sans doute l'un des films de cette fin d'année qui excite le plus les fans de cinéma de science-fiction. Et c'est peu de dire qu'il est attendu au tournant. Mais on a très bon espoir car les photos, la bande-annonce, ainsi que les tweets des quelques happy few qui ont déjà pu découvrir le film, sont plus que rassurants et utilisent même des superlatifs qui mettent l'eau à la bouche. En attendant le 4 octobre, on peut seulement dire que Villeneuve va persister et signer dans la science-fiction pour son prochain long métrage. En effet, Villeneuve a été annoncé au début de l'année comme réalisateur du reboot de «Dune», autre film culte de l'histoire de la SF au cinéma réalisé par David Lynch en 1984 et tiré de la série de romans de Frank Herbert. 

 

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