Des extrémistes demandent la décapitation d'une actrice jouant dans un film controversé

L'actrice indienne Deepika Padukone incarne la reine Padmavati dans ce film. [Sujit Jaiswal / AFP]

Suite à la décision prise par la Cour suprême indienne, le très controversé «Padmaavat» a finalement été diffusé dans les salles obscures indiennes. 

Mais les extrémistes du pays demandent maintenant la tête de l'actrice principale Deepika Padukone.

Le film se déroule au début du 14ème siècle. Il raconte l'histoire de Padmavati, une reine renommée pour sa beauté et le courage dont elle a fait preuve face au sultan Alâ ud-Dîn Khaljî, qui s'était emparé de son royaume en 1303.  

Or, plusieurs groupes radicaux hindous sont convaincus que le film montrera une romance entre les deux personnages principaux, même si le réalisateur Sanjay Leela Bhansali a, à maintes reprises, assuré que ce n'était pas le cas. 

Ces derniers jours, de nombreuses émeutes ont éclaté dans le Nord du pays. Un bus scolaire a même été attaqué. Plus de soixante personnes ont été interpellées à Ahmedabad, dans l'Est du Gujarat, où des centaines d'opposants ont vandalisé des boutiques et brûlé près de deux cents véhicules. 

150 millions de roupies offerts pour les têtes de l'actrice et du réalisateur

Les manifestants menacent désormais de s'en prendre à 5.000 salles de cinéma, et réclament la tête de l'actrice principale, Deepika Padukone, et du réalisateur du film. Suraj Pal Amu, un membre du Bharatiya Janata (le parti au pouvoir), a par ailleurs offert plus de cent millions de roupies (environ 1,2 million d'euros) à quiconque décapiterait ces deux personnalités. Le leader du groupe de caste Rajput Karni Sena offre quant à lui cinquante millions de roupies. 

Les salles obscures indiennes sont actuellement sous haute surveillance policière. Mais certaines ont décidé de ne pas diffuser le film, craignant des débordements. Quelque 150 femmes ont d'ailleurs menacé de s'immoler par le feu, à l'image de la reine Padmavati dans un poème du 16ème imaginé par Malik Muhammad Jayasi, pour de ne pas épouser le sultan après l'assassinat de son époux. 

Ces violentes manifestations, pour une supposée scène d'amour de cinéma entre une reine rajput (qui n'aurait jamais existé, selon certains historiens) et un sultan musulman, semblent démontrer que les tensions entre ces deux religions demeurent très fortement ancrées en Inde. 

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