Le film controversé sur Nicolas II diffusé au Royaume-Uni

Le film controversé en Russie vient de sortir dans les salles de cinéma britanniques. [capture d'écran YouTube]

Des cinémas britanniques ont commencé à projeter le film «Matilda», qui retrace la liaison amoureuse entre le tsar Nicolas II et une danseuse étoile. Un film sulfureux qui suscite une vive controverse en Russie.

Le long-métrage, sorti le 26 octobre en Russie, avait été vivement critiqué par les chrétiens orthodoxes, qui ont été indignés par les scènes érotiques entre le tsar et une danseuse étoile. L'Église russe s'est également dite offensée par le scénario, qui suggère une liaison extra-conjugale.

Canonisé en 2000, Nicolas II a le statut de saint aux yeux des chrétiens orthodoxes russes. Pour eux, cette histoire d'adultère dégrade donc l'image d'un homme sacré par l'Église, et de son épouse Alexandra Fiodorovna.

Une campagne féroce pour bloquer le film

Une députée de la chambre basse de l'assemblée fédérale et monarchiste, Natalia Poklonskaïa, a mené une campagne acharnée pour bloquer la sortie du film en Russie. Son plan a échoué, mais des manifestations de chrétiens orthodoxes ont réussi à effrayer les cinémas de vingt-huit villes russes qui ont refusé de diffuser «Matilda».

Certains se sont justifiés en affirmant que leur décision a été prise pour protéger leur salle des incendies volontaires préparés par des manifestants, ou pour des problèmes techniques à la projection du film.

Des ambitions d'Oscar brisées

L'équipe du film avait des ambitions d'Oscar avant l'intervention musclée des religieux et d'élus. L'actrice Ingeborga Dapkünaité, qui joue la mère du tsar, a assuré que le film n'avait pas de portée politique. «C'est une histoire d'amour. C'est un divertissement.», a-t-elle souligné.

Le ministère de la culture russe comptait sur ce film, réalisé par Alexei Uchitel, pour montrer la qualité du cinéma russe et la beauté de la ville de Saint-Pétersbourg. Vingt-cinq millions de dollars ont été nécessaires pour produire l'histoire d'amour entre Matilda et le dernier tsar russe, alors que les budgets dépassent rarement les trois millions de dollars d'investissement en Russie.

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