On a écouté l’album posthume de Johnny Hallyday

Le nouveau disque de la star disparue, intitulé «Mon pays c’est l’amour», contient dix chansons et un interlude musical arrangé par Yvan Cassar. [Geoffroy VAN DER HASSELT / AFP]

La presse et une trentaine de fans étaient reçues lundi après-midi dans les locaux de Warner Music France pour écouter le 51e album de la star disparue, «Mon pays c’est l’amour». Voici nos premières impressions avant sa sortie officielle le 19 octobre.

C’est dans une salle cosy où Johnny Hallyday aurait répété ses deux dernières tournées que les privilégiés ont pu découvrir en avant-première le disque le plus attendu de cette fin d’année. Au préalable, chacun a dû montrer sa carte d’identité et son carton d’invitation nominatif pour accéder au Saint Graal. Une écoute sous contrôle, qui s’est déroulée dans la pénombre, un casque lumineux Bluetooth vissé sur les oreilles.

Ce disque posthume de 37 minutes et 29 secondes, qui se compose de dix chansons et d’un interlude musical - de cordes - arrangé par Yvan Cassar, sonne comme un retour aux racines et aux premières amours du chanteur mort le 5 décembre 2017. Enregistré en deux sessions, celui-ci s’ouvre sur «J’en parlerai au diable» qui rappelle sur certains accords le tube «Que je t'aime». Du rock sombre sur lequel Johnny Hallyday évoque la mort et la rédemption. «J’ai trop flirté avec les limites, je ne vais pas le nier, j’assumerai mes choix», chante-t-il.

Le morceau suivant intitulé «Mon pays c’est l’amour» et qui donne son nom à l’opus, est un hymne au rock'n'roll des années 1960 avec son lot de guitares et de cuivres. «Made in rock’n’roll», troisième piste, est une adaptation de «Let The Good Times Roll» de JD Mc Pherson par Pierre Dominique Burgaud. «Ce n'est pas le temps qui va user ma carcasse, le temps se lassera bien avant moi», peut-on entendre. Le Taulier n'a rien perdu de sa superbe et fait preuve d'un grand optimisme. 

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© C. Marsal

Les thèmes chers à Johnny Hallyday jalonnent les textes de ces compositions inédites, à l’instar de «4 m2» qui fait écho, notamment, aux «Portes du pénitencier» et au milieu carcéral. «Quatre mètres carrés et des poussières, c’est la dimension de l’enfer (…), c’est la mesure de ma mesure», reprend le rockeur dans ce blues, se glissant une nouvelle fois dans la peau d’un prisonnier.

L’Amérique des grands espaces n’est pas non plus oubliée avec «L’Amérique de William» de l’écrivain Jérôme Attal. Tout comme les fêlures de l’enfance sur «Un enfant du siècle».

L’amour, il en est question sur le titre «Tomber encore» qui a la particularité d’avoir été écrit par un fan du rockeur, Boris Lanneau. Une manière délicate de rendre hommage à un public qui l’a suivi pendant plus de soixante ans. Ce sentiment précieux se promène aussi sur «Back in LA» à l’atmosphère stonienne, dont le texte est signé Miossec.

En clôture de ce 51e album, «Je ne suis qu’un homme» signé par Yohann Mallory et Hervé Le Sourd.  L’aveu d’une star de la chanson qui ne peut faire face à une mort menaçante. Pourtant, on peine à imaginer notre Elvis français souffrant et affaibli derrière son micro, tant sa voix reste encore assurée et puissante. «Johnny nous a beaucoup préservés pendant l’enregistrement. Il était grand, élégant, classe et ne s’est jamais plaint», a précisé, très ému, le compositeur Maxim Nucci, alias Yodelice, qui a réalisé et finalisé le disque... et cela malgré la peine et la douleur.

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© Geoffroy VAN DER HASSELT / AFP

A l’issue de cette écoute, les membres du fan-club paraissent émus et bouleversés d’avoir entendu une dernière fois la voix irremplaçable de leur idole. «Les textes sont prenants et j’avais l’impression de le revoir sur scène», confie Mireille, les larmes aux yeux.

«Mon pays c’est l’amour» n’a rien de testamentaire, même si certains morceaux rappellent le drame et la disparition tragique du chanteur à 74 ans. Les arrangements sont «épiques» à la demande de Johnny Hallyday lui-même, les riffs de guitare de sortie et le rock toujours présent, tout comme le blues et le rockabilly. «Sa volonté de faire des morceaux taillés pour les stades nous a donnés envie de balayer tous les styles de sa carrière», ajoute Maxim Nucci.

Distribué à 800 000 exemplaires, l’album sera disponible dans la nuit de jeudi à vendredi, dès 0h01, sur les sites de téléchargement et dans certains magasins ouverts exceptionnellement pour l'occasion. «Dès sa sortie, il pourrait être disque de platine (100 000 exemplaires, ndlr) grâce aux pré-commandes», a précisé Thierry Chassagne, président de Warner Music France, lors de la conférence de presse qui a suivi l’écoute et à laquelle Laeticia Hallyday n’a pas assisté. De retour en France depuis une dizaine de jours pour assurer la promotion de l’album dont elle est la directrice artistique, la veuve du chanteur a choisi de ne parler qu’à trois médias : jeudi à Paris Match, vendredi au 20h de TF1 et samedi lors d'une émission spéciale sur RTL animée par Marc-Olivier Fogiel.

 

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