Louis Bertignac : «Je me croyais incapable d'écrire de nouveau des textes»

A 64 ans, il livre un album très personnel sur lequel il joue de tous les instruments. [© Yann Orhan]

Avec «Origines», Louis Bertignac signe un retour aux sources. Il revient sur ce disque pour lequel il a revisité des classiques du rock qui l'ont inspiré.

Le chanteur et guitariste s’est enfermé chez lui, comme un adolescent qui passe des heures dans sa chambre, pour retravailler ces quatorze morceaux, à l’instar de «Dead Flowers» (Descends-moi») des Rolling Stones, «Forever Young» («Jeune à jamais») de Bob Dylan, ou «Morning has Broken» («Drôle d’hiver») de Cat Stevens. Exercice périlleux mais réussi, il a réécrit les textes en français et a enregistré tous les instruments, à l’exception du violon, dont il ne sait pas jouer. 

Quelle est la genèse de ce nouvel album ?

C’était au départ juste pour m’amuser. J’ai entendu le morceau «It’s over» de Rod Stewart dans la voiture et j’ai essayé de traduire le texte. Ce fut un exercice de style pour me remettre à l’écriture, chose que je n’avais pas faite depuis bien longtemps. Je m’en croyais incapable. Mes cinq ou six derniers albums ont été écrits par d’autres. Des copains qui passaient à la maison ont écoutés ces morceaux et m’ont tous dit qu’il fallait en faire un album. J’ai commencé à croire que ce n’était pas forcément une mauvaise idée. Ma maison de disques en avait très envie aussi. Alors, je me suis lancé.

Plus qu’un disque de reprises, c’est surtout un opus très personnel ?

Ces titres m’ont aidé à exprimer des sentiments, à écrire des messages que j‘avais envie de dire à certaines personnes. Il y a toujours une raison personnelle au choix de chacun des titres. Avec «Origines», je raconte ma vie à ma façon. Et cela m’a fait du bien. Ces artistes qui m’ont inspiré quand j’étais ado et m’ont donné envie de faire ce métier, m’ont également redonné le goût de l’écriture quarante-cinq ans après.

Comment s’est passé le travail de réécriture ?

Je commençais toujours par traduire le titre puis j’enregistrais. Le lendemain, je réécoutais le morceau et je reprenais certaines phrases dont je n’étais pas satisfait. J’avais la traduction et la mélodie comme base. Il suffisait de trouver les bons mots en français.

Comment avez-vous réussi à obtenir les droits d’adaptation des auteurs ou éditeurs de ces morceaux ?

C’est ma maison de disques qui s’est occupée de tout. Moi, je restais concentré sur le texte et la musique. Il a fallu leur donner des maquettes soignées. La plupart du temps, ils réclamaient la version anglaise de mon texte. Au fil des jours, j’ai reçu plein de bonnes nouvelles.

Certains ont-ils refusé que vous repreniez leurs morceaux ?

«Sexy Sadie» des Beatles n’apparaît pas sur l’album car ils ont dit non, tout comme «Little Wing» d’Hendrix. Ils avaient accepté à la seule condition que le titre sorte en anglais. Et pour «Kashmir» de Led Zeppelin, ils n’ont tout simplement jamais répondu. C’est dommage car nous sommes amis, mais je n’ai pas leur téléphone, ni leur adresse mail. Ils n’ont sans doute jamais reçu ou écouté la maquette.

Avec ce nouvel album, je raconte ma vie à ma façon.

Y a-t-il des morceaux que vous n’avez pas osé reprendre ?

«Gimme Shelter» ou «Satisfaction» des Rolling Stones. Ces chansons sont sacrées et parfaites. On ne peut pas y toucher. Je n’apporterais rien de plus à ces tubes et il manquerait la voix de Jagger.

Vous jouez quasiment de tous les instruments. Pourquoi ne pas avoir fait appel à d’autres musiciens ?

C’est vrai que j’ai aussi fait l’ingénieur du son. Cela m’amusait et je trouvais que ça sonnait juste. Je suis vraiment un emmerdeur avec les musiciens donc il valait mieux que je reste seul à la maison ! Et je n’avais pas envie non plus de partir et enregistrer ailleurs car mon petit garçon n’avait qu’un an quand j’ai commencé à travailler sur ce projet.

Ce disque s’accompagnera-t-il d’une série de concerts ?

Au début, je me disais que je n’allais pas en faire une tournée. Mais je commence à me réapproprier ces titres. Ils sont devenus les miens. C’est un vrai plaisir de les jouer. Je me suis aussi entraîné à interpréter quelques morceaux guitare-voix pour des radios. Donc je ne suis pas contre des concerts l’an prochain.

Avez-vous de nouveaux projets avec les Insus ?

Non, aucun. On a pris un grand plaisir à reprendre nos chansons sur scène, mais c’est fini. Pour nous trois, c’était encore mieux qu’à l’époque de Telephone. Nous connaissions bien les chansons, nous étions plus mûrs. A l’époque, il pouvait en effet y avoir des tensions, nous étions des mecs de 20 à 30 ans.

Origines, Louis Bertignac (Verycords).

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