Stephen Dorff : « Le tournage de la saison 3 de True Detective fut intense »

Après une saison 1 époustouflante, suivie d’un second chapitre plutôt décevant, True Detective a fait un retour remarqué la semaine dernière sur OCS City avec une saison 3 portée par les performances de Mahershala Ali et Stephen Dorff. Ce dernier nous en dit plus sur la série, son personnage, ainsi que sa relation avec Nic Pizzolatto.

Comment ont été filmées les trois temporalités de la série ?

Je viens du cinéma, et là, c’est un peu comme filmer quatre films en même temps. On a commencé avec les scènes des années 1980, ce qui était parfait car c’est à ce moment que l’enquête commence. Nous sommes de jeunes détectives qui boivent des bières et attendent que quelque chose se passe dans notre petite ville de l’Arkansas. Et puis on reçoit ce coup de téléphone venu de nulle part, et qui va bouleverser la vie de nos personnages. A un certain moment, nous avons dû quitter cette période pour passer aux années 1990. Et moi et Mahershala Ali étions un peu nerveux face à ce changement. Et après, le temps est venu de tourner la première scène de cette décennie. On a fini pour trouver nos marques, et à passer d’une période à l’autre.

Mahershala Ali avait commencé à filmer quelques scènes où il était vieux, celles que l’on voit au début de la série. Le tournage de ces scènes où nous avons pris de l’âge était intense, principalement en raison du temps que nous devions passer au maquillage. Puis, au bout de deux semaines, on retournait dans les années 1980, puis 1990. Et on faisait l’aller-retour entre les trois périodes. Si on n’avait été contraint de faire ça tous les jours (filmer les scènes où ils sont vieux, nldr) – j’avais 5 heures de maquillage pour me vieillir – cela aurait demandé beaucoup de patience, car on devait arriver très tôt pour être prêt au moment de tourner les scènes avec le reste des équipes.

Ce qui ne devait pas être simple…

Cela a probablement été le moment le plus difficile à gérer de la série pour moi. Je jouais un homme vieux, j’avais un faux-ventre, le maquillage était très inconfortable. C’était un vrai défi. Mais j’ai pensé que le tournage - et la manière dont la production à gérer cela - était incroyable. Parce que ce n’est pas possible de tourner les scènes dans l’ordre. On y serait encore sinon. Mais ils ont réussi à organiser les choses de manière à ce que ce soit fluide. Il y a eu quelques erreurs commises, que nous avons corrigés. Le script est tellement imposant. Au cinéma, on sait exactement ce qui va se passer, avec les scènes principales, le final, et puis c’est terminé.

C’est plutôt simple par rapport à ce que nous avons fait pour cette série où il faut sans cesse faire attention aux détails. J’ai fait un film juste après le tournage de True Detective, et tout à coup, c’était la chose la plus simple que je n’avais jamais faite. On me demandait : « Tu n’es pas fatigué ? ». Et je répondais que c’était une vraie respiration de ne tourner que pendant sept semaines. Le tournage de la série a duré sept mois (rires). Donc tourner un film est devenu très facile maintenant pour moi.

Comment s’est passée votre collaboration avec Nic Pizzolatto ?

C’est probablement la première fois que je reste aussi près de mon texte. Il faut vraiment le sortir mot pour mot. Et je pense que c’est important vu l’exigence de son écriture. Il y a un rythme à respecter dans la voix de son personnage afin de coller à l’ensemble. Parfois, j’avais des idées et j’ajoutais des choses, et je lui demandais ce qu’il en pensait. Et il aimait certaines propositions. Il était très ouvert là-dessus. Après, son texte est tellement bon qu’on n’a pas forcément envie de le modifier. Mais c’était très strict. Un peu comme au théâtre, et j’ai beaucoup apprécié cela.

La série évoque l’identité de l’homme face à la perte de mémoire, un sujet fort et émouvant. Qu’avez-vous pensé en découvrant cette histoire ?

Le fait est qu’on ne m’a pas laissé lire le script dans son intégralité. Seulement deux scènes pour commencer. Ce qui était une situation plutôt unique pour moi par rapport à ce qui se passe au cinéma, et puis je n’avais aucune intention de dévoiler quoique ce soit (rires). Puis j’ai rencontré Nic (Pizzolato, ndlr), et les autres scènes sont arrivées au fur et à mesure. Et je faisais les cent pas, chez moi, en découvrant l’histoire, et je me disais que je n’avais jamais rien lu d’aussi bon. Et c’est ce que me plaît dans la série en comparaison avec le cinéma, c’est le temps passé avec son personnage.

Nic m’avait prévenu par e-mail que mon personnage allait évoluer et devenir un vieil homme. Je savais que c’était un excellent scénariste, et je suis content de lui avoir fait confiance. J’ai été captivé par cette histoire, par l’émotion qui s’en dégageait, l’ambition qu’il y avait derrière, la perte de mémoire du personnage joué par Mahershala Ali, la relation entre le sien et le mien, etc… c’était très excitant de découvrir tout cela. On n’a pas eu le droit de lire le script du dernier épisode jusqu’au dernier moment toutefois. Nic Pizzolato ne nous l’a dévoilé que trois mois après le début du tournage. Je ne peux pas vous dire ce qui s’y passe, évidemment, mais nous avons trouvé cela excellent quand il nous l’a donné (rires). C’était à la fois cool et étrange de ne pas savoir comment l’histoire que nous tournions allait se terminer.

Comment décrieriez-vous votre personnage ?

Roland West est un mec qui a grandi dans un rodéo, qui a fait le Vietnam sans toutefois avoir participer activement aux combats. Il serait probablement devenu un « cowboy » s’il n’était pas devenu détective. Il aime cette culture du « western ». C’est un gars à la fois solide, sensible, drôle, et il n’aime pas voir les gens souffrir. C’est aussi un taiseux qui a du mal à exprimer ce qu’il ressent, mais qui peut être très intense également. En tant que personnage, il possède beaucoup de facettes. Idem pour celui qu’interprète Mahershala Ali, qui est un peu plus caractériel mais possède tellement de subtilités, notamment avec sa perte de mémoire. Mais Roland West a été un personnage captivant à jouer.

Ressentez-vous une quelconque pression par rapport à l’attente qui entoure cette saison 3 ?

La seule pression que j’ai ressentie a été de faire du mieux que je pouvais. Les personnages sont tellement bons que j’ai le sentiment que Nic Pizzolato nous a fait un cadeau en nous proposant de les interpréter. J’ai été un grand fan de la première saison, et j’ai trouvé que le jeu d’acteur était incroyable. Le côté sombre de l’histoire, l’ambiance de la Nouvelle-Orléans, et la manière dont elle était construite. Je me suis dit que c’était une des meilleures choses que j’avais vu depuis Les Sopranos, et que c’était de la télévision de qualité. Je n’ai pas trop regardé la seconde, car j’étais en déplacement, et elle est sortie très peu de temps après la première. Et elle a peut-être été un peu précipitée.

Pour Nic Pizzolato, chaque saison est comme son bébé. Et pour celle-ci, il est évident qu’il a passé énormément de temps à perfectionner l’ensemble, et à imaginer ce que cette saison 3 devait être pour renouer avec la qualité de la première. La concentration était totale. L’idée n’était pas de surclasser les saisons précédentes, mais de proposer quelque chose de qualité. Et les premiers retours sont positifs. Si nous avons réussi à retrouver cette singularité, et à capter l’attention des téléspectateurs, alors ce sera un succès pour nous. Et vous allez voir, à partir des épisodes 6 et 7, l’histoire devient assez folle (rires).

 

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