La vidéo virale d'un béluga rapportant la balle comme un chien à son maître cacherait une bien triste histoire

La vidéo est devenue virale, totalisant des millions de vues. [Capture Facebook]

Des supporters des Springboks se sont récemment filmés en train de jouer au rugby avec un béluga au large du Pôle Sud. La vidéo, touchante de prime abord, pourrait pourtant cacher une sombre réalité.

La séquence, devenue rapidement virale sur les réseaux sociaux, montre ainsi les supporters sud-africains sur un bateau, lançant le ballon ovale officiel de la dernière Coupe du monde de rugby, à un magnifique béluga. Le cétacé joue quelques secondes avec la balle avant de la rapporter - contre toute attente -  près du bateau.

Une scène qui semble se répéter ensuite puisque lorsque l’un des individus lance une nouvelle fois le ballon, le béluga se précipite à sa poursuite.

Un comportement qui n'a rien de naturel

Partagée des millions de fois par des internautes du monde entier, la vidéo a retenu l'attention de Quad Finn, un spécialiste des cétacés et ancien sauveteur de mammifères marins, dans un tweet repéré par le Huffington Post.

«Il semble qu'il s'agit de Hvaldimir. C'est un ancien béluga qui avait été retenu par des Russes et qui vit aujourd'hui dans les eaux de Hemmerfest, en Norvège», a-t-il alerté jeudi 7 novembre.

«Seul, mal nourri et blessé, [Hvaldimir] erre dans les océans, à la recherche de nourriture et d'attention de la part d'humains», a également alerté de son côté Ferris Jabr, chroniqueur auprès de la revue Scientific American.

Concrètement, jouer avec une balle comme un chien n'a rien d'habituel pour un cétacé sauvage. «Les bélugas sont incroyablement intelligents et sociables mais les vraies baleines sauvages n'ont pas l'habitude du rugby. Elles ne savent pas quoi faire avec une balle si vous leur en lancez une», souligne encore Ferris Jabr.

Le cétacé «incapable de se nourrir seul» chercherait de l'aide

Du fait de son intelligence naturelle, Hvaldimir pourrait ainsi avoir été entraîné par l'homme dans le cadre d'un programme militaire russe. Repéré pour la première fois en avril 2019, au large de la Norvège, le mammifère marin était d'ailleurs sanglé dans un harnais, sur lequel était écrit : «Équipement de Saint-Pétersbourg », selon le site de la fondation dédiée à l'animal, cité par le Parisien. D'où son surnom, calembour construit à partir de «hval» («baleine» en norvégien) et «Vladimir», le prénom du président russe Vladimir Poutine.

Soumis à la main de l'homme qui le nourrissait, Hvaldimir serait devenu complètement «dépendant» et «incapable de chasser et de se nourrir seul». 

D'ailleurs, «aucune chasse fructueuse n'a pu être recensée en une semaine d'observation de l'animal menée par les scientifiques norvégiens», précise encore le site de la fondation Hvaldimir.

D'où cette conclusion tragique formulée par Ferris Jabr : «La vidéo a été partagée des centaines de milliers de fois. Mais ce n'est pas une représentation adorable ou inspirante des relations entre les espèces. C'est une histoire tragique, bien trop similaire à celle de Keiko et Luna (les cétacés du film 'Sauvez Willy', ndlr), des orques que la célébrité et l'isolement ont tués beaucoup trop jeunes.»

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