Banque mondiale: le candidat des Etats-Unis désigné

Les Etats-Unis devaient faire connaître vendredi le nom de leur candidat à la tête de la Banque mondiale qui, en théorie, devrait succéder à l'Américain Robert Zoellick.[AFP/Archives]

Les Etats-Unis devaient faire connaître vendredi le nom de leur candidat à la tête de la Banque mondiale qui, en théorie, devrait succéder à l'Américain Robert Zoellick.

Les candidats à la présidence de cette institution d'aide au développement ont jusqu'à vendredi 18h00 heure de Washington (22h00 GMT) pour postuler.

Il apparaît depuis une semaine que les Etats-Unis peinent à déterminer leur candidat, et plus rien ne filtre sur leurs intentions.

"Je n'ai aucune nouvelle à donner sur le front de la Banque mondiale", a déclaré jeudi Jay Carney, porte-parole de la Maison Blanche.

Une personne proche de la Banque a néanmoins indiqué à l'AFP que "les Etats-Unis [avaient] assuré [leurs partenaires] qu'ils feraient leur annonce en temps et en heure". Ils pourraient ainsi faire connaître leur choix dans la matinée aux représentants du conseil d'administration de l'institution.

Reste à savoir si la Maison Blanche fera une annonce publique dans la journée ou s'il faudra attendre que la Banque mondiale communique l'identité des prétendants, dont la candidature, pour être valide, doit être présentée par l'un des vingt-cinq administrateurs (représentant des pays ou groupes de pays) de la Banque.

Certains noms sont déjà connus, comme celui, de l'ancien ministre des Finances colombien, José Antonio Ocampo, qui devrait être présenté par le Brésil, où de l'Américain Jeffrey Sachs.

Très critique à l'égard du rôle que les Etats-Unis jouent à la Banque mondiale, M. Sachs fait campagne en franc-tireur mais pourrait être parrainé par l'Inde ou l'Italie.

Un autre nom a émergé cette semaine, celui de Ngozi Okonjo-Iweala, ministre des Finances du Nigeria en exercice.

Sa candidature officielle a finalement été annoncée vendredi à Pretoria par son homologue sud-africain Pravin Gordhan.

"Nous sommes fiers de confirmer que la ministre des Finances du Nigeria Ngozi Okonjo-Iweala sera candidate", a déclaré M. Gordhan devant la presse, à l'issue d'une réunion avec Mme Okonjo-Iweala.

"J'ai une longue expérience à la Banque mondiale, au gouvernement et dans la diplomatie (...) Je partage la vision de la Banque mondiale: lutter avec passion contre la pauvreté", a ensuite déclaré Mme Okonjo-Iweala, "la question est de savoir dans quelle direction il faut aller pour que ce soit le plus efficace possible".

En vertu d'un accord tacite entre l'Europe et Washington, la présidence de la Banque a toujours échu à un citoyen des Etats-Unis tandis que celle du Fonds monétaire international (FMI) revenait à un Européen.

Lorsque M. Zoellick avait annoncé le 15 février qu'il abandonnerait ses fonctions le 30 juin, les Etats-Unis avaient indiqué n'avoir nullement l'intention d'abandonner leur chasse gardée de la Banque mondiale.

Mme Okonjo-Iweala, qui a été directrice générale de la Banque de 2007 à 2011, correspond à tous les critères de sélection imposés par le conseil d'administration.

"C'est une candidature extrêmement sérieuse" qui oblige les Etats-Unis à sortir en face "une personnalité importante", indique-t-on de source proche de la Banque.

Selon cette source, la Maison Blanche a vraisemblablement mis "une pression colossale sur Hillary Clinton", la secrétaire d'Etat du président Barack Obama, pour qu'elle accepte d'y aller alors que celle-ci a fait savoir qu'elle aspirait à se mettre en retrait de la vie politique.

De même source, si ces efforts ont été vain, "l'hypothèse de Susan Rice [ambassadeur des Etats-Unis à l'ONU] semble la plus forte", mais celle de Lawrence Summers, ancien secrétaire au Trésor, "n'est pas totalement exclue" en dépit du fait qu'il est très mal vu des Africains, en raison d'une polémique remontant à son passage comme économiste en chef de la Banque au début de la décennie 1990, et qu'il ne fait pas n'unanimité au sein du G7.

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