Mario Monti vante en Asie les attraits de l'Italie

Le chef du gouvernement italien Mario Monti part dimanche pour une tournée en Corée du sud, au Japon et en Chine, où il tentera de vanter les attraits d'une "nouvelle" Italie, moins bureaucratique et plus ouverte aux investissements étrangers.[AFP/Archives]

Le chef du gouvernement italien Mario Monti part dimanche pour une tournée en Corée du sud, au Japon et en Chine, où il tentera de vanter les attraits d'une "nouvelle" Italie, moins bureaucratique et plus ouverte aux investissements étrangers.

M. Monti, qui a remplacé au pied levé le magnat Silvio Berlusconi à la mi-novembre pour sauver la troisième économie européenne quand elle menaçait d'être emportée par la tempête de la zone euro, veut aussi renforcer les liens avec trois pays de poids sur les marchés financiers internationaux.

"C'est l'une des premières tournées internationales de M. Monti et il a bien fait d'en décider ainsi. Elle peut avoir de grosses implications pour l'Italie, des accords commerciaux noués maintenant pourraient aider le pays à se relancer", analyse pour l'AFP Giuliano Noci de la Milan Business School (MIP).

L'objectif de l'ex-commissaire européen est de stimuler l'économie d'une Italie à peine entrée en récession après des années de croissance poussive à la traîne du reste de l'Europe, alors que la péninsule ploie sous une énorme dette représentant 120% de son PIB.

Après une sévère cure d'austérité intitulé "Sauve Italie" qui a apaisé l'ouragan qui menaçait de faire sombrer le pays, M. Monti a lancé la deuxième partie de son programme appelée "Croissance Italie". Il a engrangé cette semaine l'adoption définitive par le parlement de mesures de libéralisation pour ouvrir des secteurs protégés à la concurrence.

Et vendredi, juste avant de partir, il a fait adopter en conseil des ministres les grandes lignes d'une réforme du marché du travail, qu'il avait promise pour la fin mars, malgré une fronde du premier syndicat italien, la CGIL.

La tournée asiatique de M. Monti débutera en Corée du sud où il rencontrera lundi le président Lee Myung-Bak et 52 autres délégations réunies pour le sommet de Séoul sur la sécurité nucléaire.

Au Japon, M. Monti qui est aussi ministre de l'Economie et des Finances en Italie, rencontrera mercredi le ministre des Finances Jun Azumi avant des entrevues avec les dirigeants des grandes institutions financières. Il sera ensuite en Chine pour des entretiens avec des responsables gouvernementaux et des hommes d'affaires. Il terminera sa visite le 2 avril par un discours devant le Forum économique Boao Asia.

M. Monti achèvera sa tournée par une étape au Kazakhstan où il rencontrera le président Noursoultan Nazarbaïev avant de rentrer à Rome.

"L'Italie est la troisième économie de la zone euro et il ne veut pas se faire souffler des accords (économiques) par d'autres pays. Il a compris que ces pays ont besoin d'être compris et courtisés", explique Sergio Romano, un ex-ambassadeur et éditorialiste du Corriere della Sera.

Selon M. Noci, le président du Conseil entend renforcer les relations diplomatiques et économiques avec le Japon et la dynamique Corée du sud et garantir que des accords lucratifs signés à l'époque de M. Berlusconi en 2010 en Chine aillent à bon port.

L'idée est aussi d'attirer des investissements asiatiques dans les technologies de l'information, les infrastructures, les énergies renouvelables et le tourisme en Italie tout en encourageant les exportations du "Made in Italy" dans des pays qui raffolent des sacs Gucci ou Prada.

Selon les médias italiens, M. Monti veut "présenter la nouvelle Italie" aux Asiatiques et essayer de rivaliser avec d'autres pays européens comme l'Allemagne et la France, très implantés dans la région.

"Nous sommes perçus comme des acteurs de premier plan du redressement de la zone euro qui a mis de l'ordre dans ses affaires" et l'Italie "est attrayante pour des investisseurs qui peuvent bénéficier des libéralisations, de moins de bureaucratie, de réductions d'impôts et de la réforme du marché du travail", a argué vendredi le chef de la diplomatie italienne Giulio Terzi dans le journal Sole 24 Ore.

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