La Fed : la hausse de l'essence est un "problème"

La poussée des prix de l'essence est un "problème majeur" aux Etats-Unis mais elle ne met pas "en danger la reprise économique" du pays, a estimé mardi le président de la banque centrale américaine (Fed), Ben Bernanke.[Getty Images/AFP]

La poussée des prix de l'essence est un "problème majeur" aux Etats-Unis mais elle ne met pas "en danger la reprise économique" du pays, a estimé mardi le président de la banque centrale américaine (Fed), Ben Bernanke.

"Les prix de l'essence sont un problème majeur. Pour beaucoup de gens, [leur montée est] évidemment une épreuve", a dit M. Bernanke lors d'un entretien accordé à la télévision ABC News, selon la transcription de cette entrevue publiée sur le site de la chaîne avant sa diffusion à l'écran.

"D'un point de vue économique", c'est "un risque moyen", ajoute M. Bernanke: "Nous verrons l'inflation s'accélérer un peu dans les mois qui viennent à cause de la montée des prix de l'essence", mais "nous ne voyons pas cela comme étant de nature à mettre en danger la reprise économique".

M. Bernanke accorde très rarement des entretiens à la presse.

Le Comité de politique monétaire de la Fed (FOMC) avait indiqué le 13 mars, que le renchérissement des carburants risquait d'avoir des effets temporaires sur l'inflation mais que celle-ci, à plus long terme devrait redescendre progressivement vers l'objectif de 2,0% sur un an dont la Réserve fédérale s'est doté en janvier.

Dans son entretien sur ABC, M. Bernanke rappelle par ailleurs que la Fed juge nécessaire de faire preuve de "prudence" et qu'il n'y a pas lieu pour l'instant qu'elle abaisse le soutien extraordinaire qu'elle accorde à la reprise de l'économie américaine.

Le FOMC avait indiqué le 13 mars qu'il doutait encore de la viabilité de la reprise en cours depuis bientôt trois ans aux Etats-Unis et que la Fed maintenait par conséquent son taux directeur quasi nul et qu'elle poursuivrait jusqu'en juin, conformément à son plan initial, son opération lancée en octobre pour faire baisser encore un peu plus les taux d'intérêt à long terme.

"Il est bien trop tôt pour crier victoire", a indiqué M. Bernanke à ABC alors que le taux de chômage du pays, au plus bas depuis trois ans, atteint encore 8,3%.

Interrogé sur la possibilité que la Fed assouplisse encore sa politique monétaire, en rachetant par exemple de nouveaux titres sur les marchés financiers, M. Bernanke a déclaré: "Nous n'écartons aucune solution [...], nous ne savons pas de quoi l'avenir sera fait et nous devons être prêt à réagir à quelle que soit l'évolution de l'économie".

Il dit ainsi clairement ce qu'il avait laissé entendre la veille en des termes assez vagues dans un discours au cours duquel il avait indiqué n'être toujours pas certain que la reprise de l'emploi aux Etats-Unis soit "durable" en dépit de l'amélioration récente de nombre d'indicateurs économiques.

Un autre dirigeant de la Fed, Eric Rosengren, a estimé pour sa part mardi que, de son point de vue, le soutien que la Fed apporte à l'économie ne devrait pas être diminué avant que le plein emploi "puisse être atteint dans un délai raisonnable".

Selon l'association d'automobilistes AAA, le prix moyen de l'essence ordinaire à la pompe aux Etats-Unis affichait mardi une hausse de 5,7% sur un mois et de 8,8% sur un an.

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