EON et RWE vont vendre leur coentreprise nucléaire

Les groupes énergétiques allemands EON et RWE ont annoncé jeudi qu'ils comptaient se séparer de leur coentreprise britannique dans le nucléaire, Horizon Nuclear Power.[AFP/Archives]

Les groupes énergétiques allemands EON et RWE ont annoncé jeudi qu'ils comptaient se séparer de leur coentreprise britannique dans le nucléaire, Horizon Nuclear Power.

EON et RWE ont été très affectés par la décision de l'Allemagne l'an dernier de sortir progressivement du nucléaire d'ici 2022, et restructurent leurs activités en conséquence, mettant davantage l'accent sur les énergies renouvelables.

"EON a décidé de concentrer ses investissements au Royaume-Uni dans d'autres projets stratégiques" pour lui permettre de dégager des bénéfices plus rapidement et s'épargner les investissements coûteux que nécessitent de nouvelles centrales nucléaires, a justifié le groupe dans un communiqué.

"Nous pensons qu'Horizon reste un projet attractif pour la bonne compagnie mais malheureusement pas pour nous", a ajouté Tony Cocker, le directeur d'EON au Royaume-Uni, cité dans le même communiqué.

RWE a rappelé de con côté que "de nombreux facteurs ont changé" depuis la création d'Horizon Nuclear Power en 2009, actuellement détenue à 50/50 par les deux groupes allemands, comme la crise économique qui complique les grands projets et la volte-face de l'Allemagne sur le nucléaire après la catastrophe de Fukushima.

Les deux groupes ont toutefois assuré qu'ils allaient continuer à rester présent sur le marché britannique de l'énergie, notamment dans l'éolien et le gaz.

Le projet Horizon prévoyait initialement une capacité d'environ 6.000 mégawatts d'énergie nucléaire d'ici 2025, pour un investissement de plus de 15 milliards de livres (18 milliards d'euros au cours actuel), selon le site internet de la coentreprise.

Deux sites avaient été retenus : Wylfa, dans l'île d'Anglesey au Pays de Galles, et Oldbury-on-Severn, dans le comté de Gloucester (sud-ouest de l'Angleterre), pour remplacer des centrales nucléaires existantes construites dans les années soixante.

Les deux sites devaient créer chacun 800 emplois permanents et jusqu'à 5.000 emplois durant les travaux de construction des centrales, toujours selon le site internet du projet.

L'an dernier déjà le groupe britannique Scottish and Southern Energy (SSE) avait annoncé son retrait d'un autre projet nucléaire au Royaume-Uni, NuGen, en vendant ses parts aux autres membres de ce consortium, le français GDF Suez et l'espagnol Iberdrola.

En revanche, le français EDF projette de construire deux centrales EPR au Royaume-Uni.

Le retrait d'EON et de RWE du projet Horizon est une nouvelle étape dans leur long processus de restructuration pour s'adapter à la nouvelle donne sur le nucléaire en Allemagne, qui passe par des cessions d'activités et des suppressions de milliers d'emplois dans le monde entier.

A cause de la fermeture immédiate de plusieurs centrales nucléaires allemandes EON a subi l'an dernier la première perte de son histoire et les bénéfices de RWE ont plongé.

A la Bourse de Francfort EON perdait 1,30% à 17,88 euros et RWE était en recul de 0,86% à 35,8 euros sur un indice Dax en repli de 1,08% vers 11H00 GMT.

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