Le déficit portugais est meilleur que prévu

Le déficit public du Portugal, sous assistance financière, s'est élevé à 4,2% du PIB l'an dernier, contre 9,8% en 2010, et ce alors que l'objectif fixé par ses créanciers était de 5,9%, a annoncé vendredi l'Institut national des statistiques (Ine).[AFP/Archives]

Le déficit public du Portugal, sous assistance financière, s'est élevé à 4,2% du PIB l'an dernier, contre 9,8% en 2010, et ce alors que l'objectif fixé par ses créanciers était de 5,9%, a annoncé vendredi l'Institut national des statistiques (Ine).

Ce résultat est lié à une mesure exceptionnelle, à savoir le transfert des fonds provisionnés par les banques pour la retraite de leurs employés vers les caisses publiques, a expliqué l'Ine dans un communiqué.

Le ministre portugais des Finances, Vitor Gaspar, avait déjà annoncé en décembre que le déficit s'établirait "autour de 4%" du PIB grâce à cette recette extraordinaire de près de 6 milliards d'euros, autorisée par l'Union européenne et le Fonds monétaire international.

Sans cet "expédient", le déséquilibre budgétaire se serait élevé à 7,5% du PIB, avait alors précisé M. Gaspar.

Fin 2011, la dette publique portugaise atteignait 184,3 milliards d'euros, soit 107,8% du PIB, et devrait s'allourdir à 189,4 mds EUR (112,5% du PIB) d'ici la fin de l'année, a précisé l'Ine.

En échange d'un prêt de 78 milliards d'euros accordé par l'UE et le FMI en mai dernier, le Portugal est tenu de mettre en oeuvre un exigeant programme de rigueur et de réformes pour assainir ses finances publiques et relancer la croissance de son économie.

Lisbonne s'est engagé à ramener son déficit à 4,5% du PIB cette année, puis à 3% en 2013.

L'ajustement budgétaire réalisé par le Portugal l'an dernier contraste avec celui de l'Espagne, qui n'a pas respecté en 2011 son objectif de déficit, lequel a atteint 8,51% du PIB, contre 6% prévu.

Pour obtenir ce résultat, le gouvernement de centre-droit a dû prendre dès son arrivée au pouvoir en juin de nouvelles mesures de rigueur, dont le prélèvement d'une taxe extraordinaire sur les revenus.

Cette cure d'austérité sans précédent a plongé le Portugal dans la récession économique, tandis que le taux de chômage a atteint le niveau record de 14% au dernier trimestre 2011.

Jeudi, la Banque du Portugal a revu en baisse ses prévisions de croissance pour l'économie portugaise et table désormais sur une récession de 3,4% du PIB cette année, suivie d'une stagnation l'an prochain.

Face à cette conjoncture plus défavorable, la banque centrale a estimé que l'adoption de mesures de rigueur supplémentaires "pourrait être nécessaire" afin de respecter l'objectif de ramener le déficit à 4,5% du PIB, mais le gouvernement a aussitôt écarté cette hypothèse.

"Nous n'avons à ce stade aucune raison d'envisager de nouvelles mesures d'austérité", a affirmé le Premier ministre Pedro Passos Coelho à l'issue d'un conseil des ministres qui a approuvé un budget rectificatif pour 2012.

Ce collectif budgétaire, qui maintient l'objectif d'un déficit à 4,5% du PIB, "ne prévoit aucune mesure d'austérité supplémentaire. Le gouvernement est convaincu qu'il dispose d'une stratégie crédible, capable de respecter nos engagements internationaux", a renchéri son ministre des Finances.

Le gouvernement et ses créanciers internationaux prévoient une contraction économique de 3,3% du PIB cette année, après un recul de 1,6% l'an dernier.

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