Le pouvoir d'achat entamé par les prix de l'essence

La hausse des prix de l'essence a sérieusement entamé, en pleine année électorale, le pouvoir d'achat des Américains cet hiver, mécontents de voir leurs revenus rester à la traîne.[AFP/Archives]

La hausse des prix de l'essence a sérieusement entamé, en pleine année électorale, le pouvoir d'achat des Américains cet hiver, mécontents de voir leurs revenus rester à la traîne.

Selon des chiffres publiés par le gouvernement vendredi, le revenu disponible des ménages a baissé en février (de 0,1%) tout comme en janvier (de 0,2%), en tenant compte de l'inflation.

"Pas une bonne tendance", s'est inquiété Joel Naroff, de Naroff Economic Advisors, d'autant que l'amélioration récente du marché du travail laissait entrevoir aux analystes une meilleure progression des revenus nominaux.

La flambée du prix de l'essence en est responsable. Selon les chiffres du gouvernement, le gallon (3,79 litres) est passé en moyenne nationale de 3,28 dollars en décembre à 3,39 en janvier, puis 3,58 dollars en février. Il a poursuivi son ascension en mars, à 3,83 dollars.

Un tel prix (76 centimes d'euro le litre) ferait rêver l'automobiliste européen, en général lourdement taxé. Mais aux Etats-Unis, où on roule beaucoup et où les voitures consomment plus, il fait du mal à la cote de popularité du président Barack Obama.

Selon un sondage de l'institut ORC publié jeudi, 71% des Américains estiment que la hausse de l'essence a causé "du tort" à leurs finances, dont 23% jugeant que ce tort a été "grave".

Une immense majorité reproche la hausse du prix de l'essence aux compagnies pétrolières (90% des sondés) et aux pays producteurs de pétrole (83%). Mais près des deux tiers des Américains attribuent aussi une responsabilité au gouvernement de M. Obama (64%), qui briguera un nouveau mandat en novembre.

Pour autant, le moral des ménages américains n'a pas été entamé. Les économistes relevaient que les Américains avaient consommé avec entrain en ce début d'année, ce qui devrait favoriser la croissance du trimestre qui s'achève.

"Les dépenses ont été robustes, de plus en plus d'Américains se sentant légèrement plus optimistes quant à l'économie. Et le temps plus chaud pour la saison de cette année a donné un coup de main", a souligné Chris Christopher, du cabinet IHS Global Insight.

"Les bonnes nouvelles pour la consommation font plus que compenser les mauvaises nouvelles pour les revenus, de notre point de vue", confirmait Peter Newland, de la banque Barclays.

Pour faire face, les ménages ont délaissé l'épargne. Ils ont mis de côté seulement 3,7% de leurs revenus du mois, la part la plus faible depuis août 2009.

L'amélioration du marché du travail, qui a permis une chute du chômage à 8,3% en février contre 9,1% en août, explique en partie cette propension à dépenser plus. Tant qu'elle se poursuivra, le cercle devrait rester vertueux.

D'après l'indice de confiance des consommateurs de l'université de Michigan publié vendredi, mars a été le septième mois consécutif d'amélioration du moral des ménages.

S'il n'y avait pas l'inflation, le tableau serait excellent. "Le nombre de ménages faisant état d'une amélioration de leur situation financière a été le plus élevé depuis notre sondage de mars 2008", ont indiqué dans un communiqué les auteurs de cette enquête mensuelle.

En dehors de l'arène politique, le prix de l'essence devrait aussi peser sur les débats au sein de la banque centrale (Fed), qui réfléchit à accroître son soutien à l'économie. Celle-ci est souvent accusée d'avoir alimenté la spéculation sur le pétrole en injectant des centaines de milliards de dollars dans le système financier.

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