Le Portugal est sur "la bonne voie"

Les créanciers du Portugal ont estimé mardi que la mise en oeuvre du programme d'aide financière était "sur la bonne voie" malgré la persistance de "risques et défis" alors que des craintes subsistent que le pays soit contraint de demander une aide supplémentaire.[AFP/Archives]

Les créanciers du Portugal ont estimé mardi que la mise en oeuvre du programme d'aide financière était "sur la bonne voie" malgré la persistance de "risques et défis" alors que des craintes subsistent que le pays soit contraint de demander une aide supplémentaire.

"D'une manière générale, le programme est sur la bonne voie", mais "d'importants risques et défis demeurent", a indiqué la Commission européenne dans un rapport sur la dernière évaluation de la Troïka (UE-BCE-FMI), réalisée fin février, des réformes mises en oeuvre en échange d'un prêt de 78 milliards d'euros obtenu en mai 2011.

Ces réformes, marquées par une austérité sans précédent, ont fait plonger le pays dans la récession et selon certains analystes, le Portugal pourrait être contraint de demander une aide supplémentaire, incapable de revenir sur les marchés en septembre 2013 comme prévu.

"Pour le moment, nous estimons que le programme est sur la bonne voie et qu'il devrait permettre au Portugal de revenir sur les marchés en 2013", a toutefois estimé Peter Weiss, chef adjoint de la mission de la Commission au Portugal, lors d'une conférence de presse à Bruxelles.

"Le programme d'aide en tant que tel est très ambitieux et nous ne croyons pas que le gouvernement puisse faire plus (...). Si les bons résultats persistent il n'y a pas de raison de croire que le programme n'est pas suffisant", a-t-il ajouté.

M. Weiss a toutefois estimé que des "éléments qui ne sont pas contrôlés par le gouvernement portugais pouvaient conduire à une situation qui n'a pas été prévue". "L'environnement européen, les ajustements des gouvernements européens, etc. jouent un rôle important dans le contexte général", a-t-il précisé.

Le Portugal testera mercredi l'humeur des marchés en lançant un emprunt à 18 mois, émission à la maturité la plus longue depuis sa demande d'aide internationale.

Les créanciers du Portugal ont par ailleurs souligné que la conjoncture économique s'était "aggravée considérablement" à la fin de l'année dernière au Portugal "alors que le chômage s'est accru nettement et que la confiance a atteint des minimums record en raison d'un affaiblissement du commerce extérieur".

Ainsi, selon la Troïka, le PIB devrait se contracter cette année de 3,25%, alors que les prévisions antérieures tablaient sur un recul de 3%.

Les estimations de la Troïka sont toutefois moins alarmistes que celles de la Banque du Portugal qui a prévu récemment une contraction de 3,4% de l'économie en 2012.

Selon les bailleurs de fonds du Portugal, le principal défi auquel le gouvernement du Premier ministre Pedro Passos Coelho aura a faire face est celui de l'emploi alors que selon des prévisions officielles, le chômage devrait dépasser les 15% à la fin de l'année.

Les créanciers du Portugal ont toutefois félicité le gouvernement pour avoir réussi à ramener son déficit à 4,2% du PIB alors que l'objectif fixé était de 5,9% et estimé que la prévision d'un déficit de 4,5% pour cette année "demeurait valide".

La Troïka s'est également félicitée d'un "progrès notable dans le domaine des réformes structurelles" citant notamment celles du marché du travail, de la santé et de la justice. "Les privatisations ont jusqu'à présent été couronnées de succès", a-t-elle ajouté.

Fin février, à l'issue de sa troisième évaluation, la Troïka avait accordé un satisfecit au Portugal qui avait permis de débloquer une nouvelle tranche d'aide de 14,9 milliards d'euros s'ajoutant aux 48,8 milliards d'euros déjà reçus.

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