Ghosn : le yen fort pousse à produire hors du Japon

Le PDG de l'alliance entre les constructeurs automobiles français Renault et japonais Nissan, Carlos Ghosn, a estimé mercredi que malgré un repli du yen face au dollar son niveau élevé restait "un énorme frein" et poussait les exportateurs japonais à produire hors du Japon.[AFP/Getty Images]

Le PDG de l'alliance entre les constructeurs automobiles français Renault et japonais Nissan, Carlos Ghosn, a estimé mercredi que malgré un repli du yen face au dollar son niveau élevé restait "un énorme frein" et poussait les exportateurs japonais à produire hors du Japon.

"Nous sommes à 82 yens pour un dollar, c'est mieux que 76, mais c'est encore très loin d'un niveau neutre que nous situons autour de 100 yens pour un dollar", a-t-il remarqué lors d'une conférence de presse au salon de l'automobile de New York.

"Cela reste un frein énorme pour tous les exportateurs japonais", dont beaucoup "délocalisent leur production hors du Japon", a fait valoir le patron de Renault et Nissan.

Le fabricant japonais est en train de délocaliser la production de sa voiture électrique Leaf aux Etats-Unis pour le marché nord-américain, ce qui va permettre de "réduire les coûts" et par conséquent d'abaisser les prix "graduellement" afin de stimuler les ventes, a-t-il expliqué.

"Vous verrez une augmentation de nos ventes (de Leaf) une fois qu'elle sera produite aux Etats-Unis. En août, la batterie sera fabriquée dans le Tennessee (sud) puis la voiture sera assemblée là-bas", a-t-il ajouté, rappelant que pour le marché européen la production de la Leaf serait recentrée au Royaume-Uni.

"Nous n'avons pas été très agressifs dans la promotion de la Leaf aux Etats-Unis", elle ne sera "disponible au niveau national qu'en juillet" a encore relevé M. Ghosn. Nissan vise des ventes doublées à 20.000 Leaf aux Etats-Unis.

"Nous restons très optimistes au sujet des voitures électriques. Nous ne pensons pas que leur adoption dépend seulement du prix de l'essence. Il y a une vraie question environnementale et il y a des réglementations qui vont vers plus d'économies en carburant", a-t-il fait valoir.

En outre, "les infrastructures se développent, nous avons de plus en plus de stations de rechargement rapide" aux Etats-Unis, a-t-il observé.

"Quand nous avons prévu cette stratégie nous placions le prix du pétrole à 80 dollars le baril, il est aujourd'hui à plus de 100 dollars. Il n'y a rien qui remette en cause notre stratégie de développer toute une ligne de voiture à zéro émission. Demain nous dévoilerons une nouvelle voiture Infiniti (marque de luxe de Nissan, ndlr) à zéro émission", a-t-il insisté.

Alors que GM et le français PSA Peugeot ont scellé une nouvelle alliance le mois dernier, M. Ghosn a affirmé que Renault et Nissan "continuent à développer des synergies, pour 1,5 à 2 milliards de dollars chaque année. Nous travaillons ensemble sur les voitures électriques, sur des plateformes communes, nous travaillons ensemble en Inde, etc." a-t-il énuméré.

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