Rome coupe ses dépenses publiques de 26 milliards d'euros

Le Premier ministre italien Mario Monti, le 4 juillet 2012 à Rome[AFP]

Le gouvernement de Mario Monti a adopté dans la nuit de jeudi à vendredi une série de mesures qui permettront de réduire la dépense publique de 4,5 milliards d'euros dès 2012 et de plus de 10 milliards d'euros aussi bien en 2013 qu'en 2014.

"Les économies que permettra le décret seront de 4,5 milliards en 2012, 10,5 milliards en 2013 et 11 milliards en 2014", a déclaré à la presse M. Monti.

Le gouvernement avait déjà adopté fin avril un décret-loi décidant le principe d'une réduction des dépenses de 4,2 milliards d'euros en 2012 et le document adopté dans la nuit vient compléter par des mesures concrètes ce précédent texte et en élargit l'horizon temporel aux deux prochaines années.

Une grande partie de ces réductions de dépense concerne la santé et l'administration publique, a précisé M. Monti.

Selon le vice-ministre de l'Economie, Vittorio Grilli, l'administration publique sera réduite de 20% des dirigeants et de 10% du total des effectifs, à l'image de ce qui a été récemment décidé pour la présidence du Conseil des ministres et le Ministère de l'Economie et des Finances, un porte-feuille détenu également par M. Monti.

M. Grilli a également annoncé une réduction en 2012 de 50% des frais des voitures de fonction par rapport à l'année précédente et la réduction de moitié du nombre des provinces italiennes.

Le Conseil des ministres avait débuté vers 16H00 GMT et ne s'est achevé que vers 23H00 GMT, signe de la difficulté pour l'exécutif de trouver les domaines où les coupes budgétaires seraient efficaces sans affecter outre-mesure les services à la population, comme la santé ou l'éducation.

"Nous avons voulu éviter les coupes linéaires préférant le chemin plus compliqué, mais plus efficace sur le plan structurel, de l'analyse des dépenses", a expliqué M. Monti.

M. Monti a souligné que ces mesures permettront d'éviter pendant au moins un an une augmentation de la TVA de 2 points, qui devait passer de 21% à 23%, une mesure que le gouvernement souhaitait éviter estimant qu'elle pourrait aggraver la récession.

Ces mesures sont le fruit d'un rapport du ministre des Relations avec le Parlement, Piero Giarda, chargé par M. Monti de lancer une "spending review" (révision des dépenses publiques, ndlr), terme anglais utilisé par le gouvernement.

Le gouvernement a décidé, entre autres, de réduire de 200 millions d'euros en 2012 ses subventions aux universités et institutions de recherche et de 300 millions pour les années successives.

Parmi les autres mesures figurent également la réduction de 700 millions d'euros en 2012 de ses transferts aux régions italiennes, un chiffre qui grimpera à un milliard en 2013 et 2014 ou l'interdiction pour des employés de l'administration publique à la retraite d'effectuer des consultations payantes pour celle-ci.

Le terme de "spending review" est donné en Italie aussi aux décrets qui visent à réduire les dépenses de l'Etat, non seulement celles concernant l'acquisition de biens et de services mais aussi celles pouvant découler d'une réduction du nombre d'employés dans l'administration publique ou des provinces.

Vous aimerez aussi

Fait divers Bretagne : un adolescent séquestré, dénudé et brûlé à la cigarette pour la dette de drogue d'un ami
Le Premier ministre grec Alexis Tsipras à Athènes, le 22 juin 2018 [Milos Bicanski / AFP/Archives]
crise économique Grèce : Tsipras marque à Ithaque la fin de «l'Odyssée» des plans d'aide
Le premier ministre grec Alexis Tsipras et le commissaire européen aux Affaires économiques Pierre Moscovici, le 8 février 2018 à Athènes [ANGELOS TZORTZINIS / AFP/Archives]
Économie Crise de la dette : l'odyssée grecque proche de la fin

Ailleurs sur le web

Derniers articles