La Bourse de Paris attend les résultats d'entreprises

Le palais Brongniart qui hébergeait autrefois la Bourse de Paris[AFP/Archives]

Après avoir surfé sur les annonces du sommet européen, la Bourse de Paris a rapidement renoué avec ses vieux démons, inquiète du ralentissement économique, et l'anxiété devrait rester de mise la semaine prochaine avec le début de la saison des résultats aux Etats-Unis.

Au cours de la semaine écoulée, le CAC 40 a reculé de 0,87% et terminé vendredi à 3.168,79 points. Après avoir pris plus de 2% lundi et mardi, l'indice parisien a clôturé dans le rouge les trois dernières séances. Il a gagné 0,28% depuis le 1er janvier.

"Le sommet européen a soutenu le marché en début de semaine, mais très vite les investisseurs sont passés à autre chose", commente Aymeric Diday, analyste pour la banque suisse Pictet.

"Ils craignent que les difficultés économiques des pays les plus fragiles de la zone euro entravent leur capacité à réduire leur déficit", ajoute-t-il. Pour preuve, les taux d'emprunt de l'Espagne et de l'Italie, qui avaient fortement reculé dans le sillage de la réunion de Bruxelles des 28 et 29 juin, flirtent à nouveau avec des niveaux jugés insoutenables sur la durée pour les deux pays.

"La Banque centrale européenne (BCE) a clairement refroidi l'ambiance", note Jérôme Vinerier chez IG Markets.

L'institut de Francfort a abaissé jeudi son taux directeur à 0,75%, son plus bas niveau historique.

Mais cette mesure est jugée insuffisante pour redonner du souffle à la zone euro, empêtrée depuis deux ans et demi dans la crise de la dette.

"On espérait aussi des précisions sur le rôle que la BCE entend tenir dans la future union bancaire ou auprès des fonds de secours européens", indique M. Diday.

Les inquiétudes sur la croissance ont repris le dessus.

La BCE s'est montrée pessimiste sur les perspectives économiques de l'union monétaire et la croissance s'essouffle aussi bien en Chine qu'aux Etats-Unis où les embauches sont trop faibles pour faire baisser le taux de chômage ancré à 8,2%.

Dans ce contexte, la semaine à venir s'annonce très incertaine pour le marché parisien.

Les investisseurs suivront avec attention, lundi, la réunion des ministres des Finances de la zone euro même si la plupart des décisions sur l'Espagne, la Grèce ou encore Chypre risquent d'être reportées au 20 juillet, pour laisser aux partenaires européens le temps de négocier.

Pour Alexandre Hezez, responsable de la gestion chez Convictions AM, "il faut impérativement maintenir la cadence. Si on reste, lundi, sur les déclarations d'intention du sommet de Bruxelles, les investisseurs risquent de mal réagir". Il espère notamment des avancées sur le projet d'union bancaire.

Sur le front des statistiques, peu d'indicateurs américains sont attendus. Les opérateurs se concentreront sur la publication, vendredi, du produit intérieur brut chinois pour le deuxième trimestre. Face au ralentissement de son économie, Pékin a baissé jeudi, pour la deuxième fois en un mois, ses taux d'intérêt.

Les entreprises reviendront au centre des préoccupations alors que débute aux Etats-Unis la saison des résultats du second trimestre avec la publication du géant de l'aluminium Alcoa.

"On peut s'attendre à de mauvaises surprises des deux côtés de l'Atlantique avec des résultats revus à la baisse ou des perspectives plus sombres", estime M. Vinerier.

En France, plusieurs sociétés ont déjà été contraintes d'annoncer des plans de départ volontaire à l'image de SFR et de Bouygues Telecom, deuxième et troisième opérateurs télécoms français.

"La récente baisse des cours du pétrole peut toutefois avoir aidé certains secteurs très gourmands en or noir" à l'image de la chimie, des transports ou du bâtiment, selon M. Diday.

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