Parisot veut inscrire la "liberté d'entreprendre" dans la Constitution

La présidente du Medef Laurence Parisot s'exprime devant la presse le 26 juin 2012 à Bruxelles[AFP/Archives]

La présidente du Medef Laurence Parisot va demander lundi à Français Hollande, lors de la conférence sociale, d'inscrire la "liberté d'entreprendre dans la Constitution", de mettre "la compétitivité" au centre des débats, estimant aussi qu'il faut "pacifier" la question des licenciements.

"Nous souhaitons que toutes les politiques à venir aient un fil rouge : celui de la compétitivité de la France et de ses entreprises", a affirmé dans une interview au Journal du Dimanche la patronne du Medef pour qui ce sommet est bienvenu.

Mme Parisot entend "rappeler" au président de la République, qui va s'entretenir avec les partenaires sociaux avant l'ouverture de la conférence, "la dégradation alarmante de notre compétitivité continuelle depuis douze ans". Selon elle, "toutes les réflexions de toutes les tables rondes" de la conférence lundi et mardi "doivent partir de ce constat".

"Un deuxième signe de succès" serait, aux yeux de Laurence Parisot, également interviewée sur Europe 1, que "le Premier ministre propose une concertation entre le gouvernement, les élus et les partenaires sociaux, sur le financement de la protection sociale". Mme Parisot entend "remettre sur la table" sa proposition d'une "baisse des cotisations patronales et salariales" compensée par une "petite hausse de la TVA et de la CSG".

"Quant à la question des licenciements, elle doit surtout être pacifiée. Nous souhaitons continuer d'étendre la philosophie du refus du conflit, celle de la rupture conventionnelle, dite à l'amiable", a-t-elle dit. Elle avait déjà plaidé pour une "rupture conventionnelle collective".

Mme Parisot estime qu'il faut "d'abord prévenir les plans sociaux" et donc "développer une politique de compétitivité car rien n'est plus favorable à l'emploi que la compétitivité de l'entreprise".

La patronne du Medef veut aussi "discuter avec les syndicats du plafonnement des dommages et intérêts accordés par les tribunaux aux ex-salariés des PME et TPE" (très petites entreprises). "Lorsqu'ils atteignent des montants qui vont jusqu'à deux ans de salaires voire plus, ils mettent en péril la survie des petites entreprises", prévenant qu'il va y avoir un très grand nombre de dépôts de bilan notamment dans les PME à la rentrée.

"Je demanderai aussi au chef de l'Etat d'inscrire la liberté d'entreprendre dans la Constitution", a ajouté Mme Parisot.

Elle a aussi accueilli favorablement la volonté du président Hollande d'inscrire dans la Constitution le dialogue social, qui devrait, selon elle, s'accompagner de l'idée que "les accords" signés par le patronat et les syndicats aient une valeur "normative", "aussi grande qu'un règlement ou même une loi".

Mme Parisot a assuré que ses relations avec le président Hollande sont "respectueuses et responsables, empreintes de considération mutuelle", et jugé que depuis son élection le 6 mai il y a "une prise de conscience de la gravité de la situation beaucoup plus grande".

Alors que le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, avait proposé le "donnant-donnant" en matière de relations sociales, elle a affirmé : "S'il s'agit d'un donnant-donnant pour plus de compétitivité nous pouvons nous entendre".

Mme Parisot a par ailleurs assuré qu'elle restera présidente du Medef "jusqu'à la fin de son mandat" en juillet 2013, démentant des rumeurs de presse la donnant partante.

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